Un catamaran autour du monde

17 May

154 - Very bad trip

Publié par Le capitaine et le pimousse

15 mai 2013 - Roseau - Dominique

Cette journée là, lecteur, décroche allègrement sa place sur le podium.

Le podium des journées les plus merdiques qu’on a connues depuis notre arrivée de l’autre côté de l’Atlantique, aux Antilles, aux Caraïbes, choisis l’appellation que tu préfères, on n’est pas sectaires, on n’a pour notre part aucune préférence.

Comme d’habitude, on t’explique ce qui justifie ce titre évocateur et cette introduction qui t’annonce la couleur franco de port !

Au réveil, il fait un temps de chiotte, il pleut des hallebardes, et l’idée de découvrir la Dominique sous des trombes d’eau n’est pas de celles qui nous réjouissent le plus.

Néanmoins, comme nous avons donné rendez vous à Randolph, notre-guide-personnel-que-c’est-rien-que-le-nôtre-à-nous, on ne va pas lui faire faux bond, ce serait discourtois, et malhonnête, car le gus a l’air tellement fauché que les dollars promis pour l’excursion du jour sont une bénédiction pour son portefeuille qui doit être aussi mince qu’un papier à cigarette !

On embarque donc sur Mini-Kouunji, qu’on déleste préalablement des 250 litres d’eau qui l’ont transformée en baignoire, et on file au point de rendez-vous, sous une pluie d’enfer qui ne cesse pas.

Là, un mec essaye de nous la faire à l’envers, en nous expliquant qu’IL NE FAUT PAS verrouiller notre annexe, car il s’occupe de la sécurité et qu’il peut avoir besoin de la déplacer... Celui-là, il nous prend pour des enfants de choeur...!

Le capitaine lui répond d’abord avec diplomatie puis fermeté qu’il n’en est pas question, et ça coince un peu, car le mec appelle un sbire à la rescousse, qui nous sert le même discours, comme de bien entendu...

Le pimousse arrondit les angles, et pour que les deux arnaqueurs qui veulent récupérer une annexe gratos nous foutent la paix, leur explique qu’on avisera une fois que Randolph sera là.

Seulement, ça ne risque pas d’arriver, parce que notre guide, lui, a eu moins de scrupules que nous à ne pas honorer son engagement...! L’enfoiré ! Dire que maintenant on est trempés comme des soupes alors que ce guignol est sûrement encore au fond de son lit...! Le problème de l’amarrage de Mini-Kouunji est réglé ipso facto, et nous retournons sur notre fier navire se mettre un peu à l’abri.

154 - Very bad trip
154 - Very bad trip

La question rituelle se pose à nouveau : keskonfé ?

Rester sur place n’a aucun intérêt, mais partir avec cette météo n’est guère enthousiasmant. On laisse passer le gros de la pluie, et, deux heures plus tard, on lève l’ancre.

S’ensuivent trois heures de navigation mi-figue mi-raisin, au cours desquelles le vent souffle tantôt à 30 noeuds, tantôt s’esbigne, tourne dans tous les sens et finit par disparaître quand notre destination apparaît...!

Nous avons mis le cap sur Roseau, la capitale, qui a le double avantage de présenter - selon notre carte - un mouillage paisible, et le bureau des douanes où il nous faut impérativement faire nos formalités de sortie, après avoir fait celles d’entrée hier...!

Quand on te disait qu’on ne ferait pas de vieux os ici !

Seulement, les abords de la côte sont tout pourris, sales, et on n’a franchement pas envie de mouiller dans les parages, et le voudrait on qu’on ne peut pas, c’est trop profond.

154 - Very bad trip

On finit par dégoter des bouées et le mec qui va systématiquement avec, lequel essaye de nous extorquer quatre sous. C’est de bonne guerre... Il repart avec deux bières ! On s’en fout, on ne les boit pas de toute façon !

Le capitaine file aux douanes, dont les bureaux sont bien cachés dans un complexe miteux, pour s’entendre dire que les formalités d’entrée ayant été faites à Portsmouth, les formalités de sortie doivent être faites à... Portsmouth !

Scrogneutedjeu...!

Mais, tu connais le capitaine, lecteur ? Rusé comme un renard et avec une langue agile comme celle d’un caméléon, il raconte aux douaniers - in english, please ! - une histoire à dormir debout qui porte ses fruits, puisqu’au final, après un examen attentif des papiers, les deux sbires qui sont aussi sympathiques que la peste et le choléra donnent le coup de tampon qui va bien et qui nous libère des eaux Dominicaises ! Ouf...

A ceux qui oseraient nous reprendre, on ne s’est pas gourré en écrivant “les eaux Dominicaises”, à ne pas confondre avec les eaux Dominicaines, celles qui baignent la République Dominicaine, qui est beaucoup plus au Nord, qui se partage l’une des plus grande îles de l’archipel avec Haïti, et qui n’a rien à voir avec la Dominique...!

Le cours de géo est gratuit dans ce blog, tu le sais, lecteur !

Nous voilà donc libres de filer sous des cieux plus hospitaliers. Mais il est tard et partir maintenant pour la Martinique nous ferait inévitablement arriver de nuit, et de surcroît, il n’y a plus de vent.

Un examen attentif de notre carte et un coup de périscope alentour nous montre qu’un mouillage convenable se situe un peu plus loin devant nos étraves, et nous décidons de les y porter, en remettant à demain notre traversée du canal de la Martinique.

154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip
154 - Very bad trip

Finalement, même si ça n’a rien d’exceptionnel, nous sommes sur une bouée, au calme, et tout ça pour 10 $...!

Pluie, décors pourris, mauvaises odeurs persistantes tout le long de la côte sous le vent (mais pourquoi ?), douanes antipathiques (pléonasme ?), formalités inutiles, recherche vaine d’un endroit sympa, bref, une journée à oublier.

Pourtant, on est presque sûrs que, voyant les photos de notre mouillage, tu as pensé : “ils sont difficiles, quand même, c’est plutôt chouette...”

Ben... non ! Et puis on assume : on est difficiles ! C’est à dire aussi qu’on sait que les Caraïbes réservent mieux, beaucoup mieux...! Et crois nous lecteur, il nous tarde d’y être !

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R
Enfin les photos sont là ! Super les mômes, c'est pour un film ?
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R
Pas de photos, elles ne sont toujours pas parvenues ! Curieuse journée en vérité, elle ne laissera pas de souvenir inoubliable ! Trop de misère dans cette île ! Le comportement des autochtones s’explique....
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