291 - C'est où le bout du monde ?
29 septembre 2013 - Playa Yaque - Blanquilla
Au petit matin, après une nuit paisible où les quarts se sont organisés naturellement et avec facilité, nous sommes en vue de notre destination.
Le vent et le courant portants nous ont permis de faire une belle moyenne aux alentours de 8 noeuds.
On slalome entre Los Hermanos, les îles qui jalonnent la route vers Blanquilla, où nous jetons l’ancre en fin de matinée, après avoir longé la côte Sud et y avoir vainement cherché un mouillage convenable.
On a la chance de pêcher notre premier barracuda, ce qui nous console, car hier en fin d’après midi, nous avons tapé un poisson énorme (sans doute un thazar) qui a carrément cassé notre hameçon en faisant un bond phénoménal hors de l’eau pour se libérer !
Mais on ne se fait pas avoir deux fois de suite, et le barracuda finit en filet dans nos assiettes ! Un vrai délice... Ca commence bien, ici !
Blanquilla est une île minuscule d’à peine 10 kilomètres carrés. Elle est inhabitée, hormis quelques pêcheurs, et seuls quelques garde-côtes vénézuéliens viennent y jeter un oeil de temps en temps. Après avoir débordé la pointe Sud Ouest, nous remontons la côte sous le vent pour mouiller... là !
On a réussi à dénicher les seuls palmiers de l’île !
Autant te dire qu’on est bien : on a l’île pour nous tous seuls, et c’est d’un calme... Un auteur sans imagination te le qualifierait d’olympien, mais nous, on ne va pas céder à la facilité !
Non, c’est un calme absolu, reposant, apaisant, réconfortant, tranquillisant, rassérénant et bienvenu qui s’installe en fin de journée, après que le vent ait été soutenu. Il y a une forme d’aboutissement à atteindre cette destination. Blanquilla ne figure même pas sur nos guides nautiques, qui sont pourtant exhaustifs...
C’est te dire comme c’est désert.
Et c’est précisément ce qui nous fait du bien, après l’agitation de Grenade et de Prickly Bay. Quand la nuit nous enveloppe, le noir est total, il n’y a absolument rien autour de nous. Si ça n’est pas le bout du monde, ça y ressemble...
Et ce ne sont pas nos boat-potes de Contre Temps qui nous contrediront.