344 - Un jour meilleur… quoi que...
26 novembre 2013 - Green Turtle Cay - Great Exuma - Bahamas
On a dormi sur nos deux oreilles, car on avait pris la peine, avant la nuit, de lâcher un bon paquet de chaîne afin d’assurer Kouunji, compte tenu des rafales qui soufflaient à 30-35 noeuds.
Réflexion faite, peut être que 40 mètres de chaîne, dans 2 mètres d’eau, c’était trop...?
C’est ce que s’est dit le capitaine ce matin quand il a fallu remonter tout ça... à la main ! Avec le Pimousse aux moteurs et le capitaine qui joue les Monsieur Muscles, aucune ancre ne saurait résister. La nôtre s’est pourtant défendu bec et ongles pour rester au fond... Mais on a eu le dessus !
Le zef a enfin décidé - après s’en être donné à coeur joie toute la nuit - de se calmer un peu, et de souffler juste ce qu’il faut pour qu’on avance.
Cool !
Toujours dans 2 mètres d’eau, et l’oeil constamment aux aguets, nous glissons doucement sur l’azur des Bahamas, qui nous rappelle celui de Morris Bay, à Antigua (cf. article 137 de ce blog à nul autre pareil).
Quel calme que celui offert par cette lente descente vers notre prochain mouillage. Portés par le courant et le vent (arrière), nous filons à 6 noeuds malgré les ridicules 9 noeuds de vent...
L’accès au mouillage de Green Turtle Cay va constituer un excellent entraînement pour nos futurs périples dans les eaux bahaméennes. En effet, il regroupe toutes sortes de difficultés et de pièges pour que ce soit compliqué à souhait.
Regarde donc la carte, et dis nous si t’es pas d’accord.
Que veux tu, ici c’est comme ça : un bon mouillage, ça se mérite !
Il faut (dans l’ordre que tu veux, on n’est pas compliqués) :
- contourner les récifs
- parer les hauts-fonds
- suivre le chenal à la couleur car il n’est pas balisé (bleu foncé alors que les hauts fonds sont bleu clair)
- ne pas se laisser déporter par le vent et le courant (car le chenal ne fait guère plus de 10 mètres de large)
- examiner le sondeur toutes les 3 secondes
- maîtriser ton rythme cardiaque quand il affiche 0,5 m et ne pas s’emballer à vouloir faire demi-tour
- suivre les indications du Pimousse qui, tel un sémaphore, à l’avant, tend alternativement le bras droit ou le bras gauche (s’il tend les deux en même temps, y’a un problème, et il faut changer de trajectoire ou de Pimousse...!)
- essayer de faire tout ça à marée haute et avec le soleil dans le dos pour avoir une visibilité correcte
- garder la tête froide s’il y a un problème, sans quoi la loi de l’emmerdement maximum reprend le dessus en moins de temps qu’il n’en faut pour que tu le comprennes
- rester zen tout en sachant que, si tu passes 10 mètres plus loin, tu t’écrases lamentablement comme une grosse bouse de vache !
Nous parvenons, tel un héros de film américain aux nerfs d’acier inoxydable, à faire tout ça en même temps, et atteignons enfin le mouillage convoité, que nous te faisons partager via ces clichés pris - tu l’auras compris - en même temps que la navigation sus-décrite, ce qui ajoute encore à sa difficulté, mais on ne va pas insister là-dessus, tu nous taxerais d’immodestie...!