111 - Retour à la normale
2 avril 2013 - Sprat Bay - Great Harbor - Peter Island
Hier soir, le pimousse est allé se coucher à 20h30, pour se réveiller... 12 heures plus tard ! Comme quoi, un grand bol d’oxygène dans la journée, un bon mouillage le soir, et tu as tous les ingrédients pour faire un gros dodo !
Ca vaut mieux que le Lexomil ou n’importe quel somnifère, hein ?
C’est sûr qu’ici, on n’a pas besoin de Tranxène ou de Prozac... Comment voudrais-tu stresser quand on mène la vie qu’on mène ?
Chaque jour qui passe nous conforte dans le sentiment que nous avons d’être incroyablement privilégiés. Nous n’avons aucune obligation, aucun impératif, nous jouissons d’une liberté absolue, notre seule et unique contrainte, c’est de prendre soin de Kouunji, qui est à la fois notre demeure, notre véhicule, notre abri, et accessoirement notre capital !
Mais, dès lors que Kouunji va, tout va !
Et ce matin, Kouunji est sacrément content, car d'abord une tortue est venue nous dire bonjour au breakfast (!) et la météo est - enfin - redevenue antillaise : l’alizé et la mer se sont calmés, et le soleil montre que c’est bien lui le chef du ciel, ayant chassé les nuages qui essayaient de squatter son territoire !
A peine avons nous quitté - au moteur - Dead Man Bay que nous apercevons juste derrière Sprat Bay (ne demande pas la traduction, on n’a strictement aucune idée de ce que ça signifie, on n’est pas omniscients...) où nous nous empressons de prendre une bouée.
Pourquoi cette précipitation ? Et bien, juge par toi-même lecteur !
Voilà, tu as tout bien vu : la baie est toute petite, abritée, séduisante comme Brigitte Bardot à ses débuts, et il n’y a pas un chat ! Autant te dire qu’avoir le mouillage pour nous tout seuls, on aime grave !
On aperçoit de l’autre côté de la colline les mats des bateaux qui mouillent dans la prochaine baie où nous nous rendrons, mais ne mettons pas la charrue avant les boeufs, et profitons pour l’instant de l’endroit où nous nous trouvons.
Comme dit le proverbe zen : “ici et maintenant”.
Rien d’autre n’importe qu’ici et maintenant... Et honnêtement, ce serait bien compliqué d’avoir un “ici et maintenant” de meilleure qualité que celui dont nous jouissons.
Il fait 32°, l’air est doux, l’endroit est calme, il est beau, et on peut y rester autant de temps qu’on veut... Alors, reconnais lecteur que ça peut difficilement être mieux...
Comme dirait Tophe, c’est le mejor del mejor...!
On décide de chausser nos pieds beaux (!) de façon sérieuse pour aller crapahuter sur les collines qui nous entourent. Ca nous dégourdira un peu les guiboles, et puis on ne sait jamais ce que la nature nous réserve.
Après notre balade, voilà les z’images qu’on a rapportées... Autant dire que la nature nous a réservé ce qu’elle avait de mieux, non ?
C’est après cette très agréable mini-randonnée que nous levons l’ancre, ou plutôt que nous lâchons la bouée pour nous rendre à Great Harbour, qui est à 12 minutes de moteur...
On prend à nouveau conscience que les îles Vierges constituent un bassin de croisière absolument extraordinaire, car elles pullulent de recoins divers et variés qui constituent autant d’abris paisibles, et il nous sera bien difficile à l’avenir de retrouver une zone de navigation où les mouillages, tous plus attrayants les uns que les autres, se succèdent à un rythme aussi effréné.
Les Vierges n’usurpent pas, loin s’en faut, leur titre de paradis de la navigation. Il y a une telle concentration d’endroits séduisants, accessibles en un rien de temps, qu’on comprend que les pirates de jadis en aient fait leur repaire favori.
Qui sait si nous n’allons pas rencontrer Barbe Noire ou Jack Sparrow très bientôt ?
Great Harbour porte bien son nom : c’est... great, comme disent les compatriotes de l’Oncle Sam et de la Queen Elizabeth II !
Puisqu’il paraît que tu es comme Saint Thomas, et que tu ne crois que ce que tu vois, lecteur dubitatif, on a de quoi te convaincre du bien fondé de ce qu’on écrit !
L’endroit est d’un calme olympien, comme dirait un auteur qui connait ses classiques, et nous l’apprécions comme il se doit, même s’il faut mouiller par... 18 mètres de fond !
Comme l’usage veut qu’on utilise comme longueur de chaîne au moins trois fois la hauteur d’eau, on te laisse faire le calcul, lecteur matheux, mais comme tu vois, ça fait beaucoup de chaîne à mettre à la baille pour passer une nuit pépère...!
On s’acquitte de cette tâche, et, in petto, on chausse palmes, masques et tubas pour aller zyeuter ce qu’il y a sous notre coque. Et on n’est pas déçus, vu que les fonds sont d’une beauté et d’une richesse à couper le souffle.
Tous les plus jolis poissons tropicaux sont là, ainsi que les plus beaux coraux, les plus belles gorgones, et y’a même un énorme concombre de mer qui flemmarde au milieu d’un jardin corallien que la lumière du soleil couchant sublime à la perfection.
Bref, ce nouveau mouillage est parfait, et, à la réflexion, la journée était... parfaite !
Il n’est pas dit qu’on n’ait pas un p’tit pincement au coeur quand on va quitter les Vierges, nous...