Un catamaran autour du monde

24 May

162 - Une bonne journée... de merde !

Publié par Le capitaine et le pimousse

23 mai 2013 - Wallilabou Bay - Kingstown - Saint Vincent

On décampe des Pitons à 6 heures du mat’, après une nuit moyennement paisible.

L’immensité du Piton nous rappelle toute notre petitesse, que la largeur du canal de Saint Vincent nous confirme, puisqu’il nous faut pas moins de 7 heures pour rallier Wallilabou Bay, un mouillage pittoresque (c’est le mot qui convient, tu comprendras pourquoi plus tard), notre port d’entrée à Saint Vincent & Les Grenadines.

162 - Une bonne journée... de merde !

7 heures, penseras-tu, lecteur critique, c’est long, mais pas tant que ça si on considère qu’on avait tout de même 35 milles à parcourir, et que la pétole nous a scotché durant les deux dernières heures, alors que nous avions carburé dans le canal, quand l’alizé daignait nous aider un peu.

Justement, il nous en est arrivé une bien bonne dans le canal, il faut qu’on te raconte.

Comme d’habitude, on laisse trainer notre ligne, parce que, dans ces eaux poissonneuses, on a toutes les chances d’attraper une bestiole à écailles. On y accroche notre leurre fétiche, et, fidèle à lui-même, il remplit son rôle à la perfection, puisqu’en passant près d’une bouée de pêcheur, le moulinet se met à chanter la douce musique qui enchante nos oreilles et excite notre estomac !

Le capitaine s’empare de la canne, juste à temps pour voir sauter à l’arrière de Kouunji une bestiole qui est soit une dorade coryphène d’un gabarit (très) imposant, soit un petit espadon voilier. Quoi qu’il en soit, une sacrée bestiasse, de minimum 30 kilos...!

Mais, si tu as suivi nos aventures depuis le début, lecteur assidu, tu sais que ces bêtes là ne s’en laissent pas compter, et qu’elles vendent chèrement leur peau (enfin... leurs écailles !).

Celle-ci ne déroge pas à la règle, et utilise la technique qui tue pour se décrocher : elle sonde. Comprends par là qu’elle file aussi profond qu’elle peut, sachant que tout ennemi aura du mal à résister à cette plongée abyssale.

Tel est bien le cas de notre ligne, qui, bien que montée fort généreusement sur une longueur de 600 mètres, nous démontre qu’en matière de pêche au gros, il s’agit d’une longueur tout à fait insuffisante.

Bref, il ne faut qu’une petite minute à la bestiole aquatique pour dévider notre moulinet. Le fil arrive à son terme, nous entendons le “tchoiiing” caractéristique du filin qui pète, et ne pouvons que constater impuissants au fait que nous venons de perdre notre leurre, notre hameçon, notre bas de ligne, notre émerillon et notre ligne !

Mais on n’abdique pas pour autant ! On remonte le tout dans les cinq minutes qui suivent, mais on n’attrapera plus rien du tout jusqu’à Saint Vincent... Snif...

Saint Vincent a beaucoup de charme, une multitude de petites collines bordent le littoral, les plages sont de sable noir et la verdure - luxuriante - nous confirme que ce n’est pas un hasard si nous prenons 47 grains sur la poire dans la journée !

162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !

Seule ombre au tableau - et de taille - nous sommes assaillis par les boat-boys dès que nous approchons du littoral. Le secrétaire général de l’ONU nous embaucherait illico comme diplomates s’il voyait avec quelle politesse nous éconduisons aussi délicatement que possible tous les gars qui viennent mendier - le mot n’est pas trop fort - un dollar ou deux en échange d’un service qui n’en est pas un.

Ils arrivent de toutes parts, sortis d’on ne sait où, et quémandent un paquet de pâtes, un paquet de riz, et franchement, ça fait mal au coeur de voir ça.

En même temps, tu ne peux pas t’empêcher de te poser la question qui tue : “est-ce qu’il ne me prend pas pour un jambon histoire de me soutirer quelque chose ?”

