160 - Amélioration
21 mai 2013 - Castries - Marigot Bay - Sainte Lucie
Nous, on se demandait pourquoi le développement des îles des Antilles était aussi anarchique, aussi mal géré, et pourquoi ces contrées qui jouissent d’atouts naturels exceptionnels n’étaient pas mieux mises en valeur.
Aujourd’hui, on a compris. Les mecs qui gèrent les infrastructures ici sont des glands. Et on pèse nos mots...!
Maintenant qu’on t’a mis l’eau à la bouche, on t’explique.
Ce morning (eh oui, ils parlent la langue de Shakespeare ici !), on quitte Rodney Bay, qui a constitué un mouillage fort honorable pour la nuit, et prenons la direction de Castries, qui n’est rien d’autre que la capitale de Sainte Lucie, et aux abords de laquelle notre carte nous indique qu’il y a une immense baie qui doit certainement être très bien protégée de l’alizé.
Ce qui n’est pas superflu, quand on se rappelle que l’alizé, ces derniers temps, a tendance à être un peu caractériel.
Après une demi heure de navigation sous code D, nous voilà à la capitale. L’immense baie est toute pourrie, mais comme on n’est pas des fachos, on te laisse juger par toi-même.
Le capitaine descend du bateau, après un accostage épique, car le quai n’est pas vraiment adapté à un bateau de la taille de Kouunji. Après donc disions-nous cette arrivée dans le port épique (!!), et des formalités douanières gratuites (les premières depuis le début), le capitaine se dit qu’on fait tout ici pour encourager la venue des touristes.
Il demande donc alors de sa voix suave et subtilement modulée s’il est possible de laisser le bateau à quai pour aller pérégriner (ok, ce verbe n’existe pas, mais nous on l’invente !) dans les rues de la capitale.
Les officiels du port, qui ont oublié d’être aimables, refusent, mais suggèrent qu’on se mette à l’ancre devant le ponton, et qu’on vienne ensuite à terre avec notre annexe...
Sauf qu’il n’y a pas de ponton pour les annexes, qu’on ne peut laisser nulle part...
Alors, si les politicards du pays ont fait la guerre aux boat-boys (les gars qui viennent te vendre tout et n’importe quoi dès que tu approches des côtes en bateau) pour qu’ils foutent la paix aux plaisanciers, ils ont oublié parallèlement de faire la leçon aux autorités portuaires, pour leur rappeler d’essayer de simplifier la vie aux mêmes plaisanciers.
Et c’est quand même un peu con, parce que nous, si on nous avait tout simplement offert la possibilité de laisser notre bateau deux heures à quai, on serait aller bouffer au resto du coin, on aurait acheté deux ou trois conneries, et ça aurait contribué - modestement certes, mais tout de même - à la prospérité du commerce local en particulier, et de l’île en général.
Surtout que du quai, il y en avait des mètres et des mètres, de quoi laisser quelques bateaux tranquilles pour la journée...
Bon, dont acte ! Puisque qu’on est persona non grata, on se casse, on ira dépenser notre oseille ailleurs !
Le ailleurs en question, c’est Marigot, que nous atteignons moins d’une heure plus tard. C’est nettement plus beau que Castries, mais comme on n’est pas des fachos, on te laisse juger par toi-même.
Ici, le plaisancier est le roi, tout s’articule autour des bateaux, de la mer, des marins, et de l’argent qu’on peut leur soutirer, mais tout en finesse...
On fait quelques emplettes, et on s’offre du lait de luxe, à 2 € le litre (!), et José, qui a eu la bonté de nous inviter à déjeuner, se fait estourbir par l’addition, même si le repas était bon.
Nous profitons néanmoins de ce mouillage au charme certain, et doté d’un certain charme, ainsi que tu peux l’apprécier de tes propres yeux, grâce aux clichés qu’on t’offre en exclusivité mondiale avant la projection privée qui aura lieu à Hollywood dans pas longtemps !
On passe le reste de la journée à se baigner, glander, et ça, on le fait de mieux en mieux.
Reprendre un rythme antillais, quand on est aux Antilles, y’a pas, ça fait du bien !