382 - Système D
8 janvier 2014 - Morgan’s Bluff - Andros - Bahamas
On en a soupé de Clifton Point.
Le mouillage est de première qualité, mais hélas, les alentours sont nettement moins accueillants, voire inaccessibles. Alors on s’évapore !
Bien que le temps soit encore aussi gris que les HLM d’une banlieue sinistre, le vent encore soutenu (25 noeuds), et en dépit des creux qui excèdent largement deux mètres, nous prenons la direction d’Andros.
Non, lecteur gourmand, on va t’épargner les blagues à deux balles, Andros n’a rien à voir avec les compotes du même nom, c’est simplement la plus grande île des Bahamas par la superficie.
Mais seulement par la superficie, parce que pour le reste...
On met quatre heures pour parcourir les 30 milles de notre trajet, soit une moyenne de presque 8 noeuds, ce qui est - tu en conviendras on espère - carrément bien !
Belle frayeur à l’arrivée avec la remontée des fonds qui nous assure des surfs sur la houle dignes de Kelly Slater !
Si tu ne sais pas qui est Kelly Slater, n’adresse pas la parole à un surfer, où il risque de te faire bouffer sa planche sans assaisonnement !
Une fois mouillés, il faut se rendre à l’évidence : on n’a plus d’eau. Enfin, presque plus... Alors le capitaine et son p’tit frère vont à terre, en quête d’avitaillement. Nos guides indiquent des boutiques, et tout ce qu’il faut pour le bonheur du marin.
Seulement nos guides datent un peu, et visiblement, le progrès n’a pas été dans le sens normal, puisque c’est nettement moins bien qu’à l’époque où les bouquins qui nous informent ont été mis sous presse.
L’île périclite manifestement, et il n’y a rien à terre, sauf un bar déglingué et peuplé d’être bizarres qu’on a grand peine à considérer comme humains… Et un bureau des Douanes somptueusement luxueux…!
Il est donc l’heure de passer au système D.
Primo, dégoter un récipient convenable, qu’on déniche dans l’incroyable fourbi qui borde la minuscule marina de l’île, à côté des luxueux bureaux de la Douane...
Deuxio, trouver un robinet qui crache de l’eau potable, qu’on repère à proximité du plus gros bateau amarré.
Tercio, faire le plein sans se faire remarquer...
Après deux allers retours, les réservoirs de Kouunji sont moins vides que précédemment, et à l’heure où nous mettons cet article en ligne, nous n’avons toujours pas été interpellés ni incarcérés...!
Ouf !