193 - Sur les chapeaux de roue
23 juin 2013 - Carriacou - Le Marin
La journée avait débuté ultra pépère : yoga sur la plage, soleil, farniente... Cool !
Et puis, parfois, tu ne décides rien, les choses s’imposent d’elles mêmes.
Un petit coup de Skype avec Sylvie et Philippe, qu’on avait chargés de contacter Papou pour avoir notre pièce, et là, de fil en aiguille, une évidence apparaît : il faut retourner en Martinique !
Mais pourquoi ? demanderas tu, lecteur curieux.
Et bien, crois nous, des bonnes raisons, y’en a une chiée...!
Primo, il faut tout de même faire réparer notre moteur bâbord. Oh, bien sûr, avec la pièce, le capitaine pourrait s’en sortir seul.
Mais nos moteurs ont atteint la barre fatidique des 2000 heures de fonctionnement, et du coup, une révision en grand s’impose. Ce d’autant que l’une des courroies de pompe à eau va rendre l’âme, et que le moteur tribord vibre de façon anormale.
Donc, ce sera pas du luxe de tout faire d’un coup, et de le faire faire par un vrai pro, et pas un bricolo de Grenade qui est plus préoccupé par les brouzoufs qu’il va nous taxer que par la santé de nos jumeaux Yanmar !
Nous voilà donc partis chez Papou, ce d’autant que tu avoueras que les autres bonnes raisons de se taper ces 24 heures de navigation sont plus que sérieuses.
D’abord, on va être dans une île française, ce qui veut dire qu’on va pouvoir faire le maxi plein de bouffe de qualité ! Parce que ça fait un bail qu’on s’est mis au régime des Grenadines, et c’est vraiment pas terrible !
Ensuite, on va être dans une île française, ce qui veut dire qu’on va pouvoir faire le maxi plein de livres de qualité ! Parce que, les occupations étant limitées sur un bateau, on dévore les bouquins comme d’autres les sucreries, et on a bientôt achevé notre stock (on mange aussi des sucreries !).
Comme on ne touchera plus de terre française avant de nombreux mois, il est temps de se ravitailler en nourriture spirituelle.
Enfin, on va en profiter pour faire un chek-up à notre bon vieux Kouunji, ça ne lui fera pas de mal !
Bref, aussitôt pensé, aussitôt fait : on finit de chatter à 15 heures, et à 16 heures on a levé l’ancre ! Car on a pris la météo, et le meilleur jour pour remonter en Martinique, et bien, c’est tout de suite !
Effectivement, à peine avons nous quitté notre mouillage qu’une mer calme nous attend, et un alizé modéré assez portant nous cueille délicatement.
Le vent se renforce un peu et on s’envole à 9 noeuds ! Réflexion du capitaine : si c’est comme ça jusqu’au bout, je signe de suite !
Mais tu t’en doutes, ça n’a pas été comme ça jusqu’au bout, ç’aurait été trop beau.
Une fois de plus, les éléments s’en sont donné à coeur joie pour nous compliquer l’existence. Une fois au large de Saint Vincent, le vent a tourné, a faibli, a fraîchi, est parti, est revenu, bref, il nous a fait tourner en bourriques, et la mer, n’a eu qu’une seule préoccupation : se creuser autant que possible.
Résultat, après quatre heures de navigation parfaite, ça a été bien pourri toute la nuit ! Le capitaine n’a pas fermé l’oeil car, cerise sur le gâteau, le pilote automatique, sans doute ankylosé par tant de jours d’inactivité, a refusé de se mettre au turbin...!
Scrogneutedjeu...!