279 - Caca boudin
17 septembre 2013 - Prickly Bay - Grenade
Grenade est aujourd’hui recouverte de nuages gris et sournois. S’il n’y avait pas cette chaleur terrible, on se croirait en automne, tu sais, quand il fait irrémédiablement gris toute la journée, que t’as pas envie de mettre le nez dehors, et que tu restes scotché devant l’ordi ou la télé en attendant que ça se passe...?
Sauf que nous, on est des aventuriers, des Indiana Jones de la mer, des avaleurs de milles nautiques, des explorateurs, alors on ne s’en laisse pas compter : malgré le mauvais temps, la pluie, la grisaille et bien... on va au supermarché !
Quelle épopée, quelle aventure, quelle folie, hein ?
En même temps, qu’est-ce que tu veux qu’on fasse ? Le capitaine est tout mâché par son lumbago, il déambule comme un vieux et un déambulateur (justement) lui serait fort utile. Quitte à ne pas naviguer, autant s’approvisionner convenablement, non ?
Le supermarket ici est plaisant : bons produits, bons tarifs, c’est pas loin, donc on en profite, parce que quand on sera du côté des îles vénézuéliennes, ce ne sera pas la même chanson, et si on veut du frais, on aura intérêt à pêcher !
On croise encore une tripotée de français (incroyable ce qu’il y a comme compatriotes ici !) qui nous disent que, là où va, c’est bien ! Du coup, on est contents !
Après un après midi (ou une après midi, comme tu veux, puisqu’on peut dire les deux...) de geekerie (le capitaine a encore inventé un mot qui signifie littéralement : s’abrutir devant un ordinateur ou une tablette dans un cyber café, comme seul un geek peut le faire !), l’apéro se prend à bord de Kouunji avec François et Edwige, nos boat-potes de Téou qui n’ont pas digéré - et ce sera dur à avaler - leur mésaventure.
En même temps, quand t’es marin t’apprécies rarement de te faire piquer ton bateau et de le retrouver deux jours trop tôt pour que l’assurance te rembourse, et tellement saccagé que t’as juste envie de torturer lentement, avec la cruauté d’un nazi, les enc... qui t’ont joué ce mauvais coup !
Ouais, d’accord, c’est un gros mot. Mais bon, comment tu veux appeler des mecs qui piquent à un autre toute sa vie ?
Le capitaine - sans remettre sa robe d’avocat - y va néanmoins de ses p’tits conseils, qui frappés du sceau du bon sens, sont appréciés par nos boat-potes.
Croise avec nous les doigts pour eux, lecteur, parce qu’ils sont dans la mouise, et c’est pas juste !