299 - El resto de Los Roques
7 octobre 2013 - Crasqui - Los Roques
On a encore du mal à y croire...
Ce matin, on glandait peinards sur Kouunji.
Après que le capitaine a réparé le four, le Pimousse avait mis son pain à cuire.
S’accordant un repos bien mérité, la partie masculine de l’équipage bouquinait, tandis que la partie féminine jouait sur l’iPad, quand on tape sur la coque tribord. Cécile, avec un sourire jusqu’aux oreilles, nous balance : “ça vous dit un resto à midi ?!”
On la regarde avec des yeux de merlan frit (depuis le temps qu’on est en mer, les poissons, ça nous connait !) et notre regard lui dit sans ambiguité : te te moquerais pas de nous, toi, des fois, par hasard ?
Cécile, avec son habituel sourire d’enfant, désarmant à souhait, nous répond sans ciller qu’elle et Joni ont trouvé un resto de l’autre côté de la baie, et négocié une table pour quatre à midi. Comme ils se sont déjà engagés, on dit banco, ce d’autant que l’idée de s’empiffrer sans avoir rien à préparer préalablement (c’est le principe du resto) n’est pas pour nous déplaire.
Mais quand même... On est à l’autre bout du monde, dans un endroit presque aussi désert que le Sahara ou le désert de Gobie, et nos satanés boat-potes trouvent... un resto !
Un repas plus tard, on a l’explication. Crasqui, l’île devant laquelle nous mouillons, est voisine de Gran Roque, la plus grande île de l’archipel. Les touristes qui y résident se payent une balade en bateau vers les coins sauvages (le nôtre, merde !), et du coup, cela génère ce que le tourisme génère habituellement : restos, échoppes, etc...
Fort heureusement, ce n’est pas du tourisme de masse, et on est les seuls clients de l’estaminet. Ca ne vaut pas la table de Cyril Lignac, mais le poisson est succulent, et la patronne sympatoche à souhait.
Juanita vit ici depuis 44 ans, et depuis tout ce temps, elle n’a pas quitté son île, qui doit faire deux kilomètres carrés...! En même temps, quand tu vois à quoi ça ressemble, pourquoi voudrais tu qu’elle aille ailleurs, où ce sera forcément moins beau ?!
Bref, c’est un excellent moment, inattendu et donc d’une valeur inestimable.
La balade qui suit est du même acabit, et nous permet de te livrer toute la collection de bleus disponible ici, que si tu veux trouver les mêmes, t’as intérêt à te lever de bonne heure !