Un catamaran autour du monde

11 Jun

179 - A quoi sert l'expérience

Publié par Le capitaine et le pimousse

9 juin 2013 - Jack Adams Island - Sandy Island - Tyrrel Bay - Carriacou

Au réveil, on se rend compte que ça fait un bail qu’on n’a pas fait de crêpes... Alors on fait des crêpes ! Plein de crêpes ! Et c’est bon ! Surtout avec du Nutella !

C’est pour bien commencer la journée, parce que la météo a l’air toujours aussi hésitante.

Puis on décide de lever l’ancre, car on est un peu chahutés par la houle, et il nous tarde de voir autre chose que Hillsborough Bay et ses langoustes qu’on ne peut pas attraper... On file à Jack Adams Island, qui est à un petit quart d’heure, et qui est mentionnée sur nos cartes comme un beau site de plongée.

Las, la houle et le vent qui sévissent derrière l’île, au demeurant pas très séduisante, nous incitent à aller plus loin voir si les flots ne sont pas plus bleus et plus translucides.

On dirige nos étraves vers Sandy Island, qui, comme son nom l’indique, est une île de sable blanc ornée de cocotiers, bref, le cliché de carte postale.

Il semble qu’il soit interdit de jeter l’ancre ici, on s’amarre donc sur une des bouées encore libres. Le capitaine prépare la tambouille, tout en observant ce qui se passe alentour. Deux catamarans de location de chez Moorings, aussi remplis d’Américains qu’il est possible, sont amarrés aux bouées voisines, et les Ricains d’un bateau prennent leur annexe pour aller prendre l’apéro avec les Ricains de l’autre bateau.

Jusqu’ici, nous diras tu, rien d’extraordinaire. Mais attends, tu vas voir...

Le capitaine, en bon capitaine qu’il est, a toujours un oeil aux aguets, surtout que le bon José n’est plus là pour nous sauver la mise en cas de pépin...!

C’est ainsi qu’il s’aperçoit que le catamaran abandonné par ses occupants s’est détaché de sa bouée, et dérive lentement vers les rochers sur lesquels il va aller se fracasser, avec une certitude qui avoisine les 100 %, si rien n’est fait dans un avenir très très immédiat !

Le capitaine enfonce donc deux doigts dans sa bouche et... dégueule ? Mais non !

Il enfonce deux doigts dans sa bouche et siffle de toutes ses forces pour attirer l’attention des Ricains abreuvés de whisky et de bière qui ne se sont aperçus de rien !

Tellement préoccupé par le sort du bateau, le capitaine en oublie qu’il est aussi nu qu’à l’instant où il est venu au monde, mais qu’importe : il faut sauver le bateau ! Et puis, un sauveur n’est jamais indécent !

Les Ricains ont la comprenette fastidieuse, mais finalement, c’est une Ricaine qui s’exclame : “Oh my God...!”

On ne saura jamais si elle s’est exprimée ainsi en voyant les attributs du capitaine ou parce qu’elle a capté qu’on vient de lui rendre un fier service.

Quoi qu’il en soit, trois Ricains se jettent dans leur annexe avec une maladresse qui laisse pantois, et filent récupérer le bien qu’ils ont loué, et pensant certainement à ce moment précis qu’ils seront fort heureux de récupérer les 5.000 $ de caution remis à Moorings en échange de l’embarcation.

Ils foncent sur le bateau, montent à bord, mettent les moteurs en marche, et reviennent s’amarrer à une autre bouée.

Ce qui est l’occasion pour l’un d’entre eux de se vautrer et de se retrouver à la baille !

Des catastrophes, ces gars-là, on te dit !

179 - A quoi sert l'expérience
179 - A quoi sert l'expérience

Catastrophes peut être, mais catastrophes bien élevées, puisqu’une fois leurs déboires achevés, ils viennent nous remercier de leur avoir sauvé la mise. Heureusement qu’entre temps, le capitaine a mis un slip !

Sur ces entrefaites, après un repas rapidement expédié, et une plongée éphémère, mais bien assez longue pour constater qu’il n’y a (presque) rien à voir ici, arrive une coque de noix qui a l’air d’être un bateau officiel, et qui commence à faire la tournée des bouées.

Ah, tiens, il va encore falloir casquer... Scrogneutedjeu...!

