183 - Que la Force soit avec nous
13 juin 2013 - Tyrrel Bay - Carriacou
Comme tu peux le constater, on n’a toujours pas bougé...
Et d’ailleurs, pourquoi le ferait on ? Ce mouillage est incroyablement abrité, et il fait un temps à ne pas mettre un marin dehors.
Alors, en attendant que les cieux soient plus cléments, nous cultivons l’art de meubler le temps.
Heureusement, l’entente à bord est parfaite, et bien que nos journées soient presque aussi vides que le porte monnaie d’un Rmiste en fin de mois, elles passent à une vitesse supersonique.
Finalement, l’inaction a du bon.
Bien sûr, il faut occulter le fait que nous n’avons plus d’eau douce, nos batteries sont désespérément vides, nos panneaux solaires n’ont plus aucun rendement et pour couronner le tout, des entrées d’eau persistent à inonder les fonds, sans que nous ayons pu identifier leur provenance.
Mais sinon, tout baigne !
Le temps est aussi maussade qu’un croque-mort en passe de devenir son propre client, il a plu 17 fois dans la journée, alors, nous faisons dans ces conditions ce que ferait n’importe quel couple de circumnavigateurs avisé : on reste à l’abri, et on meuble le temps.
Ce qui est bien plus facile qu’on ne l’imagine.
Comme on a embarqué avec nous quantité de films divers et variés, on joue aux cinéphiles.
On regarde tout, jusqu’au bout, même si c’est tout pourri. Exemple hier avec un navet affligeant d’un ennui incommensurable qui ne peut divertir qu’un intellectuel de gauche retraité : El cielo dividido.
Même l’unique Steven Seagal qu’on avait déjà ingurgité nous a paru meilleur ! C’est te dire le niveau !
Alors, pour retrouver de la qualité, et parfaire la culture cinématographique du pimousse qui conserve quelques lacunes, on a sorti l’artillerie lourde : Star Wars !
Eh oui lecteur, tu as bien lu : la plus grande saga cinématographique de tous les temps était encore inconnue du pimousse ! Tu penses bien qu’un truc pareil, on ne pouvait pas le laisser passer !
Bon, aujourd’hui, la moitié du retard est rattrapée... Ouf !
Finalement, le mauvais temps, ça a du bon !