542 - Etrange familiarité
Nouvelle année, nouvelle mouture ! Le blog a encore changé d'aspect ! Mais c'est la dernière fois ! Promis, juré, craché ! Beurk… l'écran est tout sale !
On met désormais l'accent sur les photos. Clarté, simplicité, plaisir de lire.
Remonte le temps au fil des pages, et si tu recherches quelque chose de spécial, utilise la fenêtre destinée à cet usage, en haut à droite.
Eclate toi, lecteur !
30 décembre - Vaitahu - Tahuata - Iles Marquises
Après deux jours à Hanamoenoa, la matinée est dédiée à la vérification de la réparation de notre flotteur bâbord. Ce n’est pas parfait, mais c’est pas mal du tout.
Kouunji prend toujours l’eau, mais en quantité raisonnable pour que nous soyons un peu rassurés pour les grandes navigations futures. Il faudra réparer “pour de vrai” dès que ce sera possible.
C’est à dire dès qu’il y aura un chantier naval capable de sortir nos 9 tonnes et des brouettes de l’eau. D’ici là, on a le temps de mettre sur pied plein de sortilèges et de maléfices, de réviser notre vieil ouvrage “Du raffinement de la question sous l’Inquisition”, de potasser “La torture pour les Nuls”, et crois nous lecteur, dès qu’on chope l’expert par la faute duquel nous en sommes encore à traîner notre voie d’eau alors que tout aurait du être réglé à Turks et Caïcos s’il ne s’était fourvoyé, on met tout ce qu’on a appris en pratique... Ca va chauffer !
Nous poussons jusqu’à Vaitahu, qui est un mille plus au Sud, que nous atteignons après 23 minutes 40 secondes au moteur.
Quelle épopée, hein ?! Le Seigneur des Anneaux, à côté, c’est de la gnognotte !
Bon, regarde à nouveau, et dis nous si c’est pas beau, un paysage pareil.
Comme on crève de chaud, on pique une tête à peine arrivés, ce qui est de bon aloi, dans la mesure où les flots cristallins sont à une température parfaite pour nos corps en quête de fraîcheur.
Le Pimousse adore.
Nous retournons à terre offrir à Marie-Claire (la soeur d’Eliane) et Paul son mari la bouteille de vin que nous leur avions promis lors de notre dernier passage.
Et c’est là que tout prend une dimension quasi paranormale.
T’inquiète pas lecteur, on ne devient pas siphonnés et notre blog reste étranger aux X-Files et autres niaiseries du genre.
Ce qui est étrange, c’est que finalement, on est accueillis et on se sent comme si on était chez nous. Marie-Claire nous accompagne ensuite à l’épicerie où on retrouve le patron, José,
qui nous remet (le capitaine et lui ont devisé longuement l’autre jour à propos du système carcéral) et sa femme qui, à l’instar de Cécile, a chopé le chikungunya.
Et on se retrouve avec de parfaits inconnus, à discuter de tout et de rien, comme si on se connaissait depuis toujours, c’est à peine croyable.
Et c’est sans doute, au fond, ce qui fait que quasiment tous les marins s’attachent à la Polynésie : cette exceptionnelle convivialité, les gens chaleureux, souriants, qui savent se réjouir de petits riens, dont la vie est faite de bonheurs simples, parmi lesquels les rencontres avec les navigateurs, qui leur amènent un peu d’exotisme.
Comme d’habitude, on repart les bras chargés de victuailles, après avoir décliné deux invitations pour le réveillon (!), et avec l’ineffable sensation d’être dans un lieu qui nous paraît étrangement familier, comme si on y vivait depuis des années...
Peut-être que la beauté du soleil couchant qui révèle Kouunji en ombre chinoise n’y est pas étrangère ?