180 - A la mode de Carriacou
10 juin 2013 - Tyrrel Bay - Carriacou
Tu nous aurais vu, aujourd’hui, lecteur, on faisait vraiment couleur locale. On a laissé s’écouler notre journée comme si on était nés ici, qu’on avait grandi ici, et vécu ici toute notre life.
C’est à dire qu’on a rien fait ou presque, en tout cas pas le moindre effort, et tu sais quoi ? On ne s’en porte pas plus mal !
Ma doué ! Cette chaleur aujourd’hui à Carriacou !
En prenant le p’tit déj (fallait finir les crêpes...) on prie pour que notre guide, qui aurait pu faire un duo de pop music avec Art Garfunkel puisqu’il s’appelle Simon (!), nous trimballe dans une caisse équipée de la clim...
Hélas, au rendez vous de 10 heures au “dinghy dock” (le quai des annexes), en voyant le carrosse du père Simon, force nous est de revoir nos prétentions à la baisse.
On se contentera de ne pas tomber en panne durant notre périple !
Les sièges sont défoncés, les roues ne sont pas de la même taille, la peinture n’est plus qu’un souvenir, le moteur doit avoir 350.000 kilomètres, tout tremble et vibre comme si on était dans la navette spatiale qui frôle une comète, bref, se trimballer dans une caisse pareille, c’est en soi une aventure !
Mais c’est local, ça a son charme !
Simon est sympa, mais évidemment, le périple n’est pas aussi excitant qu’il l’annonçait hier : en même temps, il n’y a pas grand chose - pour ne pas dire rien - à voir sur l’île.
Mais tout de même, on découvre des choses surprenantes, comme ce cimetière marin, qui occupe une plage de la côte au vent, et où tout un chacun peut se faire inhumer.
C’est pas encore d’actualité pour nous...!
Simon nous réconforte un peu en nous expliquant que nous ne sommes pas les premiers à avoir eu maille à partir avec les douaniers, et que la tendance à essayer d’arnaquer les marins est très à la mode.
Notre ballade nous amène à découvrir que d’autres marins ont été encore plus malchanceux que nous, puisque le littoral est jonché d’épaves, que les autorités laissent pourrir, avec une négligence étonnante.
Ca ne vaudrait pas le coup de se débarrasser de ces tas de ferraille ?
Remarque, on ne pourrait pas te faire de jolies photos comme celles là...!
Sur le chemin du retour, Simon, nous amène chez Ann, une de ses copines, qui fait de délicieux “chicken roti” à emporter.
C’est une spécialité des antilles anglophones : poulet et patates aux épices, le tout dans une espèce de crêpe bizarroïde. Pas dégueulasse...
Pour quelques sous, on s’offre un drink et deux “chicken roti”, qu’on déguste à bord après avoir remercié Simon d’avoir joué au guide touristique pour nous.
On aurait volontiers savouré une après midi paisible, à ne rien faire, mais hélas, un groupe électrogène tourne sans arrêt, et des locaux bricolent sur un bateau voisin, faisant un raffut de tous les diables !
Bon, et bien on va s’occuper du linge et de l’eau douce ! On a repéré une laverie pas loin du “dinghy dock”, et l’eau douce est disponible pour le bateau tout près de notre mouillage.
Et puis, joignant l’utile à l’agréable, on se prélasse un peu sur l’immense plage de Tyrrel Bay, qu’on a loué pour nous tout seuls !
Incroyable, non ?
Drôlement calme, et drôlement agréable...
Si on avait pu trouver de l’eau douce, c’aurait été parfait, mais pas moyen de se rencarder, y compris au chantier naval d’à côté...
A chaque jour suffit sa peine, on s’occupera de ça demain !