120 - Frustration
11 avril 2013 - Oyster Pond - Saint Martin
On a passé une nuit très calme. C’est sûr, dans 1 mètre d’eau, il n’y a pas beaucoup de houle...
L’inconvénient, c’est que pour sortir de ce guêpier, il va falloir être imaginatif. Et surtout astucieux. Les données du problème sont les suivantes : nous sommes au milieu de hauts fonds, et le seul passage qui mène vers le large n’est pas assez profond pour nous permettre de sortir sans prendre le risque de s’échouer à nouveau.
Alors, keskonfé ?
Le capitaine, après le p’tit déj (Sylvie en a déjà pris deux en nous attendant, car elle est encore à l’heure métropolitaine !), chausse palmes, masque et tuba, et file avec Mini-Kouunji explorer les alentours.
Après une heure de plongée, le constat n’est pas brillant : nous sommes cernés par les hauts fonds (par les cons aussi, mais ça, c’est partout !), et il n’y a qu’une porte de sortie, c’est de l’autre côté de l’îlet Pinel.
Porte de sortie qui présente la caractéristique moyennement séduisante d’être logée entre deux barres de récifs qui, si les mecs du coin avaient été inspirés, auraient été baptisés Charybde et Scylla...!
Le passage fait 15 mètres de large, et Kouunji en fait 6,50... On sera aussi à l’aise pour passer que l’est un éléphant dans un sac de couchage...!
On lève l’ancre, et, après cinq mètres, on s’échoue à nouveau...
P... fais ch...!
Seulement, maintenant on a la technique. On s’affole pas, c’est simple : on coupe les gaz dès que ça talonne, on met UN SEUL moteur en marche arrière, du coup le bateau pivote sur lui-même et dès qu’il s’est décollé du fond, on repart.
On slalome en évitant les bandes claires, qui témoignent de fonds non herbeux et plus hauts, et, avec la prudence de la mangouste qui a envie de bouffer un cobra, on avance vers la sortie.
On serre les fesses, mais malgré une très forte houle contraire, on s’extrait de ce guêpier les doigts dans le nez, et crois nous lecteur, on n’est pas fâchés d’être sortis de là, surtout qu’au moment même où on levait l’ancre, un autre catamaran connaissait, au même endroit que nous hier, la même mésaventure !
Et puis les filles ont prié, alors, joins toi au capitaine, lecteur, pour les remercier chaleureusement : thank you les filles !
Le vent est de travers, donc on en profite pour hisser les voiles. C’est Sylvie qui est drôlement contente de naviguer grâce au vent ! Et nous aussi, tu parles ! On file à toute berzingue vers notre prochaine destination : Oyster Pond.
Il paraît que c’est beau, d’après ce que nous ont dit nos boat-potes, et qu’on y trouve tout ce qu’il faut pour le bien-être du tourdumondiste.
Toutefois, une fois de plus la prudence est de mise, car notre carte nous dit très expressément en caractères gras et majuscules (donc c’est sérieux !), qu’il ne faut pas tenter de pénétrer la baie d’Oyster Pond quand la météo est mauvaise.
En effet, une fois devant le mouillage en question, on constate que l’avertissement est justifié. Notre météo n’est pas parfaite, car la houle est grosse, mais on gère bien le truc, et on goûte enfin aux joies d’un mouillage paisible avec plus de 10 centimètres d’eau sous nos ailerons, ce qui, on ne te le cache pas, nous fait bien plaisir !
On aura sûrement du mal à te faire partager ça, car notre appareil photo a défunté...
Snif... il nous avait bien servi jusqu’alors... Paix à son âme !
Nous sommes frustrés, car cela fait plusieurs jours que nous n’avons pas trouvé de mouillage vraiment sympa, qui soit à la fois abrité et isolé, et où on puisse se baigner tranquillement, plonger et se détendre.
La côte au vent de Saint Martin n’est guère hospitalière, et elle est très nettement en retrait par rapport aux îles Vierges. Mais on garde le moral ! On va bien finir par retrouver un mouillage idyllique comme on aime !
En attendant notre départ pour Saint Barth' (demain), on va se taper un bon resto ce soir, ça nous fera du bien !
Comme dit le proverbe : charité bien ordonnée commence par son estomac !