337 - Inventaire, réparations et requin
19 novembre 2013 - Little Inagua - Bahamas
Après une très bonne nuit de sommeil réparateur, vient le temps de remettre Kouunji en état, parce que le pauvre a drôlement dégusté pendant cette navigation.
On dresse la liste de tout ce qu’il faut entreprendre, et on commence par ce qui urge le plus : vider l’eau qui encombre les fonds. Et y’en a !
Mais ça suppose tout un mic-mac électrique, parce que l’eau a inondé la pointe avant, et là-bas, il n’y a pas de pompe, vider au seau est impossible (il y a au bas mot 1.000 litres d’eau) et de toute façon les fonds sont quasiment inaccessibles.
On bricole un système qui, s’il n’est pas esthétique, a le mérite de fonctionner au poil !
En moins de temps qu’il n’en faut à DSK pour être accusé de viol, tout est évacué.
Mais, la mauvaise surprise, c’est que malgré cela, Kouunji continue à pencher sévèrement, comme s’il était encore plein d’eau... Comment c’est possible, un truc pareil ?
Regarde : la poupe devrait être immergée...
Ben, on a eu beau chercher, on n’a pas trouvé...
Poursuite des travaux avec la remise en état du guindeau, dont les bobines ont brûlé. C’est pas gagné ! On laisse tout sécher après intervention, on verra demain si on est doués...
On continue avec le fin du fin, et la réparation du dessalinisateur, dont le boitier prétendument étanche laisse passer l’eau aussi facilement qu’un douanier incompétent laisse passer les trafiquants, autant te dire que ce n’est pas beau à voir.
Bien qu'il n'ait été immergé à aucun moment, tout le circuit imprimé du cerveau électronique du dessal’ est corrodé, certains fils dessoudés, bref, il faut tout rebrancher, nettoyer et remettre en place. Or, en dépit de nos efforts, il semble bien qu’il ait rendu l’âme... Il va falloir partir en quête d’un réparateur à Nassau. On a choisi Dessalator parce qu’il y a des agents de cette marque partout dans le monde. On verra si ce choix était judicieux.
Alors, pour ne pas sombrer corps et âme sous tout ce travail, qui nous occupe la majeure partie de la journée, nous nous octroyons une heure de détente, et allons nous balader dans le bleu incomparable des eaux bahaméennes.
En effet, à quelques mètres de Kouunji, un squale curieux, d’une taille respectable (2,50 mètres, à vue de nez) tourne autour de nous. Il se dit qu’il y a peut être à bouffer...?
On plonge vers lui pour le capturer (dans la boîte à images, hein, rien de plus !), et ce pleutre se débine. Oh le pétochard...!
C’est le monde à l’envers : voilà qu’on fait peur aux requins !
La fin de journée est à nouveau consacrée au bricolage et au repos, parce qu’il faut bien te l’avouer, on est complètement k.o.
Kouunji ne pète pas la forme, et y’a encore du taf, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais il flotte toujours et devrait pouvoir nous rapprocher encore un peu de Nassau.
Il vaudrait mieux, parce qu’on a rencard dans pas longtemps...!