121 - Fucking good !
12 avril 2013 - Île Fourchue - Saint Barthélémy
Alleluia mon frère, en vérité je te le dis, le miracle s’est accompli ! On a enfin retrouvé un super mouillage tip top joli bien sous tous rapports !
On a décidé de lever l’ancre tôt, pour profiter du jour, qui se pointe tous les matins à 5h30, avec la ponctualité d’un mécanisme d’horlogerie suisse.
Comme prévu, on met le cap sur Saint Barthélémy mais sur notre route se dresse l’Île Fourchue, ainsi dénommée parce qu’elle a la forme...?
Qui a dit : d’une fourche ?!
Bravo, lecteur pertinent, tu gagnes un Carambar et toute notre estime !
L’Île Fourchue, donc, se dresse sur notre route, pile poil entre Oyster Pond et Gustavia qui, comme chacun le sait (et si tu ne le sais pas on te l’apprend, puisque ce blog est aussi destiné à te faire faire des progrès en géo...) est la capitale de Saint Barthélémy.
Le dilemme est le suivant : on s’arrête maintenant, ou bien on trace direct à Gustavia et on fera une halte en repartant vers Saint Martin ?
Le capitaine, pragmatique - et qui a de surcroît très envie de se rafraîchir les nougats - opte pour la solution number ouane : on s’arrête maintenant, pour la simple et bonne raison que c’est sur notre route, alors qu’au retour, il faudra faire un détour.
Et puis ça fait deux jours qu’on ne s’est pas baignés, ça nous manque !
Après une navigation au près serré d’une heure et demi (avec l’appui des moteurs), au cours de laquelle on enseigne à Sylvie les rudiments du réglage des voiles, Kouunji pénètre (sans préliminaires, le goujat !) dans la réserve naturelle qui entoure l’Anse Fourchue.
Le décor est tout simplement magnifique. Des rochers escarpés plongent dans un bleu que nous n’avons encore jamais vu, un bleu profond, intense, et l’abri est parfait. De surcroît, l’endroit est quasi désert, bref, comme dit le titre de cet article, c’est... fucking good !
Tu sais, lecteur, qu’on ne choisit jamais nos titres au hasard...!
On est en train de s’accrocher à notre bouée, quand soudain, à l’arrière, le bruit d’un gros paquet volumineux qui tombe à l’eau attire l’attention du capitaine : diantre, sacrebleu, sapristi, saperlipopette, fichtre, on n’aurait pas perdu notre radeau de survie ?
Après quelques secondes, on voit passer une tête grise, cachée derrière un masque et un tuba : Sylvie était tellement pressée d’aller à l’eau qu’elle n’a même pas attendu que le bateau soit arrêté...! Sacrée satanée Sylvie !
Mais elle a diablement raison de se grouiller comme ça, notre passagère, parce que les fonds sont de toute beauté. L’eau est cristalline, et une fois de plus, c’est un enchantement, car - attention au paradoxe - même si c’est toujours pareil, ce n’est jamais pareil !
Le pimousse emboite le pas à Sylvie, et, au bout de quelques minutes, nous appelle : une tortue !
On rejoint le pimousse, et, effectivement, le spectacle grandiose en Technicolor, en Cinemascope, en 3D et en relief démarre. La tortue, placide, nage tranquillement, sans guère se soucier de ces trois énergumènes qui lui filent le train.
Le capitaine plonge pour s’approcher, et la tortue prend un peu le large, mais à peine. Méfiante, mais pas peureuse. On la laisse s’habituer à notre présence, et, après quelques minutes, on peut à nouveau plonger et s’approcher à un mètre d’elle sans qu’elle s’inquiète. Elle a compris : on est des gentils, nous !
Elle est magnifique, avec une carapace verte et jaune, une bonne bouille débonnaire, et on croit être dans un film de Cousteau lorsqu’elle croise un banc de poissons d’un bleu étincelant, au milieu du corail de feu d’un orange incroyable, et des gorgones pourpres et magenta...!
Phé-no-mé-nal !
Notre appareil photo ayant avalé son extrait de naissance, une plongée comme celle là, qu’on peut sans exagérer qualifier de féérique, nous fait sérieusement considérer l’utilité d’acheter un appareil étanche qui nous permettrait de partager avec toi, lecteur chéri, des moments pareils.
T’as vu comme on t’aime, hein ?!
De retour au bateau, c’est la glandouille assurée : apéro, bouffe, quasi-sieste, re-baignade, bref, c’est on ne peut plus cool. Evidemment, il fait encore 32°, le ciel est aussi bleu que la mer et les yeux du capitaine, et il y a de fortes chances pour qu’on passe la nuit ici.
En fin d’après-midi, on a les gambettes qui nous démangent, et on se dit qu’une balade à terre nous ferait du bien, autant pour l’exercice que pour la vue, car, du haut des collines de l’Île Fourchue, on subodore que le panorama doit être plus agréable à regarder que les points noirs au bout du pif de ta belle-mère !
On embarque sur l’incontournable Mini-Kouunji, qu’on hisse à notre arrivée sur une minuscule plage de sable noir, et en avant, on crapahute direct au sommet de l’île.
Notre modestie dut-elle en souffrir, il faut dire que nous avons vu juste, parce que, de là-haut, la vue est tout simplement grandiose. Face à nous, Saint Barth’, avec tous ses îlots, et le port de Gustavia où on devine de magnifiques bateaux ancrés. Derrière nous, Saint Martin, où nous étions encore ce matin. Enfin, sur notre droite (là on ne dit pas à tribord, puisqu’on n’est plus à bord, on est redevenus de vulgaires piétons...) Saba, Saint Eustache, Saint Kitts et Nevis, en enfilade, un extraordinaire chapelet d’îles qui s’étale à l’horizon, devant nos yeux ébahis par tant de beauté.
C’est tout simplement prodigieux. On reste au sommet de l’Île Fourchue jusqu’à ce que le soleil se couche, et crois nous lecteur, on a bien fait d’attendre, parce que si c’était beau en fin d’après midi, ça l’est encore plus (oui c’est possible, ne sois pas sceptique comme ça, lecteur...) au crépuscule.
Bref, on en a pris plein les mirettes, et on n’a jamais autant regretté le décès de notre appareil photo. Mais, comme on est dégourdis, on a bidouillé un truc et on a pu prendre et récupérer les photos avec l'iPad de Sylvie. Qu'est ce qu'on aurait fait sans elle ?!