406 - Sous l'égide de Janus
6 février 2014 - Musha Cay - Exumas - Bahamas
Janus, cher lecteur, était un dieu, qui faisait des siennes à l’époque de la mythologie greco-romaine, avec ses copains Zeus, Apollon et toute la clique.
Mais ce cher Janus avait une particularité, c’est qu’il avait deux visages.
Quitte à avoir un truc en double, d’aucuns considéreraient qu’il aurait pu choisir autre chose que le visage, mais nous n’entrerons pas dans ces considérations qui pourraient facilement devenir scabreuses !
Quid de ces deux visages, et quel rapport avec nous, demanderas tu ?
Et bien, si tu n’es pas dépourvu de sagacité, ce dont nous ne doutons pas un seul instant, tu auras compris que notre journée de marins, placée sous l’égide de Janus, comme on a dit dans le titre, a elle aussi deux visages.
Le premier, c’est celui que tu connais bien, celui de l’interminable descente des Exumas qui se fait à un rythme de mille pattes assommé par les neuroleptiques.
On quitte le “banks”, et on passe Galiot Cut ce matin, contre un courant phénoménal d’au moins 3 noeuds, pour gagner le “sound”, et filer sur Georgetown.
Sauf que pile poil au mauvais moment, le vent et la houle montent d’un cran, nous disant en substance : “c’est pas aujourd’hui que vous irez !”
Ah bon ? Mais quand alors ? Parce que selon la météo...
Ok, on abandonne ! La météo n’est jamais exacte. Jamais !
Nous revenons donc sur le “banks”, en passant par Cave Cay Cut, cette fois-ci avec le courant qui pousse au cul, c’est beaucoup mieux !
Et nous allons mouiller au plus près, car nous restons dans l’optique de faire autant de Sud Est que possible dès qu’on pourra.
C’est là qu’apparait le second visage de la journée.
Tu voulais du beau, de l’esthétique, du joli, du qui fait rêver, du qui réchauffe quand on se caille en France, du qui fait du bien quand t’as le moral en berne, du qui réjouit, du qui enchante, du qui allège l’esprit ?
Et bien, sers toi, on te l’offre sans retenue !
Musha Cay, c’est un mouillage aux petits oignons, qui nous fait du bien à nous aussi, faut pas croire, c’est pas indispensable de se geler les miches dans l’hiver métropolitain pour rêver de bleu et de chaud...!
Nous aussi on en rêve. La seule différence avec toi, c’est qu’on réussit à s’en trouver plus vite !
Bon, allez, on t’a assez fait bisquer...
On croise en outre pléthore de p’tits bateaux qui s’en vont participer à la régate organisée ce week-end à Little Farmer’s Cay, que nous venons de quitter.
Ce qu’il faut retenir, quand tu navigues, c’est que tu ne sais jamais à quoi t’attendre. Tu vois, nous, on croyait qu’on allait naviguer 6 heures au près et atterrir à Georgetown, finalement, on a fait deux heures de moteur pour se retrouver à lézarder dans un coin de rêve...
Tout bien considéré, on n’a pas le droit de se plaindre, hein ? Même si on avance moins vite que prévu...!
Janus ne nous a pas montré le visage qu’on attendait, mais avec les Dieux, faut se méfier : y’a toujours des embrouilles ! Ulysse, grand marin s’il en est, ne nous démentira pas !
Et si tu ne nous crois pas, relis L’Iliade et L’Odyssée, ça ne te fera pas de mal !