325 - Les écailles qui poussent
2 novembre 2013 - Klein Curaçao
Tu te souviens, lecteur qui a passé depuis longtemps l’âge de l’acné juvénile, de cette série toute pourrie avec Patrick Duffy (qui deviendra plus tard Bobby Ewing dans “Dallas”), et qui s’intitulait “L’homme de l’Atlantide” ?
Et bien si ça continue, on va finir comme le héros : avec les doigts palmés et des branchies !
Ca, c’est à cause des tortues, qui sont tellement cool ici que tu te demandes si ce ne sont pas elles qui viennent exprès dans le coin pour voir des plongeurs...?!
Tu peux les approcher, les toucher, elles ne bronchent pas. Alors on ne s’en prive pas. Et ce matin, le capitaine a passé près d’une heure avec deux d’entre elles, à nager paisiblement.
On n’a pas fait médecine, mais on peut t’assurer que barboter comme ça, ça vaut tous les décontractants, tous les calmants, tous les antidépresseurs de la pharmacopée mondiale et même extra-terrestre !
Quelle paix, quelle incroyable communion avec le monde sauvage, quand, sous l’eau, rien n’importe plus que de simplement trouver la bonne distance entre toi et l’animal, qui, une fois rassuré, te laisse l’accompagner dans ses pérégrinations menées à un rythme d’une lenteur infinie...
Alors, toi aussi, lentement, tu deviens tortue. Tu sens les courants qui te portent, tu n’as presque plus besoin de palmer, tu en oublierais presque de remonter à la surface pour respirer de temps en temps, tellement la tortue t’hypnotise et te guide dans les fonds coralliens, comme si elle semblait te dire : “voilà mon univers, sois le bienvenu...”
Bref, c’est magique.
Programme beaucoup plus plaisant que l'astiquage des inox, plus plaisant aussi que l’entretien du dessalinisateur, auxquels néanmoins nous avons sacrifié, puisqu’il est important de toujours avoir un Kouunji en super forme !
Et qui est carrément propre compte tenu des efforts du Pimousse en ce sens.
La suite de l’exploration de l’île nous révèle encore deux épaves, toutes proches. Sur l’une, un nom : “Dalton”.
Et, quelques mètres plus loin, au milieu des cactus, disposées sur le sol, des pierres, formant des lettres d’au moins 7 mètres : “Dalton”.
On imagine aisément le naufragé, ayant miraculeusement survécu, tentant ainsi d’attirer l’attention des secours aériens sur cette île minuscule.
Toute une histoire racontée avec de rares débris et quelques cailloux...
Le temps revient peu à peu au beau, et c’est tant mieux, parce que la grisaille et la pluie, c’est un temps qui t’est réservé, lecteur qui subit les premières rigueurs de l’automne !
Nous, on n’en veut pas !