452 - Panama City : la ville
1 - 4 avril 2014 - La Playita - Panama
1er jour
Retrouver Cécile et Joni a plein d’avantages.
D’abord, ça nous fait chaud au coeur, et ça n’est pas rien.
Ensuite, comme ils nous ont précédé ici depuis quelques jours et que c’est déjà la deuxième fois qu’ils mouillent à cet endroit, ils connaissent le coin comme leur poche.
De sorte qu’ils font un peu office de guides pour nous autres, pauvres passagers du Canal, qui sommes ce matin à peine remis de nos émotions et de notre fatigue.
Huaras et toute sa p’tite famille de p’tits Suisses passent nous dire au revoir avec Oniva avant de s’en aller vers Las Perlas, où on les rejoindra dans quelques jours.
Après quoi, pour le prix exorbitant de 0,25 $ (!), le bus climatisé nous emmène aux portes de Panama City, qui, vue de loin, à une allure de grande ville américaine, certains gratte-ciels sont même la copie conforme d’illustres constructions des mégalopoles US.
On retrouve donc une ville, une vraie, après Willemstad, à Curaçao. Soit presque cinq mois. Et bien, on peut l’affirmer avec certitude : la ville, on n’aime pas !
Pas la peine de te décrire tout ce qui nous rebute, puisque, si tu es un lecteur terrien, tu y es confronté tous les jours ou presque ! Et si tu es un lecteur marin, tu le sais aussi bien que nous ! En témoignent la file d’attente devant le commissariat de police, et l’extrême laideur du paysage urbain.
La ville néanmoins a ses avantages, le premier étant de concentrer dans un espace restreint tout ce qu’un navigateur peut désirer : de la bonne bouffe pour commencer, de quoi prendre soin du bateau pour continuer, et de quoi améliorer l’ordinaire pour finir.
Emplettes diverses, dans un centre commercial à côté duquel le Carrefour (ou le Auchan, on n’est pas sectaires !) où tu vas t’approvisionner une fois par semaine fait figure de supérette !
C’est tellement gigantesque qu’il y a des animaux à chaque porte pour que tu repères l’entrée par laquelle tu pénètres dans ce temple du consumérisme poussé à l’extrême.
Nous, on était à la porte D. Comme dinosaure !
Le tyrannosaure a une gueule nettement moins sympathique que le paresseux qui squatte à proximité immédiate de la marina. Laquelle marina fait payer 35 $ par semaine pour que tu aies le droit d’accoster avec ton dinghy !
Quand on te dit que c’est le capitalisme à outrance ici, on n’a pas tort !
Cela étant, ça se présente bien. On devrait trouver nos cartes électroniques, et une bonne nouvelle n’arrivant jamais seule, un message des Bohémiens nous apprend qu’ils ont dégoté à Saint Martin la pièce qui nous manque pour le guindeau.
Déjà qu’il nous tarde de les voir, ces deux là, maintenant on est encore plus impatients, parce que le capitaine en a ras la casquette de relever l’ancre à la main !
Bref, rien d’extraordinaire. Panama City n’est pas non plus le but de notre voyage. C’est une étape pratique, et on s’en contentera !
2ème jour
Le deuxième jour du mois ressemble comme deux gouttes d’eau au premier, puisque nous repartons au gigantesque centre commercial, qui abrite un dentiste (!) qui pratique des prix tellement dérisoires par rapport à l’hexagone qu’il serait trucidé par ses confrères s’il exerçait là-bas !
Mais il exerce ici, et ça nous convient. Après un examen attentif de nos cavités buccales, le diagnostic est vite fait : faut intervenir ! Ce sera fait demain. Eh oui, ici, ça pulse et c’est pas cher. Les français n’ont qu’à en prendre de la graine !
Nouvelles emplettes, car il faut tout de même profiter des prix qui sont aux antipodes de ceux pratiqués à Turks & Caicos.
Le Pimousse s’est acheté des petits débardeurs fort attrayants à... 0,99 $ pièce, soit grosso modo 75 centimes d’euro.
Qui dit mieux, les filles ?
La traversée de Panama City offre son lot de clichés, dont ce panneau incroyable qui dit "bruit inutile interdit". Y'a du bruit utile ?
La journée s’achève en beauté : tarot avec nos boat potes de Contre Temps, avec grosse rigolade de rigueur, et deux nouveaux boat-potes : Luqué et Marie, qui bourlinguent sur un trawler et parcourent les océans depuis un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaitre...!
Quelle soirée ! Ca fait du bien de se marrer ! Et puis les Bohémiens sont partis.
La grande question est : on les attend ici ou à Las Perlas ?
Réponse au prochain épisode...
3ème jour
C’est le jour où on enlève.
D’abord une dent au capitaine ! Elle était en si mauvais état qu’elle ne manquera pas beaucoup...
Ensuite des sous sur le compte bancaire, car la carte électronique du Pacifique plus tout un tas de “petites” choses pour Kouunji, ça fait un finalement un gros trou dans ton budget.
Ami marin, si tu lis ces lignes, un conseil : n’escompte pas mettre ton bateau en état de traverser le plus grand océan du monde à Panama. On ne trouve presque rien, c’est perdu dans une ville moche et puant les gaz d’échappement, et le peu que tu trouves est très cher.
A part les filtres en tous genres que les bricolos du coin te vendent 10 fois moins cher que les pièces d’origine. Yanmar, Volvo et les autres sont indubitablement des voleurs !
4ème jour
Pour être efficaces, on se sépare : le Pimousse s’occupe du miam, le capitaine des pièces détachées.
Bonne idée. C’est la croix et la bannière pour se faire reprendre les pièces achetées la veille qui ne conviennent pas, et bien que nos missions respectives soient enfantines, c’est en milieu d’après midi seulement que l’équipage se reconstitue.
Le capitaine s’égare dans les bas fonds de Panama City, avec un passage devant les Restos du Coeur locaux qui ont un succès fou, tandis que le Pimousse savoure des “ceviche”, une spécialité locale à base de poisson, dans un boui-boui du port. A ne pas manquer si tu viens à Panama, lecteur !
Fin de journée studieuse, puisque le capitaine grimpe en tête de mat, mais c’est celui de Contre Temps ! Nos boat potes ont des déboires avec leur anémomètre et diverses petites choses à vérifier.
Les capacités simiesques du capitaine sont donc mises à contribution. Mauvaise idée, car si le taf est fait (et bien fait !) la houle est terrible. En bas ça va, mais là-haut... Le capitaine est mûr pour quelques bobos fort immérités.
C’est pas juste, hein, de s’esquinter quand tu rends service aux amis ?
Allez, demain, on décarre : cap sur Las Perlas !