130 - Un peu, mais pas trop
21 avril 2013 - Fort Louis - Saint Martin - Antigua
Nous avions planifié notre départ vers Antigua, mais la météo nous a rappelé, avec son mauvais caractère coutumier, qu’il était vain de prévoir quoi que ce soit, tout simplement parce que c’est elle qui décide...
Le mouillage était on ne peut plus calme, mais au réveil, l’alizé d’hier, survitaminé, prouve qu’il a encore de beaux restes. Bref, c’est pas la peine de se presser pour prendre la mer...
Cela étant, les prévisions météo prévoient un répit en début d’après midi. Alors on fait comme si on allait partir en début d’après midi.
Randonnée pédestre jusqu’au Fort Louis, dont les vestiges surplombent Marigot, et d’où nous avons une vue imprenable sur la géographie du coin. Vise un peu ça, lecteur !
La cagne nous ayant mis le grappin dessus, on s’attable à un resto d’où on peut Skyper, puis on file à la laverie, et pendant que le pimousse vaque à cette noble occupation qui consiste à gérer le linge du bord, le capitaine, lui, gère le carburant.
Ce qui le contraint à transvaser, des jerricans de secours vers nos réservoirs, tout le gasoil qu’on a embarqué, car, nouvel impondérable, on ne va pas pouvoir s’amarrer au ponton de la station pour faire le plein, puisqu’un méga bateau à moteur nous y a précédé, et ses réservoirs refoulent...
Ce qui signifie que ce gland va passer plus de trois heures (montre en main) à essayer de faire le plein, tout en squattant l’unique place de la station essence jusqu’à sa fermeture !
Parfois, tout se ligue contre toi, comme si une divinité en manque de reconnaissance s’intéressait à toi en t’envoyant des signes pour te dire : “ne pars pas tout de suite !”
Surtout que le litre de gasoil, en territoire détaxé, est aussi cher qu’en France...
Le pimousse, qui a toujours une petite appréhension avant d’attaquer une traversée, en profite alors pour essayer de convaincre le capitaine de retarder notre départ...! En vain, car si on en croit la météo, le vent sera assez bien orienté jusqu’à demain pour faire une route au près serré, ensuite de quoi ce sera un remake de la traversée des Vierges vers Saint Martin, avec l’alizé en pleine poire...!
Le capitaine tient bon, et impose le départ, qui s’effectue en fin d’après midi.
Ah, lecteur chéri, si tu savais comme il a eu raison, le capitaine...!!
On lève les voiles à 17 heures, et, tout le temps que nous longeons les côtes Saint Martinoises, la mer est très calme et le vent portant. Une vraie bénédiction !
Après avoir laissé Philipsburg sur bâbord, on fait route directe vers Antigua, dans une mer qui va avoir la très mauvaise idée de se creuser petit à petit, mais qu’importe : on va s’épargner la corvée d’avoir à tirer des bords, car, sur la route directe, nous sommes au près serré, mais avec un alizé musclé, ce qui fait que notre vitesse de croisière sera, pendant les douze heures suivantes, de plus de 7 noeuds !
Quand la météo est fidèle aux prévisions, et qu’elle entérine des plans audacieux, c’est le pied !