413 - Slalom géant
13 février 2014 - Calabash Bay - Long Island - Bahamas
Cet article, on te prévient, n’a rien à voir avec les épreuves de ski. Ceci afin qu’il n’y ait pas de méprise, ou que tu ne croies pas t’être gourré de blog !
Le suspense a été de courte durée, comme notre nuit, agitée dans ce mouillage protégé quand le vent souffle habituellement de l’Est, mais excessivement rouleur quand il souffle de la direction opposée.
Un ciel bouché et gris nous accueille pour le p’tit déj, qu’on avale vite fait avant de repartir. Au moment de lever l’ancre, un grain terrible nous tombe dessus ! On attend que ça passe et on repart.
Cette fois-ci ça sourit, la météo est conforme aux prévisions, la bascule est là, youpi, tout va bien.
On file à bon rythme sur notre cap, vers Samana Cay, où on devrait mouiller à la nuit si le vent faiblit.
Mais il ne faiblit pas - même s’il est irrégulier - et nous poursuivons notre route. 15-18 noeuds au portant, on profite de l’aubaine !
Lorsque la nuit tombe, au large de Samana Cay que nous laissons à bâbord, nous sommes toujours tribord amures, quand il nous en arrive une “bien bonne”.
Bien bonne est une litote, aussi allons nous te narrer l’épisode en détail, quand bien même les plus angoissés de nos lecteurs dussent-ils faire des cauchemars...!
Après diverses péripéties, la nuit nous enveloppe de son voile noir et inquiétant. Ouh, ça fait peur...
De toutes parts, les orages nous cernent. Heureusement, ils sont loin de nous.
Les éclairs déchirent la nuit de leurs lumières aveuglantes, et le spectacle est absolument somptueux. Même s’il est terriblement angoissant.
Le vent est stable, mais on sent, à quelques milles aux alentours, que le ciel gronde. Chaque éclair révèle la présence de nuages bas, énormes, et parfois, le linceul de la nuit est déchiré en deux de façon si intense qu’on dirait qu’une brèche est ouverte et ne se refermera jamais.
C’est une sorte de feu d’artifice naturel auquel nous assistons, et c’est de toute beauté.
Afin de ne pas finir rôtis comme des poulets ou des merguez, nous slalomons donc entre les différents grains, car, comme Astérix dont nous sommes les descendants, nous craignons que le ciel nous tombe sur la tête.
Enfin... le ciel... La foudre, plutôt.
Nous prenons d’ailleurs toutes nos précautions en coupant l’électronique et tout ce qui est électrique, car on a plus d’une fois entendu parler de semblables incidents.
On aurait l’air fin, sans l’ordi... Comment est-ce qu’on ferait le blog, hein ? Tu serais bien malheureux, sans ta lecture, avoue...! Et puis on n’a pas trop envie que Kouunji soit transformé en super grille-pain !
Bref, le vent nous a poussé plus longtemps que prévu (merci), et le slalom entre les orages était tout simplement... géant !
Maintenant on peut le dire : on a quand même eu la trouille !