314 - Atterrissage forcé
22 octobre 2013 - Kralendijk - Bonaire
Le titre résume à lui seul le sentiment qui nous aura dominé toute la journée.
On est d’humeur un peu maussade, pour maints motifs que nous allons te livrer sans désemparer, puisque la raison d’être de ce blog est de tout te faire partager, le pire comme le meilleur.
Primo, le temps est tristounet, certes il fait 35°, mais le ciel est blanc, gris, pâle, bref, il a la mine d’un candidat à la présidentielle qui apprend qu’il est battu de 0,00003 % des voix.
Deuxio, la nuit a été agitée, car un bar voisin a eu l’idée géniale de foutre sa sono à fond la caisse de minuit à deux heures du mat’, et de balancer de la techno destinée à tenir éveillés les cocaïnomanes noctambules.
Bien que nous n’appartenions pas à cette catégorie certainement très respectable de la population, les rythmes schizophréniques et les basses qui font vibrer la coque de Kouunji ont rapidement raison de notre sommeil...
Autant te dire que, au réveil, quand tu es à moitié lessivé, tu regrettes amèrement l’isolement de Los Roques ou de Los Aves, où les seuls bruits audibles étaient les cris des oiseaux et les vaguelettes sur la plage voisine.
Le grand cirque terrien reprend ses droits : courses, magasins, bricolage, réparations... Du courant, de l’ordinaire pour qui veut poursuivre son périple dans de bonnes conditions. La pollution nous frappe sournoisement (on a des crottes de nez !), le bruit nous éreinte, bref, tu l’auras compris, on ne va pas faire de vieux os ici, même si l’île est charmante et les gens super sympas.
Où que tu ailles, tu parles anglais, espagnol, voire français, on te comprend. Nous, en revanche, on ne comprend rien au Papiamento, ce dialecte étrange, mélange des trois langues précitées et, pour faire bonne mesure, d’un peu de hollandais, et peut être bien un peu de créole pour faire bonne mesure...
Après avoir payé notre bouée pour une semaine, nous filons chez le seul gus de l’île qui travaille l’inox, car nous désirons installer à l’arrière de Kouunji un arceau costaud, qui nous permettra de trimballer l’annexe facilement, sans avoir à faire les zouaves à chaque arrivée et chaque départ. Mais, langue étrangère oblige, on ne capte pas que c’est loin, très loin... Une heure et demie de marche plus tard, le long de zones vraiment moches, on trouve enfin notre gars, qui nous dit... qu’il ne pourra sans doute rien faire pour nous ! Pas de bol !
Il a quand même pitié de nos pieds meurtris par tant de marche, et nous raccompagne en pick-up. On n’a jamais autant apprécié un tour en bagnole !
Bref, une journée à oublier, et qui contraste singulièrement avec ce qu’on a connu les jours précédents... Mais bon, que veux tu ? Ca ne peut pas être parfait tous les jours !
Heureusement qu’un bon tarot avec nos boat-potes de Contre Temps nous met un peu de baume au coeur, surtout que, internet ayant fait son retour dans notre vie, les mauvaises nouvelles s’en sont donné à coeur joie...
Comme on disait hier : vive les déserts !