340 - Troc
22 novembre 2013 - Hogsty Reef - Acklins Island - Bahamas
On a troqué, et on n’a pas gagné au change...
On a d’abord hérité d’un mouillage exceptionnellement beau dessous, mais très inconfortable dessus... Ce qui a considérablement nuit à la qualité de notre sommeil.
Aussi levons nous l’ancre aux aurores, ce d’autant que ça souffle, et que nous sommes décidés à en profiter, afin d’écourter nos navigations, car on en a un peu marre de devoir bouger sans arrêt.
Hélas, on n’a guère le choix, puisque de dessal’ nous n’avons plus, et que si nous tardons trop à gagner Nassau, on mourra de déshydratation, ce qui est un comble quand il y a des milliards de litres d’eau sous tes fesses !
On a par ailleurs troqué le bleu qui fait rêver nos lecteurs contre du gris qui plombe le moral. Ami lecteur, si tu déprimes, change de blog !
Vent de travers, à 20-25 noeuds, grand voile à un ris et foc entièrement déroulé, Kouunji montre qu’il est capable de dévorer les milles comme le capitaine dévore les crêpes au Nutella. Ce n’est pas rien !
Deux heures à ce rythme endiablé nous font parcourir deux tiers de notre parcours. C’est à ce moment que le vent choisit de nous faire ses adieux...
On affale tout, on hisse le code D, et nous voilà repartis à un train de sénateur. Trois minutes plus tard, le vent remet ça !
Faudra s’y faire, ici, le vent est capricieux, changeant, irrégulier. Ce n’est pas de l’alizé pure souche comme on a sous les tropiques (car on va bientôt repasser au Nord du tropique du Cancer), mais du vent à la mode de chez nous, qui change d’humeur aussi vite qu’une femme pré-ménopausée, c’est tout dire !
On touche enfin Acklins Island, et nous nous contentons de rester dans sa partie Sud, car nous sommes éreintés, et en avons soupé de la navigation.
On veut du calme, du repos, du farniente, et on l’a ! Au pied de China Hill (35 mètres d’altitude) ce mouillage est idéal pour les marins fourbus que nous sommes. On pourrait aller plus loin, à The Bight notamment, mais ce serait 12 milles de plus à parcourir, soit deux heures, et nous n’en avons pas le courage.
Tant pis, on verra demain ! Il ne reste plus que 240 milles jusqu’à Nassau, qui se parcourront au rythme qu’imposeront nos réserves d’eau douce...
Après un couscous aux légumes, nous faisons quelque chose que nous n’avons plus fait depuis 9 jours : marcher sur la terre ferme !