Après avoir joué les mères Thérésa et refilé un paquet de pâtes à celui qui avait l’air le plus fauché, et dissuadé les autres d’être plus insistants, nous avons enfin la paix, mais on te le confesse, lecteur, cette ambiance n’est pas de celles qui nous réjouissent le plus.

Certes, nous sommes des nantis en comparaison des pauvres hères qui traînent toute la journée sur leur coque de noix, mais ce choc des cultures et des porte-monnaies a quelque chose de détestable, parce que, même si tu es tout sourire, poli, courtois, tu sens toute l’animosité du gars dont tu refuses l’aide.

Tu as beau lui expliquer que tu ne veux laisser à personne la responsabilité de s’occuper de ton bateau, lui, tout ce qu’il comprend, c’est que tu ne veux pas lui filer un rond, et ça l’énerve...

Nous, ce qui nous énerve, c’est que ce manège dure une bonne heure, et qu’on ne peut même pas manger tranquilles, ce qui là encore nous donne très mauvaise conscience, puisqu’on ne peut pas s’empêcher de penser que, peut être, les mecs qui nous enquiquinent n’ont même pas de quoi bouffer...

Nous filons aux douanes, pour ces foutues formalités qui commencent sérieusement à nous taper sur le système, pour découvrir que les bureaux... ouvrent à 17 heures !

Comment va-t-on tuer les trois heures qui sont devant nous ? Baignade, sauf pour le pimousse qui considère que l’eau est sale, sieste pour le capitaine qui endosse toutes les responsabilités et en subit le contrecoup, glandouille pour José qui a tout de même bien bossé aux manoeuvres durant toute la traversée.

A l’heure H, le capitaine repart aux douanes, et la surprise qui l’attend n’est pas bonne.

Jusqu’à présent, les formalités de douane et d’immigration se faisaient toutes au même endroit, il fallait juste passer d’un bureau à l’autre, ce qui était à notre portée de marins fatigués.

Mais, ici, c’est pas pareil ! Les formalités de douane - qui sont les plus onéreuses de toutes, 145 $ E.C., excusez du peu ! - sont expédiées, mais celles de l’immigration doivent être faites à... Bequia (prononce Békwoué si tu ne veux pas avoir l’air d’un gland), notre prochaine destination...!

En d’autres termes, on s’est arrêtés à Wallilabou Bay pour rien...!

Enfin, pour rien... On a quand même vu Johnny Depp ! Eh ouais, lecteur, figure toi que c’est là qu’ont été tournés les épisodes 2 et 3 de “Pirates des Caraïbes”...!

162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !

Certes, on a pu se reposer, mais désormais, la question se pose : keskonfé !

Il y a deux options : on reste ici, mais le mouillage est très moyen, et les mouches très très nombreuses, ou alors on pousse un peu plus loin en direction de notre prochaine escale.

C’est la seconde option qu’on choisit, puisque notre carte nous dit qu’il y a pléthore de mouillages sur la route.

162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
162 - Une bonne journée... de merde !
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J
Coucou, les aventuriers chanceux!!! je vois que papy est bien arrivé, mais je n'ai pas encore vu Nathalie sur les photos, il ne l'a pas jeté par dessus bord???!!! Paysages sublimes et commentaires a la hauteur de son auteur....Bonne route et bon vent, des bisous a vous quatre;
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R
Hé José, c'est pas la bonne coiffure, si tu veux te faire passer pour Cousteau, faut mettre un bonnet, rouge bien sûr (mdr) ! Bon enfin, il était plus fluet....Vous êtes abonnés au 7 et au 4, l'autre jour c'était 74 grains, aujourd'hui c'est 47 !!!....<br /> La misère est partout et on comprend très bien la gène des touristes marins lorsqu'ils se retrouvent devant elle ! Que pouvons nous y faire ? Pas grand chose malheureusement !....
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