174 - Surprise(s)
4 juin 2013 - Petit Saint Vincent - Les Grenadines
C’est la journée des surprises, bonnes et moins bonnes.
La première, c’est qu’on n’a plus d’eau douce. On a consommé en 12 jours avec José ce qu’on consomme à deux en un mois...! Saperlipopette ! Il va falloir refaire les pleins fissa fissa !
Hélas, le dessalinisateur consomme de l’électricité comme un forcené, et - c’est la deuxième mauvaise surprise - le soleil annoncé n’est pas au rendez-vous.
Or, les panneaux solaires, pour donner le meilleur d’eux-mêmes, s’accommodent fort mal de ce ciel voilé à travers lequel le soleil ne donne pas toute la mesure de sa phénoménale puissance.
Il va donc falloir partir en quête d’un point de ravitaillement.
Ce qui pose problème, car nous avons une voie d’eau. Et même deux ! En fait trois !
Les jupes arrière continuent de suinter, et nous accueillons l’eau salée à l’intérieur de nos cales moteur avec le même plaisir qu’un contribuable accueille l’inspecteur des impôts venu le vérifier.
Nous découvrons à l’emplacement de la pompe de cale remplacée à Alicante que la vis de fixation de l’ancienne pompe (qui doit a priori être la vis d’origine montée par le chantier naval) était inadaptée car trop longue. Résultat : la coque est percée, l’eau remonte par la cale, et inonde lentement mais sûrement notre flotteur.
Ce n’est pas gravissime, mais tout de même : comment peut on fixer des éléments sur la coque avec des vis trop longues et la transpercer ?!
Enfin, côté bâbord, de l’eau suinte depuis l’avant du flotteur, et comme nous sommes contre le courant, la nuit suffit pour qu’on se retrouve avec une trentaine de litres d’eau stagnant dans les fonds...
C’est sans doute les passe-coque du sondeur et du speedomètre qui fuient, mais nous n’en avons pas encore la certitude, car il faut démonter les planchers, et c’est du boulot !
Pour l’heure, nous avons entamé le nettoyage de la coque, qui en avait grandement besoin. Depuis notre arrivée dans les eaux Guadeloupéennes, la coque s’est incroyablement salie et la croissance des anatifes a été exponentielle.
Les algues ont colonisé tout l’avant des flotteurs, c’est impressionnant.
C’est à nouveau le signe que les eaux sont sales, et certainement très polluées, car les algues vert fluorescent qui nous envahissent n’ont rien à voir avec la posidonie si chère aux écolos.
C’est un travail titanesque que de frotter les coques, mais le capitaine bidouille un système avec la ventouse qui lui permet d’avoir un point d’appui correct et ménager ainsi ses efforts.
Mais, après une heure et demi de labeur acharné, c’est à peine un ridicule petit quart de la superficie totale des coques qui est nettoyé !
Notre mouillage, très calme depuis deux jours, est pris d’assaut par des bateaux qui, une fois n’est pas coutume, viennent s’agglutiner autour de nous comme des morpions sur une touffe de poils pubiens, alors qu’il y a de l’espace à revendre dans le mouillage...
Et devine de quelle nationalité sont ces glands qui foutent la musique à fond et nous cassent les noix ? Gagné... des amerlocks !
Alors, la bonne surprise, dans tout ça, c’est quoi ?
Ben... la bonne surprise, c’est que, malgré trois voies d’eau, le bateau ne coule pas !
Alléluia !