Un catamaran autour du monde

16 Jul

215 - Certains détails ont leur importance

Publié par Le capitaine et le pimousse

15 juillet 2013 - Le Marin - Martinique

Comme tu le sais depuis que tu suis nos aventures palpitantes, nous avons eu divers problèmes relatifs à l’entretien de Kouunji, ce qui, soit dit en passant, est normal.

Le bateau vit constamment sur de l’eau salée, et il est soumis aux chocs quand on navigue, au soleil en quasi permanence, à la corrosion, bref, selon l’expression consacrée, l’environnement est hostile.

Il y a quelques années de cela, quand notre voyage germait encore à l’état embryonnaire dans le cerveau du capitaine, et que celui-ci s’échinait encore à régler les problèmes de ses clients, un dénommé Jim franchit un jour la porte de son cabinet.

L’infortuné Jim - un Amerlock - venait de faire l’acquisition d’un Catana flambant neuf, pour une somme avec vraiment beaucoup de zéros à la fin !

Mais Jim était en pétard parce que son bateau, nonobstant tous les zéros qu’il avait aligné sur le chèque, et fraîchement sorti des ateliers de Canet en Roussillon, ne pouvait pas naviguer.

Non lecteur, on ne se fout pas de toi, le bateau était “impropre à l’usage auquel on le destine”, pour reprendre les termes de l’article 1641 du code civil, qui traite des vices cachés.

Cela semble choquant, et pourtant, tous les marins te le diront : un bateau neuf est voué à rencontrer, dès sa mise à l’eau, une avalanche d’emmerdements. Soit parce qu’il est mal conçu, soit parce qu’il a été mal réalisé, les explications sont multiples.

Le tribunal, à l’époque, n’avait pas trouvé ça normal - ce en quoi il avait raison - et Catana s’est magné de remettre en état le bateau de Jim, parce que le capitaine les avait fait condamner à réparer sous astreinte de 1.000 € par jour de retard !

A ce rythme là, tu te grouilles de faire ce que tu as à faire !

En cela, on répond à Maxime, qui nous a suggéré, pour la prochaine fois, d’acheter un bateau neuf. Sûrement pas, Maxime ! On aura deux fois plus de problèmes à régler sur une coque de noix neuve plutôt que sur un rafiot qui aura déjà été mis à l’épreuve...!

D’ailleurs, il est symptomatique de relever que notre plus gros pépin avec Kouunji est dû à une erreur grossière de conception du bateau, qui prenait l’eau par les jupes arrières, lesquelles étaient pourtant à peine détériorées. Mais les listons (ou bourlingues) étaient fixés avec des vis trop longues qui traversaient la coque de part en part, occasionnant d’innombrables fissures par lesquelles l’eau de mer, toujours avide de conquérir de nouveaux territoires, s’engouffrait copieusement.

Il s’agissait de trois fois rien, mais le problème, à force de perdurer, devenait de plus en plus grave.

Il est donc important de prendre le mal à la racine, et, dès qu’un problème surgit, de l’éradiquer sans ménagement. C’est un des rares exemples où la solution finale est souhaitable !

215 - Certains détails ont leur importance
215 - Certains détails ont leur importance
215 - Certains détails ont leur importance
215 - Certains détails ont leur importance

Voilà pourquoi, mettant à profit le fait d’être dans un grand centre de plaisance français, on achète tout ce qu’on peut comme pièces de rechange.

Car, même pour les choses les plus anodines, notre expérience nous a appris que bien des éléments d’accastillage, ou des équipements mineurs du bateau, d’une conception et d’un usage franco-français, sont absolument introuvables hors de nos frontières.

Ainsi en est-il du gonfleur de notre annexe, dont l’embout s’est malencontreusement cassé. Une pièce ridicule à 5 €, si elle vient à te faire défaut, t’empêche de gonfler ton dinghy, et par conséquent t’empêche d’aller à terre, et paralyse tout ton voyage...

215 - Certains détails ont leur importance

Idem avec les joints de capot de pont, que nous cherchons vainement depuis Gibraltar. Un minuscule bout de caoutchouc à 1,50 € vient à rendre l’âme, et c’est tout l’intérieur de ton bateau qui est inondé quand il pleut trop fort ou que les vagues passent par-dessus tes étraves dans une mer formée.

Il nous en fallait un, on en a acheté dix !

215 - Certains détails ont leur importance

Prudent ? Qui a dit prudent ?

En tout cas, une fois le soir venu, et après un bon repas, on a eu tout le loisir de contempler la faune Martiniquaise : moustiques, ravets, scolopendres, iules, et autres bestioles qui font la joie des femmes et des émotifs...!

215 - Certains détails ont leur importance
Commenter cet article
R
P'tin, j'espère que Za a plein de moustiques chez elle qui ne font rien et donc qui ne piquent pas !.. mdr. Quant au Captain, dit le &quot;prévoyant&quot;, je serai tenté que je lui fais une confiance aveugle, tant il a les pieds sur terre ... Et sur Kouunji, (moins stable que la terre) et qu'il a l'esprit en constant éveil pour ne pas se laisser déborder... Ne serait-ce que par son Pimousse (ptdr). Je suis le premier intéressé par les décisions du Captain et vous êtes nombreux à savoir pourquoi...<br /> En matière de sécurité il n'a pas son pareil !....
Répondre
Z
EL MOSQUITO TOTO. c'est pas une tare de ne rien faire car rien faire et bien ce n'est pas RIEN...lire c'est faire, dormir c'est faire etc etc .....autant faire ce peu!!!bisou de za
Répondre

À propos

Un catamaran autour du monde