338 - Quand ça veut pas, ça veut pas
20 novembre 2013 - Little Inagua - Bahamas
Aujourd’hui est un jour à oublier, à bannir de notre mémoire, à effacer définitivement, à abolir, à gommer, à supprimer du calendrier et de toute base de données, parce qu’aujourd’hui est un jour “sans”.
Ca nous a rappelé la chanson de Renaud, à propos de Gérard Lambert. Un soir, il file avec ses potes à Rungis, sans grande conviction, et il ne lui arrive que des tuiles. Le refrain dit : “t’aurais pas dû, Gérard Lambeeert, aller ce soir là à Rungis, t’aurais dû rester chez ta mèèèreuh, comme un bon fils...!”
Nous, dans des moments comme ça, on se dit qu’on aurait pas dû embarquer sur Kouunji, et rester bien tranquilles à Toulouges, comme de bons terriens.
Dis nous si t’es pas d’accord.
Au p’tit déj’ déjà, énième panne du four, dont la sonde de thermostat, qui est pourtant neuve, ne fonctionne pas. Il faut passer au moins 15 minutes montre en main à tenir le bouton pour que cette saleté de four daigne chauffer nos galettes et nos crêpes...!
On découvre une nouvelle avarie, mineure certes, mais tout de même : les témoins des coupe-circuits du tableau électrique ne fonctionnent plus, on ne sait donc pas quels sont les équipements électriques qui sont en marche... Une demie heure plus tard, malgré des efforts acharnés, rien n’y fait : toujours pas de témoins !
Ensuite, le capitaine s’attaque au guindeau. Démontage de toutes les pièces, test du moteur en direct (il marche !), remontage et reprise de toutes les connexions électriques, c’est tellement rigolo... Trois heures plus tard, malgré des efforts acharnés, rien n’y fait : toujours pas de guindeau !
Vient alors le tour du coupe circuit du moteur bâbord. Démontage en règle, pistage des câbles électriques dans la cale, échange des pièces supposées défectueuses avec celles du moteur tribord, vérification de tous les contacts... Une heure et demie plus tard, malgré des efforts acharnés, rien n’y fait : toujours pas de coupe circuit !
Si on ajoute à ça qu’il faut encore réparer le trampoline, l’antenne de la VHF, le rail de guindant de grand voile, la couchette de la cabine avant bâbord qui s’est effondrée, le foc dont la bordure est sérieusement endommagée, reprendre les joints des hublots du carré et de la casquette, sans oublier le dessal’, tu comprends pourquoi on a un peu le moral dans les chaussettes aujourd’hui.
Ce qui s’est encore amplifié avec l’impossibilité de prendre la météo avec notre téléphone satellite, dont les performances s’avèrent une nouvelle fois bien en-deçà de ce qu’on peut légitimement attendre d’un appareil aussi onéreux...
Comme on est des auteurs soucieux du bien être de nos lecteurs, tu penses bien qu’on ne va pas te quitter sur une note aussi pessimiste.
Que nenni ! Car y’a quand même eu du bon aujourd’hui, et ça n’est pas rien.
D’abord, le Pimousse nous a fait des pâtes aux piments végétariens mélangées à du caviar d’aubergines, c’était à tomber par terre !
Ensuite, le Pimousse (toujours lui !) a réussi à réparer tous nos rideaux qui partaient en capilotade, et le carré de Kouunji ressemble enfin de nouveau à un carré digne de ce nom.
Pour finir, le capitaine est allé voir ses potes subaquatiques, histoire de se changer les idées, et s’il n’a hélas pas retrouvé son copain le requin, a néanmoins fait quelques rencontres sympathiques, preuve s’il en est que les Bahamas sont un vrai paradis pour la plongée.
Et, cerise sur le gâteau, la météo est tip top : il faut chaud, mais pas trop, il y a de l’air, mais pas trop.
On est à 21° de latitude Nord, soit en bordure de la zone tropicale, et c’est extrêmement agréable.
Allez, “pas casse la tête, demain n’aut’zour”, comme dirait Nono notre amie Mauricienne !