150 - Réconciliation
11 mai 2013 - Pain de Sucre - Les Saintes - Guadeloupe
Au risque d’enfoncer les portes ouvertes, et d’asséner des évidences à la lecture desquelles tu ne manqueras pas de considérer que nous sommes des benêts, on a redécouvert aujourd’hui que se prélasser aux Antilles ne peut véritablement se faire qu’à une condition : avoir le rythme antillais !
On ne te parle pas d’un mouvement chaloupé du bassin, sensuel et évocateur, quand tu danses le zouk ou la biguine, mais du rythme auquel tu vis tes journées.
D’abord, tu te lèves avec le soleil. C’est bien, parce que de cinq heures à sept heures du mat’, il fait un peu frais. On a bien dit “un peu”... Mais le soleil ne t’accable pas encore de toute sa puissance, ce qui te permet de vaquer à quelques occupations, parmi lesquelles la marche figure en bonne position, parce que plus tard, mettre un pied devant l’autre sous un soleil de plomb - voire même d’acier inoxydable - va relever de l’exploit olympique !
Dont acte. On a marché, à la fraîche... avec les chèvres...!
Ensuite, dès que “monseigneur l’astre solaire”, comme disait Brassens, donne toute la mesure de son potentiel - et Dieu sait qu’il en a ! - il n’y a qu’une seule chose sensée à faire : rien !
Tu te mets à l’ombre, dans un courant d’air, dans l’eau, sur une terrasse ombragée, n’importe où sauf sous les rayons de la grosse ampoule qui nous éclaire chaque jour, et tu attends tranquillement que lesdits rayons aient cessé de balancer de l’ultra-violet surpuissant, qui transformerait en un clin d’oeil en pop corn n’importe quel grain de maïs qui se hasarderait dehors par un temps pareil...!
Dont acte. On s’est attablés, au resto...
Mais le fait d’attendre ainsi - si salvateur soit-il - a un inconvénient majeur : c’est que le frais ne revient qu’en toute fin d’après midi, vers 18 heures, et encore, à la condition que l’alizé y mette un peu du sien et te caresse doucement pour t’annoncer que les 13 heures de cuisson sont terminées...!
Alors, tu peux te hasarder au dehors, risquer la nudité sans faire courir de risque de cancer à ta peau qui était si douce quand tu étais bébé, et profiter de l’heure de jour qu’il reste, parce qu’ensuite, la nuit reprend ses droits, et comme elle est belliqueuse et procédurière, crois nous, ses droits, elle n’y renonce pas !
Dont acte. On a fait une petite plongée dans l’Anse de Bois Joli, au pied du Pain de Sucre, vers lequel nous avons émigré en cours de journée, parce qu’en mer, il fait un peu plus frais qu’à terre. Et puis il n’y avait que 20 minutes de navigation...!
Bref, tu l’auras compris, si tu ne te plies pas au rythme que la Nature t’impose, tu ne fais pas de vieux os...! Et comme nous on veut vivre vieux...
Nous nous sommes réconciliés avec notre environnement, qui, il faut bien le reconnaître, est redevenu un peu plus sauvage, un peu plus paisible, et les eaux y ont mis un peu du leur puisqu’elles sont claires, et plus tentantes.
Les photos en témoignent, non ?