332 - De l'art de perdre son temps
9 novembre 2013 - Willemstad - Curaçao
Du temps, tu le sais lecteur, on en a à revendre, c’est notre seule véritable richesse, et ce n’est pas rien.
Et si pour nous l’adage “le temps c’est de l’argent” est une ineptie sans borne, nous ne sommes toutefois guère enclins à le perdre, qui plus est pour de mauvaises raisons.
C’est pourtant ce qui a constitué l’essentiel de notre emploi du temps aujourd’hui.
Scrogneutedjeu...!
Début des hostilités avec le loueur de bagnoles, qui devait récupérer son bien à 11 heures. Il s’est pointé à midi passé après qu’un type sympa ait daigné - sur notre demande - lui passer deux coups de fil pour lui dire de se magner le train !
On se fait déposer à Willemstad, et on décide de porter notre contribution à l’empire mondial de la malbouffe, j’ai nommé Mac Donald, qui dispose d’un WiFi supra efficace, et, accessoirement, de hamburgers sur lesquels on ne crache pas quand on a l’estomac dans les talons.
Las, nouvelle déconvenue, puisque si notre estomac s’en sort bien, l’ordinateur reste sur sa faim, puisque le WiFi est parti en week-end sans prévenir personne...
Après deux heures de vaines tentatives pour établir une connexion avec toi, lecteur adoré, nous quittons le royaume de la frite et du nuggets pour approfondir notre connaissance de la capitale, et dégoter de quoi surfer sur la toile.
On fait bien, puisqu’au gré de nos errements, nous découvrons des placettes au charme indéniable, et nos postérieurs ne tardent pas à élire un siège sur une terrasse accueillante, où nous vaquons à nos occupations informatiques.
Nous sommes à trois minutes de la gare des bus, aussi levons nous le siège à 16 h 55, pour attraper le bus de 17 heures. Celui-ci démarre pile poil au moment où nous arrivons ! En dépit de nos mains jointes, de nos regards suppliants, et de tous nos gestes qui implorent le chauffeur de nous embarquer (il est à seulement 10 mètres de son point de départ), celui-ci ne veut rien savoir et entend bien nous démontrer que c’est lui qui a le pouvoir de stopper son bus où bon lui semble, et pas deux touristes à la manque qui seraient bien malvenus d’imaginer pouvoir partager avec lui cette prérogative...
On traverse à toute berzingue, pour refaire le même cinéma de l’autre côté du rond point. Sans succès... Le chauffeur ne veut rien savoir. Certains penseront que c’est un con, d’autres qu’il ne peut se permettre de s’arrêter n’importe où pour charger des passagers retardataires, même s’il avance à 2 km/h compte tenu de la circulation.
Devinette : selon toi, à quelle catégorie appartenons nous ?
Résultat, il nous faut poireauter une heure et quart en attendant le prochain bus...
Ironie du sort, c’est le même chauffeur. On s’abstient de lui dire que nous faisons partie de la première de deux catégories sus-mentionnées, il ne comprendrait pas, et de toute façon ce n’est pas notre rôle.
Bref, on a perdu beaucoup de temps aujourd’hui, et on a aussi perdu au tarot, parce que Joni a certes fort bien joué, mais il a eu un jeu de tous les diables et nous a foutu une ratatouille mémorable !