179 - A quoi sert l'expérience

Notre expérience étant ce qu’elle est avec les officiels de Carriacou, et voyant que tous les autres bateaux décampent au fur et à mesure que la coque de noix leur a rendu visite, on se détache de la bouée en moins de temps qu’il n’en faut à un éjaculateur précoce pour décevoir sa partenaire, et on met les voiles !

Direction Tyrrel Bay, décrite dans le Patuelli comme l’un des meilleurs mouillages des Antilles ! Rien que ça !

Bon, il faut bien avouer que Patuelli n’a pas tort : le mouillage n’est pas très beau, mais il est suprêmement confortable, et on n’a sans doute jamais été aussi tranquilles depuis Les Saintes ou Bequia...! C’est te dire si c’est bien...!

Comme d’habitude, on a un boy-boat bien intentionné, décidé à nous soutirer du fric, qui propose une bouée.

Mais maintenant, on sait faire ! Et observe avec quelle finesse on dit au gars : “non merci mon brave, c’est fort aimable à vous de vous préoccuper du sort de notre modeste embarcation, mais hélas, nous avons dernièrement eu la malchance de nous amarrer à une bouée dont la ligne a fort inopportunément cédé, ce qui nous a placé dans une situation extrêmement embarrassante, et même dangereuse, de sorte que, désormais, nous mouillons seulement sur notre ancre, et ainsi nous sommes certains de savoir ce que nous faisons...”

Le tout en anglais, avec le sourire, et le petit doigt en l’air !

Là, crois nous lecteur, c’est la bonne technique, le mec n’essaye pas de te convaincre de quoi que ce soit ! Bref, avec l’expérience, on aura au moins appris à se débarrasser des emmerdeurs sans coup férir !

Mais tu veux rire ? Allez, on va te faire rire...

Le plus désopilant, c’est qu’un moment après, le gus revient, et nous propose ses services pour visiter l’île.

Comme ça nous tente bien, le capitaine marchande. Mais il marchande sévère, tu vois, parce qu’on sait maintenant, avec l’expérience, que les gars du coin nous ont vu arriver, avec notre bateau et nos airs de pigeon, et qu’ils n’ont évidemment aucun autre but que de nous faire payer le plus cher possible pour nous en donner le moins possible.

Le capitaine, à force, devient aussi roublard qu’eux, c’est de bonne guerre.

Tandis que notre futur guide nous demande 300 $ E.C. (100 €) pour faire le tour de l’île, le capitaine lui rétorque qu’en Dominique, on avait négocié la même chose pour 100 $ E.C. (30 €), et que y’a pas de raison de payer plus cher, surtout que la Dominique, c’est plus grand.

Le mec est ébranlé, parce que c’est un coup de massue terrible sur son offre, et tu vois bien qu’il est emmerdé.

Il dit que c’est pas possible, qu’on n’a pas pu nous proposer un truc aussi bon marché, et qu’il ne peut pas s’aligner !

Le capitaine tient bon, assure que c’était le tarif négocié là-bas, sûr de son coup. Le pimousse, qui assistait à la conversation, se tourne alors vers le capitaine et lui dit : “mais non, en Dominique, c’était 100 $ U.S. (80 €), pas 100 $ E.C....!”

De l’art de saborder une négociation en 2 secondes...!

Heureusement, le gars du coin ne percute pas, parce que la langue de Molière, il ne l’a pas apprise à l’école ni ailleurs, le capitaine noie le poisson, et se met d’accord pour 150 $ E.C. (50 €) pour un tour de l’île en bagnole demain, avec guide et tutti quanti...!

Il va simplement falloir trouver un bon moyen pour bâillonner le pimousse d’ici-là !

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J
Bravo Cap'tain pour ton bagou entourloupeur anti rackettage...<br /> Et doucement avec le PImousse...elle doit manger trop de crêpes Nutella !! lol <br /> Et les Ricains...même pas un apéro? ...
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R
Ya longtemps que vous n'aviez pas rencontré des ricains !.. Et le Pimousse m'en manque pas une ! C'est tout l'art de mettre &quot;les pieds dans le plat&quot; !!!! Mais je peux t'affirmer Captain qu'elle ne fait pas exprès, parole de pet's.....
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