124 - Arnaque aux moulins à vent
15 avril 2013 - Simpson Bay - Sint Maarten
On était bien contents, cette nuit, d’être solidement amarrés à une bouée, parce que le zef s’en est donné à coeur joie, et même s’il n’y avait pas de danger, c’est tout de même impressionnant de l’entendre siffler si fort.
Heureusement, l’Anse Colombier est un bon abri, et un excellent spot de plongée.
Située en plein coeur de la réserve naturelle, elle abrite pléthore de poissons différents, et ça nous a donc presque paru normal de voir une tortue flâner à côté du bateau pendant qu’on prenait le p’tit déj !
Pourvu qu’on ne soit jamais blasés d’un spectacle pareil... Seulement, on voit des tortues tous les jours, on nage avec, alors forcément, on finit par croire que tout ça, c’est ordinaire...!
Mais on garde les pieds sur terre (un comble pour des marins) et on n’oublie pas quelle chance extraordinaire on a.
On pouvait d’autant moins l’oublier qu’on a débuté notre journée par une plongée, et, une nouvelle fois, on en a pris plein les mirettes : poisson coffre, raies, poisson perroquet, balistes, gorgones, poissons anges, coraux, chirurgiens, poisson trompette, et même un tétrodon, tu sais, ce poisson tout rond qui ressemble à un Barbapapa, et qui, lorsqu’il se sent agressé, se gonfle comme un ballon et hérisse ses pics.
On l’a laissé tranquille, et on a encore vu des tas d’autres poissons jolis dont on ne connait pas les noms, mais ça ne nous a pas empêché d’apprécier leur beauté, et de partager avec eux la fantastique sérénité qui règne sous l’eau.
Le monde du silence porte bien son nom, et en plus ici, il est multicolore !
Ca nous a mis dans les meilleures dispositions possibles pour lever l’ancre et faire cap sur Sint Maarten, la partie hollandaise de Saint Martin, île hybride qu’on n’a pas pu chouraver à l’époque aux Bataves, et qu’on a été contraints de partager...
On sait que les mouillages ne seront pas exceptionnels, puisque nous irons mouiller à côté de l’aéroport, une baie après la capitale Philipsburg, mais qu’importe, il faut bien qu’on revienne petit à petit vers la civilisation.
Il faut refaire le plein de produits frais, racheter un appareil photo, effectuer de menues réparations sur Kouunji, alors quoi de mieux que d’accoster en partie hollandaise, de payer en dollars, et de gagner ainsi encore 30 % sur les prix français !
Et notre invitée se prend pour Tabarly...
On finit, après trois heures de navigation paisible, sous vent arrière hélas un peu trop faible, par atteindre Simpson Bay, et on dégote une bouée tout près du rivage. On est dans le bleu, les constructions ne sont pas hideuses, et, au bout du compte, l’endroit se révèle plaisant.
On finit, après trois heures de navigation paisible, sous vent arrière hélas un peu trop faible, par atteindre Simpson Bay, et on dégote une bouée tout près du rivage. On est dans le bleu, les constructions ne sont pas hideuses, et, au bout du compte, l’endroit se révèle plaisant.
Il est très calme, et un club de plongée y a élu domicile.
Le capitaine amène alors notre passagère unique et donc préférée s’inscrire, puisqu’elle lorgne le drapeau rouge barré d’une diagonale blanche (l’emblème international des plongeurs) avec des yeux ronds comme des soucoupes, en bavant comme un chien devant un os à moelle...!
On a du mal à croire qu’on est en Hollande, puisqu’il n’y a pas un seul moulin à vent, mais on finit par admettre cette idée quand on demande, à 14 heures, s’il n’y a pas un resto dans le coin.
Réponse d’un local qui regarde le capitaine avec des yeux complètement éberlués : à cette heure là, tout est fermé, mais les restos ouvrent... à 17 heures !
Y’a pas à dire, les us et coutumes varient sensiblement d’un pays à l’autre...!
On se contente d’un repas express à bord, après quoi on décompresse, parce que notre rythme trépidant et la chaleur nous font ressembler à des caramels mous, et on a autant d’énergie que le petit lapin rose joueur de tambour de Duracell lorsque ses piles sont à plat...!
Puis, en fin de journée, on repart à l’assaut des côtes de Sint Maarten, et des commerces attenants. On trouve un gigantesque supermarché dont les rayons sont bien garnis, et à des prix très corrects. Demain, on sait où on va aller faire nos courses !
Pour dîner, on retrouve les amis de Sylvie, Nicolas (dit Nico !) et Laurianne (dite Lolo !), avec leur bout d’chou, Luna, un bébé tout simplement a-do-ra-ble, et on casse une p’tite graine ensemble. Plus sympa tu meurs !
Lolo est une baroudeuse, qui a - notamment - traversé l’Amérique centrale avec son sac à dos et sa bonne humeur constante, et Nico n’est pas en reste puisqu’il joue au globe-trotter depuis qu’il est majeur !
Allez, il faut vite rentrer au bateau, car demain, on doit se lever tôt ! Et puis, on a beau être en partie hollandaise, on n’a pas vu un seul moulin à vent ! Quelle arnaque !