Un catamaran autour du monde

29 Mar

450 - Premier passage du Canal de Panama

Publié par Kouunji

27-28 mars 2014 - Canal de Panama - Panama

1er jour

Au matin de ce jour qui restera gravé dans les annales, Kouunji est livré de ses amarres et pare-battages... lesquels resteront sur le trampoline, puisque c’est sur Oniva que nous nous dirigeons vers le “flat” en début d’après midi.

Oniva (chouette nom, hein ?!) est un cata de 44 pieds barré par Delphine et Huaras, un (très) sympathique couple de boat-potes helvètes, qui a appareillé il y a deux ans avec trois chérubins à bord (trois petits suisses, donc...) : Nils, l’aîné (7 ans et demi), Tim et Estelle (4ans et demi), les jumeaux arrivés en dernier.

Le “et demi” est très important...!

Le reste de l’équipage, hormis nos augustes personnes, est composé de Fred, un aventurier français à la bonne humeur communicative, et Mauricio, un pro dépêché sur le bateau des p’tits Suisses par l’incontournable Tito, celui-là même qui s’occupe de tous les français depuis des lustres.

On poireaute 3 heures sur le “flat”, au milieu des grues et des mastodontes mammouthesques, et vers 17 heures arrive Fernando, notre “adviser” c’est à dire un employé du canal, qui va rester à bord durant toute la première partie du transit pour nous donner les consignes qui vont bien, afin d’éviter de déguiser le cata des p’tits Suisses en tas de confettis...!

Ca impressionne le Pimousse !

450 - Premier passage du Canal de Panama
450 - Premier passage du Canal de Panama
450 - Premier passage du Canal de Panama
450 - Premier passage du Canal de Panama
450 - Premier passage du Canal de Panama
450 - Premier passage du Canal de Panama

En gros, voilà comment ça se présente : chaque écluse fait un peu plus de 20 mètres de large. Et un kilomètre de long. Les bateaux se suivent et ne se ressemblent pas, puisque tu peux très bien avoir devant ou derrière toi un cargo de 2.000 tonnes, ce qui te rappelle à l‘humilité : toi voileux, tu es tout rikiki !

Il vaut mieux ne pas être derrière un gros, car quand il remet les gaz, il crée des turbulences terribles qui te remuent pire que si t’étais dans une centrifugeuse...!

Et, pour rentabiliser les passages (on ne va pas balancer plusieurs millions de litres d’eau dans une écluse pour faire monter deux misérables voiliers qui ont payé des clopinettes pour le transit), les gars du canal remplissent l’espace au maximum.

Pour nous autres voileux, ça veut dire qu’on passe le plus souvent amarrés à couple avec d’autres coques de noix, le maximum étant de trois bateaux de front. Autant te dire que tout le monde veut être au milieu, la position idéale puisque les deux bateaux sur les côtés servent de pare-battages géants à celui qui fait la tranche de jambon !

Ca démarre mal, très mal même : Fernando, qui doit jongler avec différents impératifs, propose qu’on passe amarrés à couple avec un autre cata (jusque là pas de problème), mais également avec un monocoque à moteur.

Huaras dit “banco”, sous réserve qu’on soit au milieu (tu sais pourquoi maintenant) de cet étrange convoi.

C’est du sport pour attacher les bateaux les uns aux autres, et c’est encore plus de sport de manoeuvrer à trois bateaux de front, surtout que les gars du mono à moteur ont certainement laissé leurs cerveaux et leur sens marin à terre. Ils sont tellement empotés qu’on se demande s’ils ne sont pas tous trisomiques...!

Dans ces conditions, Huaras refuse de s’engager dans l’écluse. Il a raison, le bougre !

S’ensuivent d’interminables discussions, car personne ne veut courir le risque de passer les trois premières écluses de Gatun, (les seules du jour) en étant contre la paroi.

Fernando ne s’excite pas, et explique posément que si personne n’accepte, il faudra passer... demain ! Le canal en effet ne peut rien t’imposer. Tu es toujours libre de refuser et de différer ton passage.

