313 - Onomatopée
21 octobre 2013 - Los Aves - Kralendijk - Bonaire
Si on avait eu des bolides à quatre roues, l’onomatopée pour décrire parfaitement notre navigation aurait été : vrooooooum !
Mais de roues nous n’avons point.
Alors lecteur, on te pose la question : quelle est la bonne onomatopée pour décrire un catamaran qui fonce sur l’eau à toute berzingue ? Wuuuuuuufff ? Swooooooch ? Tchooooouuuff ?
Bon, on te laisse te creuser les méninges, nous, on n’a pas trouvé.
Par contre on a trouvé comment faire avancer Kouunji à fond la caisse : code D de rigueur ! Ah cette belle navigation, avec l’alizé qui nous poussait, le courant qui nous portait, et le coeur qui s’emballait, quand, après avoir passé la pointe Sud de Bonaire, on s’est retrouvés sur un véritable lac, plat comme une limande ou Jane Birkin, (choisis l’image qui te parle le plus), à foncer à 9 noeuds avec 16 noeuds de vent...!
6 heures pour avaler 40 milles, soit 6,5 noeuds de moyenne, l’orgueil des capitaines est sauf !
Ambiance carrément dépaysante à Bonaire. Quand tu viens de passer presque quatre semaines dans des endroits déserts, loin de tout, avec pour seuls compagnons les oiseaux et les poissons, revenir à la civilisation, ça fait tout bizarre.
Le mouillage (bouée de rigueur) est à deux pas de la route, des sirènes d’alarme, des scooters, des voitures, et il ne te faut pas deux minutes pour regretter la quiétude de Los Aves...
Mais bon... on n’avait plus d’eau potable, les réservoirs presque à sec, et Kouunji a besoin d’être revitaminé : panneaux solaires, support pour l’annexe, éolienne, amélioration du dessalinisateur, bref, y’a du taf, et rien de mieux qu’une île développée pour le faire.
Il faut tout de même qu’on te fasse un aveu, lecteur : ce dernier mois, que nous venons de passer, loin de tout, dans des cadres paradisiaques, dans des endroits retirés, isolés, d’un calme absolument inouï, est - de très loin - le meilleur de tous ceux que nous avons vécu depuis notre départ.
C’est pour des moments comme ceux-là que le “grand voyage” prend tout son sens : communier avec la Nature, observer ces oiseaux incroyables, ces poissons multicolores, s’émerveiller de l’insolente beauté de ces sites encore préservés, jouir de la paix absolue qui règne sur ces îles lointaines...
Ces îles qui, l’espace de quelques jours, s’offrent à toi sans retenue, comme seuls peuvent le faire des territoires vierges de nuisances, puisque épargnés par la frénésie et l’irresponsabilité humaine.
Vive les déserts !