509 - On prend les mêmes et on recommence
25 novembre - Hiva Oa - Iles Marquises
On a fait il y a quelques jours un tour de l’île avec nos boat-potes.
C’était bien. Alors, on a remis ça aujourd’hui. Et tu sais quoi ? C’était encore mieux.
Pourquoi, demanderas-tu, lecteur interrogatif. Et bien, parce que le guide était meilleur.
Cette fois-ci, c’est Jean qui nous embarque. Jean n’est pas franchement un marquisien de souche. Il arrive tout droit d’Alger, qu’il a quitté en 62, et a un accent qui ne laisse aucun doute sur ses origines.
Un pied noir qui nous fait visiter Hiva Oa, est-ce bien raisonnable ?
Et bien oui, dans la mesure où il y a passé les 40 dernières années de sa vie, dont la majeure partie à fabriquer les routes de l’île...!
Autant te dire que s’il y a un mec qui connait les p’tits chemins de traverse qui font le bonheur des voyageurs comme nous, c’est bien lui...!
Jean est intarissable. Un vrai moulin à paroles. En même temps, on le paye pour nous expliquer tout ce qu’il peut nous expliquer, alors il nous en donne pour notre argent.
Maintenant on est incollables sur l’archéologie polynésienne en général et les moeurs et traditions marquisiennes en particulier.
Enfin, incollables... On en sait un peu plus...! Quoi ? Tu veux savoir ?
Bon, ok ! Alors, tu vois, ce tiki ?
Il sourit. Ca, c’est rarissime.
Pourquoi est-ce qu’il sourit comme un gros bêta ?
Peut être parce que juste à côté de lui, est sculpté ça.
Ce pétroglyphe symbolise... le sexe d’une femme.
Ce qui est la preuve que, depuis la nuit des temps, l’homme se réjouit toujours pour les mêmes choses ! On n’a pas fait beaucoup de progrès depuis l’australopithèque, n’est ce pas...?!
Remarque, selon certains, le tiki représenterait une femme... Une lesbienne ?!
Jean nous fait un menu à la carte, et comme on a le choix, on décide, une fois passé le col, de bifurquer du côté de l’île que nous n’avons pas visité l’autre jour.
Comme ça, on aura tout vu de ce qui est visible à Hiva Oa. La route est en construction, ce qui rend notre périple d’autant plus pittoresque.
Pas la peine de te dire qu’on a été à Mutuua Nahoe et à Hanapaoa, et qu’on a fini à Hanaiapa, de toute façon tu ne sais pas où c’est ! C’est bioutifoule, c’est tout ! Regarde...
En fait c’est sur la côte Nord de Hiva Oa.
Pas la peine de te raconter qu’on a découvert des ossements humains, et que le Pimousse, grâce à l’empreinte dentaire, a retrouvé une lointaine cousine marquisienne, tu nous prendrais pour des demeurés.
Pas la peine de te dire non plus que le tiki peut s’appeler aussi ti’i, puisque ce problème de sémantique lié à la traduction (phonétique) du dialecte local en français n’a strictement aucun intérêt, sauf pour les intellos pure souche. Parfois, le tiki a une tête couronnée...
Pas la peine qu’on te fasse râler en te montrant cette rose de porcelaine que tu ne pourras pas offrir à ta dulcinée, mais on te recommande toutefois de lui offrir de temps en temps un joli bouquet de ce que tu peux trouver, ça n’mange pas de pain et ça fait toujours plaisir !
Pas la peine de te dire qu’on a vu plein de pae pae (vestiges de maisons), de marae, ou me’ae (même observation que précédemment concernant la sémantique) dans la mesure où il n’y en a pas à côté de chez toi, ce qui ne ferait par conséquent qu’augmenter ta frustration. On n’est pas pervers à ce point...
Pas la peine non plus de te montrer ce piège à cochons sauvages, puisqu’il n’y en a pas là où tu habites, et que ça ne te servira à rien d’en fabriquer un.
On tient cependant la notice de montage à ta disposition...!
Franchement, cite nous un autre blog où tu peux trouver le mode d’emploi pour la fabrication d’un piège à cochons sauvages...?
Bref, c’était une bonne journée.
Une journée qui finit avec un coucher de soleil pareil est nécessairement une bonne journée.