330 - Une journée à oublier
7 novembre - Moitié Nord - Curaçao
L’homme est-il maître de son destin ? Ca pourrait être un bon sujet pour le bac de philo.
Si on passait le bac aujourd’hui, on répondrait : non !
Mais pourquoi donc, ne manqueras tu pas de t’interroger, lecteur impétueux ? Ne sois pas impatient, lis simplement les lignes qui suivent, et tu auras ta réponse !
Ca a commencé avec la bagnole. On l’avait négociée hier par téléphone, le gars devait venir nous chercher au quai des dinghies à la marina avec, et les papiers remplis.
En fait il est venu nous chercher pour nous accompagner à son bureau... On lui demande si c’est loin, il nous répond : “10 minutes”. Bon...
On arrive à son bureau pourri trois quarts d’heure plus tard (!) après avoir récupéré d’autres clients à lui, et la discussion démarre mal, puisque le tarif annoncé n’est pas le même que la veille.
On s’embrouille, on ne paye qu’une partie, et nous voilà sur le retour pour récupérer Cécile et Joni à la marina, qui pensaient nous attendre un quart d’heure. Ils sont donc contents quand on met fin à leur calvaire débuté 1 heure et demi plus tôt...
Vroum, fait le moteur de la Hyundai toute rikiki, avant que les “merdouilles” s’enchaînent : impossible de faire du change, bouchons, travaux sur la route (qu’on est bien en mer !), sites inintéressants, temps gris, restos fermés, ou qui refusent les chiens, et comme Sika est avec nous, on ne mangera pas à Pizza Hut, qui n’aime pas les quadrupèdes...
Tout au Nord de Curaçao, on tombe enfin sur un troquet à la déco improbable qui nous accepte, mais le serveur est d’une lenteur escargotesque, ignore l’usage du plateau, et fait donc quatre aller-retours pour te servir quatre boissons ! La tambouille est correcte, mais elle a toujours tendance à l’être quand tu as l’estomac dans les talons.
Heureusement que la vue est belle.
On imagine qu’après cette matinée “bof-bof”, l’après midi va nous réserver les surprises et l’émerveillement auxquels nous aspirons.
Que nenni !
Le temps devient encore plus gris, les plages sont toutes bondées et interdites aux chiens (pov’ Sika !) on aperçoit même un peu plus loin une mini tornade en train de se former...
Elle précède de peu un véritable déluge qui s’abat sur nos caboches un peu démoralisées par cette journée morne, vide, et absolument sans intérêt.
On a bien vu quelques églises (il faudrait être aveugle pour ne pas en voir ici, il y en a partout, et pour tous les goûts, classiques, adventistes, protestantes, il y aurait même une synagogue dont l’entrée est payante...), deux ou trois panoramas corrects, mais c’est tout.
Et c’est bien peu au regard de tous les kilomètres qu’on s’est tapés !
Un p’tit malin a même essayé de nous faire croire qu’on était arrivés à Hollywood, mais il s’est gourré dans l’orthographe...!
Bref, on pensait s’offrir un beau périple, en découvrant de superbes paysages sous un soleil radieux, on a galéré sur des routes pourries pour voir des coins ordinaires, dans la grisaille, et avons fini sous une pluie battante !
Cerise sur le gâteau, le moteur de Mini-Kouunji semble désireux de prendre une retraite anticipée...
C’est donc, comme indiqué dans le titre, une journée à oublier.