113 - Au boulot !
4 avril 2013 - Nanny Cay - Tortola
Pour une fois lecteur, tu ne vas pas être jaloux, car notre journée est de celles que les tourdumondistes n’apprécient pas spécialement.
Et tu auras compris qu’avec le sens de la formule qui nous caractérise, c’est un euphémisme...
Les trois quarts des bateaux qui ont grignoté notre espace hier sont partis vers d’autres flots, et nous sommes à nouveau au calme, si l’on excepte quelques Amerlocks qui gueulent et picolent le cul dans l’eau (ça doit rafraîchir davantage)...
Branle bas de combat à bord de Kouunji, il faut éradiquer l’eau qui s’infiltre ! Sus à l’ennemie ! Le capitaine revêt à nouveau son costume de contorsionniste (un vieux caleçon dégueu bien moulant) et repart à l’arrière des moteurs, pour vérifier l’étanchéité des pompes d’eau de mer, revisser tout ce qui peut l’être, chasser les traces de graisse et d’humidité, et s’assurer qu’il n’y a plus d’entrée d’eau possible.
Après quoi il faut refaire l’étanchéité des joints de fond de cale, ainsi que celle de la main courante tribord.
Tout cela est accompli après trois heures d’efforts ininterrompus, tandis que le pimousse s’attelle de son côté au nettoyage en grand du bateau, ce qui n’est pas du luxe. Les séjours répétés du capitaine dans les cales ramènent leur lot de graisse, cambouis et autres résidus peu agréables, et le pimousse a renversé deux fois son cendrier dans le cockpit, ce qui a fini de tout salir.
Mais, à l’heure du repas, tout est réparé, tout est propre, et le pimousse nous a concocté une salade miracle, qui procure toutes les vitamines qu’il faut sans la moindre graisse superflue ! Mais... on ne te donnera pas la recette...! Et toc...!
Vers 15 heures, on hisse nos voiles immaculées, pour remonter à Tortola, où il semblerait que Nanny Cay constitue un abri plus que sympatoche. On traverse le Sir Francis Drake Channel à la vitesse de l’éclair (au chocolat, hein Gilles...?!), car le vent est de travers, et Kouunji flirte avec les 9 noeuds !
Ca pulse grave !
Une fois in situ (c’te maîtrise du latin, quand même...), nous constatons que de mouillage il n’y a point, et que, si nous voulons rester ici, ce sera au ponton, pour autant qu’on ait une place à nous offrir.
Enfin... offrir... c’est une façon de parler, puisqu’il y a effectivement une place, qui nous sera facturée 92 $, soit environ 60 €.
Ce n’est pas donné, mais on réalise au moment de poser pied à terre que le dernier port où nous avons fait relâche était... Las Palmas ! C’était il y a presque deux mois !
On fait donc une petite entorse à la sacro-sainte règle de l’autonomie absolue, à laquelle on déroge une seconde fois en remplissant nos réservoirs d’eau douce payante !
Le dessalinisateur remplit certes son office, mais il est tout de même moins performant que ne le prétend son fabricant-vendeur, ce qui ne manque pas de poser problème, bien que nous soyons ultra vigilants quant à notre consommation.
Merci Ray qui a bien éduqué le pimousse sur les problèmes de gaspillage !
Si c’était à refaire, nous opterions pour un dessalinisateur ayant une capacité de production supérieure. 100 litres à l’heure nous semble être un minimum en-deçà duquel il est illusoire de vouloir couvrir des besoins normaux.
Une petite balade à terre nous révèle une marina typique des Caraïbes, qui dispose d’un Wi-Fi gratuit, mais au prix où on te facture le ponton, on peut t’offrir internet ! Cela étant, on ne regrette pas de s’être offert ce “luxe”, car la nuit sera paisible, c’est certain.
Même quand on dégote un mouillage cinq étoiles, sans houle et à l’abri du zef, il subsiste toujours une petite appréhension : le vent va-t-il se lever ? La houle va-t-elle nous remuer ? Pendant la nuit, un bruit suspect nous fait forcément réagir, ce qui est d’ailleurs salutaire.
Parce que des marins dont l’ancre a dérapé et qui se sont retrouvés drossés sur les récifs, ça s’est déjà vu...
Alors ce soir, c’est la dolce vitta, parce qu’il ne peut rien nous arriver de fâcheux...
Ceci dit... il ne nous est rien arrivé de fâcheux depuis notre départ...? On ne se débrouille pas trop mal, finalement... Tant mieux !
Si on y réfléchit bien, le plus fâcheux aujourd’hui, c’est qu’on n’a guère de belles photos à basculer sur le blog. Tu ne nous en veux pas trop, hein, lecteur exigeant ?