310 - On prend les mêmes, et on recommence
18 octobre 2013 - Long Island - Los Aves
Après trois jours passés à Los Aves, aux îles au vent, on tente le dépaysement pour aller aux îles sous le vent. Raté !
C’est tout pareil. Mais en mieux !
L’eau est plus claire, le sable plus blanc, la plage plus belle, ce qui prouve qu’il suffit de pas grand chose pour que tout change. C’est comme pour la pêche... On t’explique, tu vas piger...
On lève l’ancre ce matin à 9 heures, et un petit écart se creuse entre Contre Temps et Kouunji, ayant tous deux dressé leur code D, et Funambule, qui le fait à l’ancienne avec les voiles en ciseaux. Y’a pas, le code D, ça va mieux. Surtout quand tu gréés ton génois sur l’autre amure et que tu as donc toi aussi tes voiles en ciseaux, mais des voiles de portant...!
On file bon train, à 6 noeuds avec 12 noeuds de vent, ce qui témoigne de la vélocité de nos embarcations.
Et puis, tout d’un coup, sur la VHF, ça démarre et ça ne s’arrête pas : Contre Temps chope un poisson, et deux minutes après c’est au tour de Funambule. Et ça recommence. Et vas-y que je t’attrape un thon, moi c’est une carangue. Ah ben tiens on vient de sortir un barracuda, ah ben moi aussi, ça nous en fait deux... Et ainsi de suite...
Mais nous autres, il faut croire qu’on a la malédiction parce qu’on ne fait rien, mais alors rien de rien, absolument rien, désespérément rien, tellement rien qu’on a presque honte. Même pas une petite touche, un petit frétillement du leurre, rien on te dit. Le néant, le vide intersidéral, que dalle, nada, nothing, niente, zéro, peau de balle, bref, en un mot : la-men-ta-ble !
Pourtant, on a suivi la même route, on a des leurres presque pareils, on va à la même vitesse, on est à quelques centaines de mètres les uns des autres, alors pourquoi les poissons boudent nos lignes et se goinfrent sur les autres ?
Mystère et boule de gomme...
L’arrivée à Long Island (qui porte un nom anglais alors que nous sommes toujours au Vénéz’...!) se fait “los dedos en la nariz”, comme ils disent ici, puisqu’on a pris soin de contourner la caye (les récifs) par le Nord.
Et puis, franchement, ça valait le coup de naviguer trois heures pour atterrir ici, non ?
Si t’es pas d’accord, tu peux écrire en recommandé au service des lecteurs mécontents et ton courrier sera traité d’ici une petite vingtaine d’années, c’est promis !
Quoi qu’il en soit, nous n‘avons pas manqué de souhaiter un bon anniversaire à Papou. Celui-là, il nous manque !