161 - Que d'eau...!
22 mai 2013 - Les Pitons - Sainte Lucie
On prend notre p’tit déj du jour, qui est copieux, ainsi que tu peux le constater, avec un soleil timide, qui hélas ne va presque pas se montrer de la journée.
La pluie, en effet, a décidé que cette journée - qui est celle de l’anniversaire de l’abolition de l’esclavage - lui serait réservée.
On fait nos pleins (gasoil et eau douce), sous une pluie alternative c’est à dire qu’elle tombe pendant 5 minutes, s’arrête 5 minutes, reprend 5 minutes, et ainsi de suite...
Nous repartons sur une bouée à l’entrée du mouillage pour le repas de midi, mais, alors que nous en sommes au fromage, un type débarque sur un Zodiac pourri, pour - évidemment - nous taxer du fric, alors que les bateaux n’ont pas cessé d’aller et venir sur les bouées durant la journée d’hier sans qu’on leur demande rien.
Le capitaine en fait la remarque au type qui, une fois n’est pas coutume, se montre aussi désagréable qu’on peut l’être, sentant que l’oseille qu’il pensait encaisser va lui passer sous le nez.
Le ton monte, et, avant que ça dégénère, on se détache de la bouée, et on s’en va !
Le gars n’est pas vraiment fortiche pour faire son business... et c’est bien fait pour sa gueule !
On longe la côte sous le vent de Sainte Lucie, qui porte drôlement bien son nom, parce qu’il n’y a pas un soupçon d’alizé pour nous faire avancer !
Nous n’avons que 10 milles à parcourir, ce qui nous permet de prendre 74 grains sur la tête, et nuit considérablement à la qualité et au maintien de nos brushings, et qui va sûrement nous faire perdre notre titre fort envié de marins les plus élégants de la Caraïbe...!
Nous arrivons au pied des pitons, les deux montagnes emblèmes de Sainte Lucie, qui figurent sur le drapeau national, qui se nomment respectivement Petit Piton et... Grand Piton !
Original, non ?!
Alors vois tu lecteur, on a un peu de mal à examiner avec objectivité nos clichés, mais il faut bien admettre qu’ils sont loin de restituer la majesté de l’endroit, et la magnificence de ces montagnes qui sont im-pres-sion-nan-tes !
Un panorama comme ça ne peut pas te laisser de marbre, à moins que tu sois frappé d’insensibilité notoire !
Un gars du coin nous aide à nous amarrer à notre bouée (pour justifier les ronds qu’il va essayer de nous taxer) et nous propose du poisson frais.
On dit oui au poisson, et comme il est sympa, on lui file 10 $ E.C., ce qui correspond à 3 € bien de chez nous. Il revient une demi heure plus tard, avec une bonite qu’il dépèce sous nos yeux gloutons.
C’est ce moment que choisit le préposé aux bouées pour venir lui aussi réclamer son dû, et il y a un tel pataquès (car nous sommes à court de $ E.C. !) que finalement, le gars des bouées repart sans rien...
Mais comme ils ont baragouiné entre eux en créole, conversation dont nous avons capté quelques bribes, on subodore qu’ils vont se partager l’argent du poisson, qu’on a finalement payé un peu cher, si on se réfère au niveau de vie local.
Mais c’est sûr qu’à Auchan, tu le payeras encore plus cher que nous, et il sera moins frais !
On projette d’aller à Soufrière, la ville qui se cache derrière les pitons, seulement, on te rappelle que cette journée est celle de la pluie, et par conséquent, on reste sagement au bateau, à subir grain sur grain, sans rien pouvoir faire d’autre que prier pour que le soleil revienne bientôt.
Mais, selon nos fichiers météo, ce sera après demain... ce qui signifie qu’on va traverser demain vers Saint Vincent avec le même temps que si on faisait Lille-Valenciennes...!
Beueueueueueueueurk...!!!!
Heureusement que José nous fait de la super tambouille, ça nous met du baume au coeur !