287 - Générosité
25 septembre 2013 - Prickly Bay - Grenade
La journée s’annonçait animée : elle l’a été !
On se répète, mais les semaines à venir vont se déguster à la sauce “sauvage”. Les îles où on va sont loin de tout, c’est d’ailleurs pour ça qu’on y va !
Certains bateaux y sont restés six mois et n’en sont partis qu’à contre-coeur. C’est tout dire !
Après le cours de yoga matinal du Pimousse, et une énorme séance d’internet pour glaner des infos sur les îles à venir (Blanquilla, Los Roques, Los Aves, les ABC...) les choses sérieuses commencent.
On fait le plein d’eau douce (l’eau se troque très bien là-bas), de cigarettes (idem), et tout ce qu’on peut trouver d’utile au mini-market devant lequel Kouunji se détend les étraves.
L’apéro est un bon, un excellent moment, comme on les aime : Caroline et Jean Pierre nous accueillent (fort bien) sur Bohemia, un Lagoon 470 qui est leur demeure depuis des lustres, et comme ils ont une connaissance remarquable des Bahamas, tu te doutes bien qu’on leur tire les vers du nez, puisque nous y serons - si tout va bien - fin novembre.
En même temps, on n’a pas besoin de les torturer pour les faire parler, parce que s’il y a une destination qu’ils nous recommandent chaudement, c’est bien celle là.
Mais il y a mieux... On va t’expliquer, lecteur, n’aies crainte !
La navigation aux Bahamas est assez spéciale. Ces îles tirent en effet leur nom de l’espagnol “baja mar”, qui signifie littéralement, lecteur réfractaire à la langue de Cervantes, (qui est d’ailleurs la même que celle de Maradona, mais Cervantes ça fait mieux comme référence !) “mer basse”.
Les eaux sont peu profondes sur les “banks”, et il n’est pas rare de passer plusieurs jours dans seulement deux mètres d’eau. C’est notamment ce qui donne à cet endroit cette couleur bleue sublime.
Mais autant te dire que t’as pas le droit de te rater, parce que finir échoué sur un banc de sable bahaméen, c’est tout de même la honte quand tu te prétends "tourdumondiste"...!
Si tu ne veux pas finir de la sorte et définitivement estampillé “marin d’eau douce”, il te faut une cartographie ultra précise.
Et bien, figure toi que Caroline et Jean Pierre nous ont prêté tous les documents nautiques qu’ils possèdent sur la région, et après y avoir passé autant d’années, de la doc, ils en ont !
On a donc quitté Bohemia les bras chargés de cartes, guides et autres informations précieuses, et le coeur plein de gratitude et de reconnaissance devant tant de générosité.
Ca nous a tellement touché que - tu l’as constaté, lecteur attentif - le titre de cet article est dédié à nos généreux donateurs, auxquels nous avons promis de prendre le plus grand soin des documents qu’ils ont eu l’extrême gentillesse de nous confier.
Du coup, rendez-vous est pris à Panama en février pour leur restituer leurs biens, et pourquoi pas faire un p’tit bout de chemin ensemble ?
Ah lecteur, ces rencontres là, c’est du bon, du tout bon même !
Exactement l’inverse de celle qui a suivi, avec un douanier tellement antipathique que la perspective d’aller rôtir en enfer pour l’éternité avec Adolf Hitler et Ben Laden te réjouit davantage que de passer dix minutes dans son bureau aussi étroit que ses idées...
Pourquoi faut-il que les fonctionnaires soient (presque) toujours des têtes à claques ?
C’est pas grave, maintenant on sait ruser, rien ne ternira notre plaisir d’avoir joui de la gentillesse de nos nouveaux boat-potes ! Et sûrement pas un gland de douanier !