Un catamaran autour du monde

25 Oct

289 - Ce n'est qu'un au revoir...

Publié par Kouunji

27 septembre 2013 - Prickly Bay - Saint George - Grenade

A force de faire des aller-retours entre ces deux mouillages, on finit par connaitre par coeur chaque recoin de la côte, un peu comme si on faisait ce trajet tous les jours pour aller au boulot. Sauf que c’est pas tous les jours, et que c’est pas pour aller au boulot…

Réflexion faite, cette comparaison ne vaut pas un clou !

Tu nous pardonnes, lecteur, on est fatigués. Il faut dire qu’on rédige ces lignes après un gigantesque apéro, au cours duquel nous avons battu un record : celui du nombre d’invités à bord de Kouunji. On était treize en tout : nos dix invités, Sika, le p’tit labrador qui ramène l’annexe au bateau si on le lui demande (!) et qui compte donc pour un.

Y’a pas de raison qu’il en soit autrement, en plus il est tout noir, si on ne le comptabilisait pas, on nous traiterait de racistes ! Plus tes humbles serviteurs...

Si t’as bien compté, ça fait treize à table. Mais on n’en a cure, on n’est pas superstitieux, ça porte malheur !

289 - Ce n'est qu'un au revoir...

Alors, te diras tu, n’étions nous pas serrés comme des sardines aussi nombreux à bord ? Et bien, même pas ! Le cockpit de Kouunji est spacieux, convivial, on aurait pu caser treize personnes de plus à l’aise. Et encore, on reste modestes, on voudrait pas que tu penses qu’on frime avec notre bateau...!

Marrade, rigolade, poilade, déconnade, appelle ça comme tu veux, mais c’était exactement ce qu’il nous fallait avant de quitter nos boat-potes sans tomber dans le mélo, tu sais, le truc tout tristounet, avec la larme à l’oeil et la voix chevrotante, l’émotion débordante, la tristesse impossible à museler, le spleen ravageur, ou le chagrin submergeant...

On a fait dans le sobre, le simple, le facile : on s’est rencontrés, on s’est plu, on s’est marrés, et maintenant nos routes se séparent. On se reverra, plus tard, ailleurs, ou peut être pas... Bien malin qui pourrait le dire.

Et puis, on avait derrière nous une bonne séance d’entraînement, car à midi, après un excellent déjeuner en commun (hum, le mahi-mahi...) nous avons pris congé de Caroline et Jean Pierre, que nous reverrons à Panama dans quelques mois, à moins qu’on se retrouve en Jamaïque pour faire la route ensemble jusqu’au canal, quand on redescendra des Bahamas.

Jean Pierre, qui est un artiste, un vrai, a tenté de nous initier aux subtilités de l’art moderne, et de nous expliquer pourquoi, quand un néophyte voit un stupide rectangle blanc bordé de tâches de couleurs, un oeil averti voit une véritable oeuvre d’art qui vaut beaucoup de brouzoufs et que les connaisseurs apprécient unanimement.

En dépit de la clarté de ses explications et de la limpidité de son exposé, notre perception de l’art moderne n’a pas été radicalement transformée, mais quelques petites idées commencent à faire leur chemin...

Suite des explications dans quelques mois, entre les deux Amériques...

Avoue, lecteur, qu’un truc pareil est ahurissant. Penses tu vraiment que, dans le cadre d’une vie ordinaire, on aurait pu rencontrer un authentique artiste comme lui, et qu’il aurait pris le temps de nous expliquer les rudiments de son art ? Bien sûr que non !

Mais là, c’est pas pareil : on est sur nos bateaux respectifs, on fait le tour du monde, et ça lecteur, que tu le veuilles ou non, ça rapproche les hommes, ça crée des liens, ça unit, ça soude, ça te chamboule les sentiments, ça te titille la fibre amicale, ça te stimule la copinerie, ça te chatouille la camaraderie et, fatalement, tu t’attaches. Parce que l’autre, ton reflet, ton alter ego, semble quelquefois si proche de toi que ça te rend tout chose...

289 - Ce n'est qu'un au revoir...
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R
c'est tout simplement super !....
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