323 - La baleine
31 octobre 2013 - Bonaire - Klein Curaçao
La météo depuis quelques jours n’est pas terrible. Mais aujourd’hui, c’est pire que jamais. Ciel gris et bouché, grains incessants, vent intermittent, bref, un temps à ne pas mettre un marin dehors.
C’est malgré tout le jour du départ. Après les averses diluviennes du matin, on lève l’ancre pour faire cap sur Klein Curaçao (comprendre “Petit Curaçao” pour les non-initiés à la langue de Goethe dont nous sommes), une île inhabitée qui est parait il un petit paradis, et située pile poil sur notre route vers Curaçao.
Pourquoi ne pas y aller, hein ? Comme on n’a pas trouvé de réponse, on y va !
Il nous faut un peu plus de quatre heures pour avaler les 25 milles de la navigation du jour, qui est animée, car les éléments s’en donnent à coeur joie pour nous enquiquiner.
Le code D qui nous tractait fièrement est enroulé lorsqu’un énorme grain nous rattrape avec des rafales bien trop musclées pour sa toile ultra fine, puis s’ensuit une multitude de réglages (foc seul, foc et grand voile au bas ris, moteur, etc...) pour arriver à tirer le meilleur parti de ces conditions cyclothymiques.
L’arrivée à Klein Curaçao se fait sous la pluie et la grisaille, ce qui est fâcheux, car ça a l’air très beau. On est encore dans une carte postale !
Malgré les mauvaises conditions météo, on plonge à tour de rôle (grosse sieste du capitaine fatigué par les ennuis métropolitains) et nous émerveillons l’un après l’autre devant les beautés que recèlent les eaux de notre nouvelle île.
Beautés dont nous avons eu un avant goût exceptionnel quelques milles avant notre arrivée, lorsque nous apercevons, à dix mètres à peine de Kouunji, une baleine qui se prélasse tranquillement.
On t’a déjà parlé de l’émotion que suscite chez nous la vision d’un poisson qui est aussi grand que nous quand on fait de la plongée (tu te souviens du requin ?)
Alors, que te dire de la vision d’une bestiole qui est aussi grande que le bateau ?!?!
Majestueux serait un mot approprié. Impressionnant aussi. La baleine respire bruyamment à côté de nous, ondule en surface, nous fascine par son imposante stature, puis, après de trop brefs instants à nos côtés, poursuit sa route tandis que Kouunji fait de même.
Tout ça aura duré trente secondes, mais ça nous aura ému toute la journée.
Qu’est ce que tu veux, on a la sensibilité à fleur de peau..!