Nos boat-potes Suisses sont moyennement réjouis, et tentent le coup : on passera à couple avec l’autre cata, nous contre le mur, et eux au milieu de l’écluse. Ce qui signifie qu’on va se taper tout le boulot, et qu’ils vont nous regarder.

Nous, ça nous convient, vu qu’on est là pour apprendre !

Au final, l’option choisie par les p’tits Suisses est la bonne : le bateau, bien protégé par une collection impressionnante de pneus et pare-battages, ne risque en réalité pas grand chose à être contre la paroi de l’écluse, et presque rien si les équipiers aux amarres font bien leur boulot.

Et comme les équipiers aux amarres, c’est nous, autant te dire que le boulot est bien fait !

Si des fois t’en doutes, t’es indigne de lire ce blog et tu en es banni pour l’éternité !

Le boulot est simple. Tu attrapes le bout que te jette, depuis la rive, l’employé du canal. Attention de ne pas te prendre la touline sur la tête ou sur les panneaux solaires...! Tu attaches ton amarre au bout, le gars la hisse et ensuite, tu n’as plus qu’a maintenir l’amarre en tension suffisante pour le bateau ne bouge pas. Ce qui veut dire que, au fur et à mesure que l’eau monte, tu dois actionner tes petits bras pour raccourcir l’amarre.

Tu verrais comme l’eau monte vite, c’est impressionnant !

Il faut aussi qu’on t’explique un truc effarant.

Si tout se déroulait comme il se doit, nous n’aurions rien à faire d’une écluse à l’autre, puisque normalement, des gars à terre se chargent d’assurer les amarres, et une fois que tu as tout installé dans la première écluse, tu n’as plus grand chose à faire jusqu’à la sortie de la troisième.

Seulement, tel n’est pas le cas : le canal manque d’effectifs. Il n’y a personne pour assurer les amarres à terre. Ce qui nous oblige à réitérer les manoeuvres à chaque fois, ce qui nous fait donc trois fois plus de boulot, puisqu’il y a trois écluses...!

Merde alors !

Toutefois, puisqu’il faut réitérer, on réitère, et tout se passe impecc !

Une fois que nous avons gagné les 20 mètres d’altitude (un peu plus de 6 mètres par écluse) qui nous séparent du lac Gatun, la dernière écluse nous laisse filer vers cette immense étendue d’eau douce, où nous passons la nuit, après nous être amarrés à une bouée énorme.

Laquelle sert de piédestal au capitaine pour faire le couillon, incorrigible qu’il est !

La navette vient récupérer Fernando, notre adviser, qui regagne ses pénates à... 23 heures.

Autant te dire qu’on a bien mérité le kilo de spaghettis bolognaise ingurgité après cette journée haute en couleurs et forte en émotion !

2ème jour

Après quelques heures trop brèves d’un sommeil agité (on a passé la moitié du canal, que diable !), réveil dans une ambiance quasi onirique sur le Lac Gatun.

Calme absolu, grand beau temps, une petite baignade malgré les crocodiles, et après un solide p’tit déj’, nous réceptionnons notre nouvel “adviser”.

Il s’appelle Amado, et c’est avec lui que s’achèvera le transit jusqu’au Pacifique.

Le deuxième jour est totalement différent du premier.

On slalome d’abord entre les innombrables cargos qui essaiment le lac, puis on emprunte le chenal, avec le vent et le courant dans le dos : nickel !

Tout se fait au moteur, les autorités du canal n’acceptant qu’à titre exceptionnel la navigation à la voile.

Comme tout est portant, Oniva bombarde et en dépit de quelques inquiétudes (des impuretés dans le gasoil ?) il avale les 27 milles qui nous séparent de l’écluse de Pedro Miguel à une moyenne fort respectable de 7 noeuds.

Qui a dit que les Suisses étaient lents ?

Cette fois-ci, c’est un peu différent, et, il faut bien l’avouer, plus peinard. On retrouve Orinoco Flow, le cata avec lequel on était à couple dans les écluses de Gatun, et ça devient presque automatique de s’amarrer l’un à l’autre, même si - c’est marrant - les “advisers” de chaque bateau donnent des instructions contradictoires, et qui sont à l’opposé de celles qui nous ont été données la veille !

