146 - La forêt d'émeraude
7 mai 2013 - Chutes du Carbet - Cascade aux Ecrevisses - Guadeloupe
Notre réveil avait quelque chose de militaire. A 5 heures pétantes, on était debout, et une heure après, ayant traversé Pointe à Pitre qui était d’un calme monacal inhabituel, nous étions dans la salle d’attente du médecin "des profondeurs" : le gynéco !
Y’a pas à dire, mais se plier aux us et coutumes locaux, ça a du bon : une heure et demi plus tard, on était affranchis de cette obligation. Direction le laboratoire d’analyses, à Jarry, qu’on se grouille de rallier tant qu’il n’y a pas de bouchon, non sans faire un petit passage devant l’ancien cabinet du capitaine, avec une pensée toute émue pour Papa Dom !
A 9 heures, tout est expédié, et on a la journée pour nous ! Quelle organisation ! A croire qu’on a du sang allemand dans les veines ! Achtung !
On file vers Basse Terre, et pour cela on emprunte l’allée Dumanoir, plantée par les anciens propriétaires de la parcelle... Quand tu vois à quoi ressemble la “modeste” allée qui menait au domaine, ça te donne une idée de la baraque où créchaient ces gus...!
Puis on oblique vers le centre de Basse Terre, pour aller aux Chutes du Carbet. Il y en a trois, mais on se contentera de la plus proche, car les deux autres sont à plusieurs heures de marche, et il nous serait bien difficile d’y aller avec cette chaleur, et la moiteur qui règne sous les frondaisons.
La végétation, luxuriante, est impressionnante. Les amoureux ont gravé leur nom sur des bambous gros comme des bouleaux, les fougères arborescentes culminent à plusieurs mètres de haut, d’innombrables oiseaux inconnus chantent et meublent ainsi le silence - presque oppressant - qui enveloppe cet écrin vert. On est bien dans la forêt d’émeraude !
Une petite heure de marche nous conduit à... ça ! Pas la peine de te faire un long discours, puisque tu vas en prendre plein les yeux ! Alors regarde, et savoure !
Et ne dis pas qu'on est beaux et sexy, tu vas nous faire rougir...!
C’est également l’occasion d’admirer certaines des plus belles fleurs antillaises, dont, avec la gentillesse et la générosité qui nous caractérisent, nous te livrons ci-après un petit échantillon !
On poursuit notre route pour s’arrêter dans un minuscule resto, si minuscule qu’on pourrait même dire qu’il est microscopique, mais qui a le double avantage de servir de la bouffe de premier choix (ce poulet coco, hum...) et de jouir d’une vue imprenable sur le canal des Saintes et lesdites îles, que tu aperçois, tout là-bas, au loin...
Une fois revitaminés, on repart vers la préfecture, qui n’est pas Pointe à Pitre, mais Basse Terre (il faut suivre un peu...!) et - on espère que tu nous pardonneras ce parti pris - il n’y aura sur ce blog aucun cliché de la ville en question, pas plus qu'il n'y en a de Pointe à Pitre, car il faut bien avouer que ces villes n’ont guère d’intérêt.
Ce qui est un euphémisme pour dire qu’elles sont tout de même très moches ! Et sales !
Le ciel bien dégagé nous permet d’apercevoir, ce qui est rare, le sommet de La Soufrière, le volcan endormi.
On longe la côte sous le vent, ce qui nous donne l’occasion de retrouver Malendure, que nous avions quittée il y a deux jours, après avoir déploré - comme pour le reste de la Guadeloupe - que le tourisme l’ait vampirisée.
Si tu ne nous crois pas, regarde à quoi ressemble aujourd’hui une plage qui, jadis, était quasi déserte, et devant laquelle mouillait seulement quelques bateaux. Les grosses boîtes bleues, sur le sable, ce sont... des gogues ! Beurk...!
On poursuit notre périple, pour bifurquer à tribord... euh... non... là on est à terre... pardon... pour bifurquer à... droite (!), sur la Route de la Traversée, qui coupe Basse Terre en deux et nous ramène directement à Pointe à Pitre.
C’est l’occasion, en passant par le col des Deux Mamelles, de contempler à nouveau cette végétation exceptionnellement dense, verte, exubérante qui domine les hauteurs de l’île. Non mais t’as vu ces fougères ? On dirait de la dentelle...!
Notre circuit du jour ne serait pas complet si nous ne faisions pas une halte à la Cascade aux Ecrevisses, petit coin charmant et mignon tout plein, si on occulte la nuée de touristes en short (dont nous faisons partie !) qui squattent les rochers alentour.
Mais on sacrifie notre désir de solitude sur l’autel de ta curiosité (ouah, la formule...), pour t’offrir ces clichés qui, on l’espère, raviront tes yeux insatiables, lecteur infatigable !
Notre retour à la marina, où nous retrouvons Mini-Kouunji à sa place (ouf...) est l’occasion de contempler un joli coucher de soleil, qu’une fois encore, on partage avec toi, afin que, de l’aube jusqu’au crépuscule, tu nous accompagnes dans nos explorations tropicales.
On n’est pas gentils ?! Hein... franchement...?!?!
Ah oui... On ne pouvait pas passer sous silence le fait que notre ami de toujours, l’inénarrable José, est devenu grand père hier pour la première fois de son existence (oh le coup de vieux que tu prends, là...), puisque Eléa (quel joli prénom) est venue au monde le 6 mai 2013 !
Eléa, future star ? Elle a un jour, on parle déjà d’elle sur internet !
Alors Eléa, on te souhaite la bienvenue, ainsi qu’une vie longue, heureuse et pleine de voyages !