Un catamaran autour du monde

26 May

163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !

Publié par Le capitaine et le pimousse

24 mai 2013 - Port Elizabeth - Bequia

Hier, d’une façon quasi prophétique, nous écrivions dans ce blog qui va finir par devenir aussi populaire que Danièle Gilbert à l’époque de sa grandeur : “les mouillages (...) sont très aléatoires, puisque le problème est partout le même : les fonds sont très importants, et à quelques mètres du rivage, il y a souvent 20 à 30 mètres de profondeur. On ne peut donc pas jeter l’ancre dans ces endroits-là, car s’il y a une bascule de vent, on est certains de finir sur les rochers...!”

Le soir venu, après avoir mouillé devant Kingstown, l’ami José, qui s’est levé à 5h30, ne fait pas de vieux os et file au plumard à 21h30.

C’est sûrement ce qui nous a sauvés...

De notre côté, on traînasse, on bouquine, et le capitaine, après une dernière tournée d’inspection du bateau à minuit pile, se laisse glisser tranquillement dans les bras de Morphée.

Pourquoi ne le ferait-il pas, hein ? Nous sommes ancrés depuis 19 heures, nous n’avons pas bougé d’un iota, il n’y a ni houle ni vent, alors pourquoi s’inquiéter puisque toutes les conditions sont réunies pour que notre nuit se déroule paisiblement ?

Mais, à 0h35, le capitaine est réveillé en sursaut. Par quoi, il ne le saura jamais exactement... Sans doute les cris de José, qui lui, doté d’un sixième, et même d’un septième et d’un huitième sens, est debout, et gueule tant qu’il peut : “On dérape ! On dérape !”

Une seconde et quatre dixièmes plus tard, le capitaine est dans le cockpit, pour constater que le bateau a en effet bougé d’au-moins 300 mètres, qu’il dérive lentement mais sûrement, et qu’il se trouve à ce moment précis à 12 centimètres (ce n’est pas un effet de style, mais l’exacte vérité !) d’un rafiot tout pourri en ferraille avec lequel nous avions initialement pris nos distances.

Il tend les bras, ainsi que l’ami José, et repousse de toutes ses forces Kouunji, qui frôle la vieille carcasse rouillée de 2,5 centimètres...! Ouf...! On retrouvera après coup des morceaux de ferraille du vieux rafiot sur le pont.

Une fois ce danger paré, un nouvel écueil se dresse : Kouunji se dirige maintenant vers les rochers qui sont au fond de la baie !

Re-branle bas de combat, pendant que José essaye de dépatouiller ce qui s’est passé avec l’ancre, le capitaine se rue à l’intérieur, récupère les clés des moteurs, et prie avec une ferveur inouïe afin que Yanmar & Yanmar ne nous fassent pas une entourloupe maintenant.

Ah putain non, c’est pas le moment...!

Mais les deux jumeaux répondent présent, et c’est avec un soulagement que tu ne peux même pas concevoir que nous reprenons le contrôle de la situation.

Le capitaine embrasserait volontiers José sur la bouche, pour le remercier d’avoir eu cet instinct inexplicable qui a tout simplement sauvé Kouunji d’un naufrage quasi certain, mais la pudeur de notre invité, doublée d’une hétérosexualité absolue empêche le capitaine de lui témoigner sa gratitude et sa reconnaissance de cette façon.

Qu’importe, on prend conscience à ce moment là qu’on l’a échappé belle, et qu’on peut louer le Seigneur, José et tout ce qui l’empêche de dormir plus profondément qu’il ait eu cet instinct salvateur.

Ouf !

Du coup, la montée d’adrénaline aidant, on met les voiles, puisque le vent souffle à 20 noeuds, et on trace direct à Bequia, qui n’est qu’à 6 milles nautiques. Une grosse heure suffit pour nous amener à Port Elizabeth, un mouillage parfait puisqu’il est doté... de bouées !

Autant te dire qu’on en prend une, et qu’on file direct pioncer, parce qu’on est vidés ! Les émotions, ça use !

163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !

Au matin, ballade à terre, et on analyse le pourquoi du comment.

En fait, nous avions mouillé sur un fond accidenté, et notre ancre a du se poser près d’un tombant, de sorte que, celle-ci ayant à peine bougé, elle s’est retrouvée happée vers le fond, et notre ligne de mouillage trop courte pour jouer son rôle d’amortisseur, alors que dans le même temps, la houle s’était un peu creusée.

Une chance absolument inouïe nous a permis d’éviter le premier bateau qui mouillait près de nous, un gros chalutier contre lequel Kouunji aurait souffert en cas de collision. La même chance nous a également permis d’éviter le deuxième bateau, que nous aurions toutefois percuté si notre ange gardien ne s’était pas réveillé.

Port Elizabeth a un charme fou, on y traine un peu, et dans l’après midi, on décide d’aller se mettre un peu à l’écart de la multitude des bateaux, en allant mouiller à Friendship Bay.

163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !
163 - Cata... maran ? Non ! Cata... strophe !

Une heure au moteur nous y conduit, mais on constate qu’hélas, ce mouillage n’a aucun intérêt, et qu’il est au surplus exposé à la houle. On revient sur nos pas, et on jette notre ancre devant Princess Margaret Beach, c’est à dire, tu l’auras compris lecteur anglophone et même non anglophone, la plage de la Princesse Margaret.

On glande, on se baigne, et c’est finalement ce qu’il y a de meilleur ! Demain, cap sur Moustique !

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R
Faudrait garder José, l'ange gardien ! Vous vous en êtes tirés d'une bonne .... Belles photos et beaux personnages !.....
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