Eh, les gars, faudrait accorder vos violons, sous peine d’être discrédités...!

Une fois indéfectiblement liés l’un à l’autre, les deux catas s’engagent dans l’écluse, qui est plus facile à franchir puisque cette fois-ci, le niveau de l’eau baisse.

Il y a donc moins de turbulences, et c’est plus facile de laisser filer les amarres plutôt que de tirer dessus comme un âne pour qu’elles soient toujours tendues !

L’écluse de Pedro Miguel se passe sans encombre, et nous attaquons aussitôt après les deux dernières écluses, celles de Miraflores, où sont installées les web cams qui vont te permettre de nous regarder quand on va repasser avec Kouunji !

L’émotion croît, car, de là où nous sommes (encore quelques mètres au-dessus du niveau du Pacifique) on voit précisément le plus grand océan du monde qui nous tend les bras...

Après la descente, une seconde descente suit : celles des émotions.

Sous le pont des Amériques, qui relie l’Amérique du Nord à l’Amérique du Sud, on prend soudainement conscience que ce périple est véritablement phénoménal : on est passé de l’autre côté du monde en à peine plus d’un jour !

A l’époque de la marine de nos arrières grands parents, il fallait trois mois, en passant par le Cap Horn !

Le canal est tout de même quelque chose d’asboslument fabuleux, et on y va de notre petite larmichette lorsque l’océan Pacifique s’étend sereinement devant nos yeux admiratifs.

La fin de journée est moins drôle : deux heures de taxi pour rentrer à la marina, retrouver Kouunji et lui raconter tout ça.

Parce qu’il est impatient, lui aussi, de faire tremper ses ailerons dans le plus grand océan du monde.

Patience Kouunji, on part après demain !

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L
et nous on est bien content de les voir enfin, nos copains!!!! les Contre-Temps jouent d'ailleurs au tarot ce soir chez les Kouunji!!! yes, comme c'est bon, les habitudes.....
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L
Ils sont arrivés, ils sont arrivés, ils sont, ils sont, ils sont arrivés ... Yesssssss
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Z
youppy........
Z
ola ola quelle heure quel jour nous sommes le 30 à 15h40 heure d'été en France on voudrait voir le passage, dites nous aussi si vos amis vous aideront, comme vous l'avez fait, à ne pas vous retrouver coincer contre un gros cargo???? sacré périple non???
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Z
pour sûr on vous a vu mais c'était peut être un cata dans l'autre sens, parait qu'on s'est gouré de côté!!!!!hihihihihihi.....je ris, mais vous comme disait zizi jeanmaire à propos de son escalier " l'avez vous bien descendu"???
R
Quelle merveilleuse aventure ! Et quelle belle solidarité ! Cà donne envie d'en etre .... En plus et reconnu par les boat peoples, la narration du Captain est captivante.... Au tour de Kouunji.....
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C
ben c'est du sport finalement... on attend avec impatience de vous voir sur la webcam ! faites un coucou !!!!!
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L
et l'équipage de Contre-Temps vous attend de l'autre coté!!!!<br /> On a vu tous els p'tits suisses en 1 fois et échangeons demain les infos sur els Perlas.....<br /> <br /> Quand vous serez sur le Gatún, regardez bien, au lever du jour, ça bouge dans les arbres... les singes hurleurs vous regardent!
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D
Merci les amis pour votre aide précieuse durant le passage du canal d'Oniva. Description nickel , il n'y a rien à redire! On vous souhaite à votre tour un très bon passage du canal avec Kounnji. Et à tout bientôt de l'autre côté.<br /> Les p'tits Suisses d'Oniva
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E
Bien vue, bien raconté, on si retrouve comme nous l'avons vécus en 2010 a bord d'un Nautitech 40 du nom de Naia. <br /> Merci pour ce rappel a nos souvenirs.<br /> Pour Kouunji nous souhaitons que cela ce passe aussi bien ci ce n'est mieux.<br /> Amitiés des Exocets.
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