341 - Temporisation
23 novembre 2013 - Acklins Island - Bahamas
Tu sais comme il nous tarde d’être à Nassau, pour goûter aux joies d’un mouillage calme et abrité, et pour effectuer tout ce qui doit l’être sur le malheureux Kouunji, qui a dégusté durant cette dernière semaine.
Plus de dessal, plus de guindeau, et d’innombrables “petites” choses encore qui doivent être faites rapidement sous peine d’empirer, nos réserves d’eau qui s’amenuisent de jour en jour, bref, tout commande de mettre la gomme pour arriver à New Providence as soon as possible, comme disent les anglophones.
Et bien, figure toi qu’on a fait exactement l’inverse !
Un coup de flemme phénoménal nous a pris aujourd’hui, et plutôt que de mettre les bouchées doubles pour remonter au Nord, on a mis les bouchées négatives pour rester sur place !
Ah lecteur, si tu savais comme on a bien fait... Ce mouillage, à Acklins Island, est si paisible... Depuis 24 heures, on n’a vu personne ! Ah si... un bateau avec trois pêcheurs qui nous a ignorés, et c’est tant mieux, parce qu’on était encore au lit !
Une nouvelle fois, la philosophie du grand voyage reprend le dessus : puisqu’on n’est pas pressés, autant ne pas se presser !
S’il n’y avait pas tous les impératifs inhérents au bateau lui-même et notre rendez vous avec la p’tite Sylvie, on prendrait sûrement une bonne quinzaine de jours pour parcourir les 240 milles qui nous séparent encore de la capitale bahaméenne.
On prend tout de même le soin de planifier notre navigation au mieux, et nous avons décidé, pour une fois, de partir... en pleine nuit.
Ce qui est modérément apprécié par le Pimousse. Mais on n’a guère le choix.
En effet, notre prochaine étape est à Little Exuma, à un endroit encore indéterminé, car ce qu’on trouve sur place ne ressemble pas forcément à ce qui est dépeint sur les guides...
Et puis, à l’arrivée, 1,60 mètre d’eau... Et on cale 1,20 m de tirant d’eau...
Autant te dire qu’on n’a pas le droit de se rater, ni d’arriver n’importe quand.
Soleil au zénith de rigueur, sans quoi il est suicidaire de se hasarder dans des fonds de cette nature sans mettre tous les atouts de notre côté.
Les barracudas, à qui on a posé la question, sont d’accord pour dire qu’on fait bien d’être prudents.
Toutes les épaves échouées ici et là le confirment.
Toutes les épaves échouées ici et là le confirment.