151 - De l'art de ne rien faire
12 mai 2013 - Pain de Sucre - Les Saintes - Guadeloupe
Rien faire, ce n’est pas si simple. Et le faire bien, ça l’est encore moins.
Mais nous, maintenant, on commence à avoir de l’expérience (presque 5 mois qu’on est partis !), et par conséquent - en toute modestie - on devient assez fortiches à ce petit jeu.
C’est peut être aussi l’influence des îles...
Quoi qu’il en soit, après un solide petit déjeuner (que c’est bon les crêpes au Nutella avec de la chantilly...!), on file direct à l’eau, car la luminosité a l’air propice à l’observation des fonds, qui, de ce côté, sont plutôt sympas.
Le capitaine mitraille tout ce qu’il voit, car, en matière de photo sous-marine, il y a du déchet. En gros, on garde une photo sur dix !
D’abord, il faut une bonne luminosité, ce qui est capital car sous l’eau, les contrastes sont tellement atténués que si l’objet de ton cliché n’est pas bien éclairé, tu ne photographies que des ombres...
Ensuite, il faut approcher la poiscaille, qui, évidemment, ne se laisse pas faire ! A force de ruser, tu finis par savoir comment faire, mais ça te contraint à rester sous l’eau beaucoup plus longtemps que tes poumons ne le veulent, de sorte qu’il faut arriver à négocier avec eux pour
qu’ils conservent de quoi te permettre de survivre le temps de remonter à la surface !
Faire une syncope dans trois mètres d’eau, à dix mètres de ton bateau, c’est un peu couillon...!
Enfin, il faut du bol, parce que parfois, tu as le cliché parfait qui se profile, t’as repéré un poisson joli tout plein, que quand tu le vois tu te dis “oh-purée-comme-ils-vont-baver-les-autres-quand-ils-vont-voir-ça”, tu t’approches, tu cadres, la lumière est nickel, et au moment de presser le déclencheur... bam !
Une petite onde te fait bouger de 2,4 cm, juste de quoi n’avoir que la nageoire caudale du bestiau en photo, ou alors, c’est une minuscule méduse qui vient te frôler, et te foutre la trouille de ta vie, vu que t’as l’impression, pendant un dixième de seconde, d’être électrocuté !
A force de patience et de persévérance, et avec un brin de chance, tu finis tout de même par faire des clichés corrects, qui ne valent pas les documentaires de Cousteau qu’on regardait le dimanche après midi quand on était minots et qu’il faisait pas beau, mais qui suffisent amplement à illustrer ce blog, qui n’a aucune autre prétention que de te changer les idées et de constituer un bel album de souvenirs.
Pour le coup, avoue que c’est pas mal, non ?
Tu verras donc pèle-mêle des poissons perroquet, des poissons coffre, des demoiselles, des spirographes, et tout un tas d’autres poissons jolis dont on ne connait pas les noms, parce qu’on ne peut pas tout savoir, mais ça ne nous empêchera pas de retourner les voir dans quelques minutes, quand on aura fini notre sieste...!
En fait de sieste, le capitaine s’est attelé à de menues réparations, mais qui sont importantes.
D’abord, nettoyer les fonds de la cabine tribord, puisque nous avons de mauvaises odeurs persistantes lorsque le bateau est chahuté, mais ça s’atténue avec le temps, il fallait juste désinfecter encore une fois dans les recoins les plus inaccessibles.
Ensuite, réparer la pompe de douche de notre salle d’eau, dont le flotteur a trépassé, après plusieurs années de bons et loyaux services : paix à son âme ! On installe son remplaçant, qui n’est autre que le flotteur de l’ancienne pompe de cale que nous avions changée à Alicante, comme quoi il faut tout garder à bord du bateau, on ne sait jamais, ça peut servir : la preuve !
Une fois expédiées ces nobles tâches grandement nécessaires à notre bien être et notre confort, on repart plonger, ce qui est également grandement nécessaire à notre bien-être et notre confort !
On voit à nouveau des poissons jolis tout plein, et il faut te dire, lecteur, que si nous parvenons à nouveau à faire quelques clichés de qualité, c’est grâce à l’oeil de lynx du pimousse, qui voit tout sous l’eau mieux qu’un poisson !
A ton tour d'ouvrir grand tes mirettes, et de déceler sur nos clichés des poissons qui sont passés maîtres dans l'art du camouflage !
Admire donc ces limandes, qui se confondent parfaitement avec les rochers sur lesquels elles sont posées, cette demoiselle qui a l’air de faire la tête parce qu’on la prend en photo, et tous ces poissons et coraux si beaux qu’on se croirait dans un aquarium...!
Et les langoustes, ça ne te met pas en appétit ? Certes, on ne les voit pas bien, mais c’est parce que, quand elles ont vu arriver le capitaine, elles se sont planquées tant qu’elles ont pu : elles ne voulaient pas se faire bouffer !
Bon, allez, demain, on part en Dominique (pas chez Dominique, qui se trouve à Tahiti, car ça c’est pour plus tard, hein Papa Dom...?!), il y a encore des trucs super intéressants au programme, mais on ne t’en dit pas plus...
Déjà que t’es curieux...!