354 - Private
11 décembre 2013 - Lyford Cay - Nassau
Nuit au poil dans un mouillage ultra confortable.
Maintenant que l‘astre du jour nous gratifie de ses lumières, on s’en va tirer au clair l’absence de resto, qui n’a pas manquée de nous intriguer, puisque cartes et guides nous indiquaient une marina avec toutes les commodités habituelles.
La réponse à nos interrogations est dans le titre de cet article, tu l’auras compris, lecteur malin.
Après exploration en Mini-Kouunji, on trouve l’entrée de la marina, et un gars sympa qui nous explique que nous autres sommes des mécréants, des va-nu-pieds, des clochards, des moins que rien, des prolétaires, bref, en un mot, des pauvres, et qu’il ne nous est pas possible de rester dans les parages, parce que la presqu’île est “private”.
Donc privée, et interdite aux gens comme nous, qui n’avons pas le million de dollars requis sur notre compte en banque pour être accueillis avec un semblant d’humanité.
On ne peut donc pas aller vers le centre commercial en annexe, car c’est “private”, on ne peut pas se balader à pied car c’est “private”, ni même espérer quoi que ce soit...
“Private”, on te dit !
Les mecs ici ont tellement peur des autres qu'ils murent leurs fenêtres, et du coup les volets ne servent plus à grand chose…!
Regarde bien l'aile gauche !
Sylvie qui veut toujours se faire une plongée, interroge le loufiat, qui sans désemparer, fait venir le gars du club de plongée voisin, lequel se pointe 5 minutes après.
Quelle efficacité !
Palabres en anglais, pour découvrir que le million de dollars précité est indispensable, puisque si tu veux plonger ici, il t’en coûte un prix tellement ahurissant que nous n’osons pas le citer dans ce blog de non-millionnaires...!
Comme il n’y a rien à faire dans ce coin où nous sommes persona non grata, puisqu’il manque un paquet de zéro sur le solde de notre compte en banque, on décampe, direction Nassau.
Nous y sommes après trois heures au moteur, puisqu’évidemment, le vent souffle exactement dans le sens inverse de notre route.
On laisse à tribord cinq géants des mers, et retrouvons notre mouillage dans le chenal, à côté de notre boat-pote Jean, le québécois, qui n’a pas bougé d’un pouce depuis une semaine.
Solide resto tant désiré depuis hier et énorme séance de Wi-Fi au programme de l’après midi.
Visite d’Atlantis en soirée qui s’inscrit dans le droit fil de la journée, puisque la marina par laquelle nous accédons au site est “private” et regorge de yachts tous plus ahurissants, pharaoniques, démesurés et luxueux les uns que les autres, et qui, une fois de plus, nous rappelle qu’il y a un gouffre abyssal entre ceux qui ont les moyens, et les autres...
Dieu sait pourtant que nous ne sommes pas à plaindre, mais devant tant de luxe et de richesse, on a failli s’asseoir au bord du quai et faire la manche, tellement on a eu l’impression d’être des clochards...!