569 - Ultime halte marquisienne
23 - 30 mars 2015 - Hakahau - Ua Pou
On ne va pas te parler des préparatifs qui ont précédé notre départ pour la dernière des îles Marquises qui reste à accrocher à notre tableau de chasse, puisque ce serait fastidieux, et n’aurait guère d’intérêt pour un lecteur comme toi, avide de découvertes et de nouveautés.
Sache qu’on a été très polis en disant au revoir à tous les gens qu’on aime, à l’exception de Contre Temps, qu’on aime toujours mais qui était parti quelques jours avant notre départ dans la Baie du Contrôleur.
On va bien les retrouver quelque part plus à l’Ouest, la Polynésie étant immense et petite à la fois.
Une fois Kouunji en ordre de marche, on lève l’ancre pour Ua Pou, la dernière des îles Marquises habitée que nous n’avons pas encore visitée.
Après une traversée pépère d’une vingtaine de milles, qui n’aurait même pas effrayé un nourrisson privé de son doudou, on jette l’ancre dans la baie d’Hakahau, le mouillage sur la côte Est qui est censé offrir le meilleur abri.
Et il tient ses promesses puisqu’il l’offre effectivement, grâce une digue artificielle mais efficace.
C’est l’occasion pour nous de retrouver Freevol, La Cardinala, bref, on est un peu comme à la maison, dans un endroit pourtant totalement inconnu.
Si ce n’est la terrible piqûre infligée par une méduse (une physalis, un “fil bleu” ) au Pimousse, la journée aurait été parfaite. Heureusement, le Pimousse a eu très mal, mais pas longtemps...! Ouf !
Comme tu le sais, la Polynésie est l’endroit privilégié pour faire des rencontres. C’est ainsi qu’après quelques minutes à la plage, on sait ce qu’on va faire le lendemain de notre arrivée : on fera le tour de l’île en bagnole avec Xavier, un prof retraité, qui passe ainsi le temps...!
Facile, non ?
Toi lecteur, si tu veux dégoter un gars sympa qui te trimballe dans les plus beaux coins de son bled pour pas une thune, tu vas galérer. Nous, on n’a même pas levé le petit doigt !
Ce qui est d’autant plus incroyable que le jour dit, nous voilà parti en expédition dans la charrette de l’ami Xavier, et ça vaut son pesant de cacahuètes ! Des panoramas à couper le souffle, des à-pics vertigineux, des sommets escarpés, des vues plongeantes sur Ua Pou, un aperçu rapide des mouillages de la côte Ouest qui nous confirme qu’on a très bien fait de ne pas y aller en bateau, car ils ne sont guère protégés même s’ils sont situés sous le vent de l’île, bref, selon la formule consacrée, que du bonheur.
Et, nec plus ultra, les nuages ont déserté l’île, ce qui nous permet de t’offrir ces vues spectaculaires des aiguilles qui donnent à Ua Pou ce charme si particulier. L’explication de ce phénomène géologique est donnée par notre guide, alors plutôt que de faire un mauvais résumé, on te cite le book en question : “sa caldeira a subi des coulées de phonolites d'où émerge une douzaine de pains de sucre appelés necks qui donnent à cette île cet aspect insolite, tel un palais hérissé de minarets”.
Voilà, Ua Pou, c’est un concentré de ce qui se fait de mieux aux Marquises. Eau bleue où on peut se baigner (c’est si rare), montagnes découpées à la hache, végétation dense et un panaché de verts indescriptible (qu’on ne décrira donc pas), bref, ce n’est pas pour rien si la Nature a choisi cette île là pour y placer le point culminant des Marquises, le Mont Oave, qui s’enorgueillit d’une altitude de 1252 mètres.
Ce qui n’est pas rien, surtout quand tu es au sommet !
Tu avoueras, lecteur, qu’un spectacle pareil, c’est prodigieux.
Que veux tu, on est prêts à (presque) tout pour te faire plaisir...!