18 - Beurk !
Au matin, le bilan est triste. On a peu progressé, et on est surtout harassés, parce que la nuit a été mouvementée et courte, on a dormi par tranches d’une demi heure, si tant est que le vacarme des vagues venant se briser sur la coque nous le permette.
Je continue de vomir, prouvant en cela que je sais faire preuve de constance...!
Les vagues, elles, en revanche, sont de plus en plus bizarres. Une d’entre elles vient s’écraser sur l’étrave bâbord et arrose copieusement le bateau, mais l’instant d’après, sa frangine vient par le tribord arrière inonder le cockpit.
Comment deux vagues ayant une trajectoire diamétralement opposée peuvent elles nous frapper à quelques secondes d’intervalle ?
Le vent faiblit et tourne encore, et progresser dans ces conditions devient illusoire.
Le capitaine, faisant preuve en cela d’un esprit de décision digne d’un capitaine, décide alors de faire cap sur Majorque, ce qui nous éloigne de la route directe, mais nous permet de mettre un peu de sud dans notre route.
Ca nous permet surtout de faire route dans le sens des vagues (enfin, le sens dominant), et rend la navigation beaucoup moins pénible.
L’après midi se passe tranquillement, à 5 noeuds. On dégage la drisse de grand voile, on mange un peu, et on se repose beaucoup, puisque la mer est moins désordonnée, même si le roulis demeure très désagréable.
On en profite pour envoyer un p’tit texto à Franck pour lui souhaiter un bon anniversaire !
On se permet même une petite séance photo, dont celle qui suit, qui donne une certaine idée du bonheur simple d’être en mer, et du bonheur tout court : c’est de regarder ensemble dans la même direction.
A l’approche de la nuit, le vent s’est barré et nous contraint à finir au moteur, on est à proximité de Soller, le seul port de la côte Nord Ouest de Majorque. Nos appels à la VHF restent désespérément sans réponse.
On croise les doigts pour qu’ils puissent nous accueillir.
Les phares nous donnent de bonnes indications, et l’atterrissage se fait “fingers in the nose”...!
A l’entrée dans le port, surprise ! Il y a une zone militaire interdite d’accès, of course, mais de l’autre côté, au “moll de transit”, une vingtaine de places libres rien que pour nous !
On s’amarre, on se change, et, à deux minutes du quai, on se trouve un super restaurant chinois où on se délecte de mets raffinés ! Les émotions, ça creuse...!
Et à ceux qui pensent qu’il y a plus simple pour aller au resto chinois, nous leur répondons : peut être, mais là, on est à Majorque, et si c’est pas encore les tropiques, on s’en approche !