Un catamaran autour du monde

01 Apr

106 - Anegada nous surprend

Publié par Le capitaine et le pimousse

29 mars 2013 - Anegada - Flamingo Pond

Comme on disait précédemment, les jours se suivent et ne se ressemblent pas. Ceux qui prédisaient mésentente pour cause de promiscuité, ennui pour cause d’oisiveté en sont pour leurs frais ! Et toc !

Non seulement l’entente est parfaite, mais l’ennui est loin, très loin de nous gagner. Juge par toi-même, lecteur sceptique comme la fosse du même nom !

(PS : on sait bien que la fosse septique n’a rien à voir avec un mec sceptique, et que l’aurtograffe est différente, mais faut bien rigoler un peu, non ?)

Ce morning, on se réveille après une nuit paisible, malgré un roulis assez prononcé, puisque nous étions tout de même dans un abri particulier, seulement protégé de la houle par une barrière de corail.

C’est une protection aussi minimaliste qu’un string !

Pancakes de rigueur pour se caler l’estomac, puis vient LE grand moment : remonter l’annexe pour naviguer tranquillement.

L’annexe, en soi, ne pose pas de problème. Nous avons mis au point une technique simple et efficace, qui ne demande presque aucun effort. On frappe la drisse de spi sur le winch du mât, on la fixe au bout d’amarrage de l’annexe, et c’est le pimousse, avec ses p’tits bras musclés, qui remonte l’annexe pendant que le capitaine la guide sur la martingale, afin que tout se passe sans heurt.

Montre en main, il nous faut à peine 5 minutes pour hisser notre annexe et l’amarrer convenablement, ce qui est indispensable car, sur le trampoline, elle n’est pas vraiment à sa place, et elle est exposée si la mer devient grosse.

Ici aux Antilles, c’est très rarement le cas, mais il suffit d’une fois...

Le plus compliqué, c’est le moteur. Car il faut le démonter de l’annexe, le hisser à bord, et cela, on a eu beau y réfléchir maintes et maintes fois, on n’a rien trouvé pour se faciliter la tâche : tout se fait à l’huile de coude !

Et c’est un peu périlleux, parce qu’au moment du transbordement, il suffit d’une petite perte d’équilibre et hop... le moteur servira à décorer l’appart’ d’un poisson qui a du goût pour l’ameublement...!

Néanmoins, nous faisons le nécessaire, et mettons aussitôt le cap sur Anegada, la tant désirée.

Et puis, cerise sur le gâteau, on se fait un plaisir “spécial” : on navigue enfin à la voile !

Car, tous ces derniers jours, les distances étaient si courtes, et les conditions si aléatoires (peu de vent ou vent contraire), que nous ralliions nos étapes au moteur.

Or, Kouunji n’est pas un grand fan de ce genre de navigation, et nous non plus. Le seul avantage, c’est que ça recharge les batteries, et qu’on en profite pour faire tourner le dessalinisateur. Mais sinon, c’est bruyant, ça pollue, et on préfère de très loin naviguer en silence avec le seul bruissement du vent dans les voiles.

Dont acte !

Les conditions sont idéales : de 12 à 15 noeuds de vent, de travers. Du coup, tout dessus, on file à 8 noeuds ! Ca faisait belle lurette qu’on n’avait pas cravaché comme ça ! Que c’est bon !

Nous dévorons les 15 milles qui nous séparent d’Anegada en un peu moins de deux heures, sous un soleil délicieusement chaud, bref, ça ne pouvait pas être mieux.

Sauf que, à l’arrivée, il y a un comité d’accueil que nous n’avions pas prévu : un grain, énormissime, squatte sur l’île. On l’avait aperçu au départ, et on tablait sur le fait que, l’alizé aidant, il se déplacerait au fur et à mesure de notre avancée.

Les photos des perspectives que nous avions en quittant notre mouillage te le confirment, des fois que tu ne nous croirais pas, suspicieux comme on te connait, lecteur...!

