138 - Quand ça cogne, ça cogne !
29 avril 2013 - Morris Bay - Jolly Harbour - Antigua
Bon, lecteur, tu nous excuses, mais on va encore te montrer du bleu...
Tu vas dire que ça devient répétitif, et tu n’auras pas tout à fait tort, mais que veux tu...? La mer est bleue depuis la nuit des temps, et ce n’est pas demain la veille que ça va changer !
En tous cas, pas à Antigua !
Il fait une journée absolument somptueuse, et nous tenons, pour le troisième jour d’affilée, nos résolutions : à peine debout, on va nager ! Et cette fois-ci, on ne fait pas semblant, car Kouunji est loin de la plage. En effet, le mouillage de Morris Bay a cette particularité d’avoir seulement deux mètres de profondeur sur une superficie égale à celle de 42 stades de foot (on a mesuré !).
Alors, quand tu arrives du large, et que tu vois “2,00” s’afficher sur le sondeur, tu ne fais pas le mariolle, et tu ne t’approches plus du bord, parce que deux mètres de fond, ça veut dire qu’il y a seulement 80 centimètres d’eau sous ta coque chérie-que-t’as-pas-envie-de-la-fracasser...
Et 80 centimètres, c’est pas beaucoup, ce d’autant que, de temps à autre, le sondeur, pendant que tu jettes l’ancre, affiche “1,60” ce qui signifie que le fond n’est pas rigoureusement plat, et que tu n’es pas à l’abri d’un échouage...
Nonobstant la distance qui nous sépare de la plage (au moins 500 mètres), on y va quand même, d’abord parce qu’on n’a même pas peur, et ensuite parce qu’il faut bien faire un peu de sport pour garder la forme et sculpter nos formes...!
Ca nous fait du bien, et le breakfast d’après natation nous en fait encore plus ! Après l’effort, le réconfort !
Puis vient l’heure de notre balade à terre, et on doit avouer que Jolly Harbour a un charme fou : les maisons sont jolies, les gens sont cools, souriants, c’est vraiment plaisant, l’ambiance est décontractée, et le pimousse fait le guignol !
Comme toujours, t’as les photos pour te faire ton idée ! On voudrait pas t’imposer les nôtres, tu nous taxerais de despotisme !
En plus, le capitaine, avec son collier aux couleurs rasta, attire tous les gars à dreadlocks de l’île, et après un échange de bonnes conneries en english, tu peux être sûr que le black à la chevelure bobmarleyenne lui propose soit de la jamaïcaine, soit de la locale, mais, quelle que soit son origine, de la bonne “ganja” qui fait planer grave...!
Ah les cons ! Proposer de l’herbe au capitaine qui n’a jamais fumé un pétard de sa vie...! Evidemment, les gars ne savent pas que le capitaine ne boit pas, ne fume pas (à part un p’tit cigare très rarement), bref, qu’il n’a que des vices inavouables qu’on ne peut évidemment mentionner sur ce blog au risque d’être censurés...!
Ca nous donne l’occasion de nous poiler un peu avec les blacks, et tout ça reste bon enfant. Il faut dire qu’ici, comme à Saint Martin, les odeurs de substances illicites flottent sur la plage en permanence... C’est un peu comme chez nous avec le pinard !
On bouffe sur la plage, light et pas cher, ce qui nous donne l’occase de prendre ces clichés ahurissants de roches volcaniques pénétrant le bleu azuréen des flots de la mer des Caraïbes, que franchement, si t’es pas ému devant tant de beauté, il faut te faire interner d’urgence dans un établissement spécialisé dans les soins contre l’insensibilité paysagesque...!
Puis, on savoure la puissance et le confort de Mini-Kouunji, avec laquelle on va faire nos emplettes, au supermarket d’abord, puis chez le shipchandler ensuite, car figure toi qu’il nous est arrivé une tuile entre Saint Martin et Antigua.
On ne sait pas pourquoi ni comment, mais la drisse de grand voile traînait dans l’eau et a manqué de s’entortiller autour de l’hélice du moteur tribord. On l’a échappé belle, mais hélas, après avoir vérifié (car le capitaine surveille tout à bord, c’est son boulot, tout de même...), on s’est rendu compte que la drisse était presque sectionnée...!
Scrogneteudjeu...! Impossible désormais de hisser la grand voile ! Kouunji se retrouve boiteux !
Il faut dire que, lorsque qu’un cordage se frotte à une hélice de moteur en marche, c’est rarement le cordage qui prend le dessus...! C’est un peu comme à papier-ciseaux-caillou !
On est donc mûrs pour changer la drisse de grand voile, par celle toute neuve qu’on a acheté ici à un prix défiant toute concurrence...
Ouf !
On se grouille de rentrer au bateau, parce qu’il fait tellement chaud qu’on a l’impression d’être deux oeufs dans une poêle brûlante, et on commence à frire !
Ah lecteur, si tu savais comme c’est bon de se baquer dans cette eau chaude, avec personne autour de nous !
Enfin, personne...
On a fait des émules depuis hier, puisque nous sommes désormais 4 bateaux au mouillage dans Morris Bay, mais dans la mesure où - si tu as bien suivi - ledit mouillage a la taille de 42 stades de foot, on ne se sent pas trop à l’étroit, puisque ça nous laisse chacun 10 stades et demi...!
Ce qui néanmoins ne nous empêchera pas de filer vers d’autres cieux demain !