106 - Anegada nous surprend
106 - Anegada nous surprend
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106 - Anegada nous surprend
106 - Anegada nous surprend

Pas de bol, nos prévisions se sont avérées optimistes : le grain s’est déplacé, mais beaucoup moins vite que nous le souhaitions, de sorte qu’à l’approche des côtes, se sont des trombes d’eau qui s’abattent sur Kouunji et son équipage.

Et quand on dit “des trombes”, on n’exagère pas, mais alors pas du tout !

Kouunji est ravi, car ça le rince, et l’eau douce est un bienfait contre les attaques permanentes du sel sur les cordages, les voiles, les inox.

L’équipage l’est un peu moins... Le pimousse, sur l’insistance du capitaine, reste à l’abri dans le carré, tandis que celui-ci revêt sa veste de quart (qu’il n’avait plus ressortie depuis Las Palmas !), et reste stoïquement à la barre pour diriger Kouunji à travers les récifs.

106 - Anegada nous surprend
106 - Anegada nous surprend
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En effet, l’approche d’Anegada est délicate, et les Instructions Nautiques recommandent d’arriver à midi, lorsque le soleil est au zénith, de sorte que la vision des fonds soit optimale, et permette un slalom entre les patates de corail et les récifs.

Bref, tu l’auras compris lecteur, c’est du sport ! Ca l’est d’autant plus que, avec le déluge qu’on prend sur le coin du nez, on ne voit pas à dix mètres ! Mais le capitaine a l’oeil perçant du faucon (pas de plaisanterie là-dessus, hein ?!) et, aidé par la carte électronique qui est sensiblement inexacte, finit néanmoins par arriver à l’endroit prévu, non sans s’aider des minuscules bouées qui balisent un chenal ridiculement petit.

Ouf !

Nous voilà donc aux abords de l’île la plus basse des îles Vierges (le plus haut sommet culmine à 10 mètres !), sous un ciel bouché, gris, mais qui donne néanmoins un éclairage très particulier, et qui n’est pas sans intérêt d’un point de vue photographique, et même artistique !

La preuve.

106 - Anegada nous surprend
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106 - Anegada nous surprend
106 - Anegada nous surprend

Que Gilles et Céline nous pardonnent d’employer le mot “artistique”, nous ne sommes certainement pas des artistes - comme eux - nous avons simplement la chance d’avoir devant notre objectif des sujets naturels d’une incroyable beauté.

Incroyable est le mot, non ? As-tu jamais vu de l’eau de cette couleur, lecteur daltonien ?

Le mouillage est très calme, et nous allons profiter de la fraîcheur pour nous reposer un peu, car ces derniers jours, il n’a jamais fait moins de 32°... Aujourd’hui, il fait bon, c’est comme si on avait branché une clim’ géante !

Et puis, il serait malvenu de se plaindre du mauvais temps, puisque c’est la première fois qu’il pleut depuis le jour où nous avons quitté Road Town.

C’était il y a dix jours...

Quoi qu’il en soit, une fois de plus, lorsque le soleil, fort discret aujourd’hui, tire sa révérence, il le fait de fort belle manière, comme pour se faire pardonner...

106 - Anegada nous surprend
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J
Juste...beau...mes yeux vous disent MERCI !...
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C
J'arrête de dire que j'adorerai faire ces photos pour plein de raisons mais vous, n'arrêtez jamais c'est trop bien et qu'importe les termes employés les images parlent d'elles-même ! que du bonheur et bravo à vous encore une fois et un grand merci de nous faire partager votre aventure !!!! bises
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Z
je devine que la maman de jean Michel aimerait peindre ce tableau photographique avec ses pastels ou ses aquarelles!!!attention à vous Ivan m'a averti d'une terrible tempête s'approchant de vous<br /> big bise ZA
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R
J'ajoute que certaines couleurs dans le ciel rappellent celles de certrains tableaux de d'Aubigny...
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R
Là, je reste scotché, hyper-bluffant, je n'ai jamais vu de couleurs comme celles de la réapparition du soleil, dans les nuages et sur la mer... C'est effectivement incroyablement beau, d'une beauté rare et fugace ! Heureusement l'objectif était là pour la fixer...
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