455 - Solidarnösc (comme disent les Polacks)
7 avril 2014 - La Chapera - Mogo Mogo - Las Perlas
Nous, aujourd’hui, on a fait oeuvre de solidarité, parce que nos copains de Contre Temps en avaient drôlement besoin.
Au matin, pendant qu’ils vont s’échouer - délibérément - sur la plage à bricolage de Mogo Mogo, où Belle Oiselle les a précédés hier, on se grouille de faire ce qu’on a à faire sur Kouunji : ménage en grand pour le Pimousse, et mécanique pour le capitaine (remplacement des filtres à gasoil).
Une fois nos travaux achevés, on embarque sur Mini Kouunji, et on retrouve les inénarrables Cécile et Joni, et le non moins inénarrable Sika, ainsi que Luké, le capitaine de Belle Oiselle, juste au moment où la marée est suffisamment descendue pour commencer à taffer sérieux sur la coque.
Et - fait unique jusqu’à présent sur ce blog hautement personnel - on laisse nos boat-potes de Contre Temps te narrer la suite des événements...
____
Une fois n’est pas coutume, ce ne sont ni le capitaine ni le Pimousse de Kouunji qui prennent la plume sur ce blog tant aimé par ses admirateurs mais l’équipage de Contre-Temps. Il ne s’agit pas de remettre en question les qualités de conteurs des Kouunjistes, que nenni, mais les Contre-Tempistes ont quelque chose à dire haut et fort à propos des sus nommés - non, personne ne fait d’allusions scabreuses, non mais…! - parce qu’il faut que cela se sache : Valérie et Franck sont de vrais bons copains, sur lesquels on peut compter, tant sur le plan humain que technique !
Et pourquoi qu’on dit ça ? Avons-nous des preuves ?
Et ben voui, on en a : pour ceux qui ne lisent pas notre blog – hum, faut qu’ça change ça ! -, Contre-Temps a eu quelques soucis – revenir des Galápagos à Panama alors qu’on part pour l’île de Pâques, c’est pas des petits emm…., croyez-nous sur parole !
Tout se règle au fur et à mesure depuis 10 jours mais il restait un gros morceau : échouer le bateau pour changer des joints sur la transmission bâbord dont l’huile fait de la mayonnaise – en clair, y’a de l’eau qui rentre là où elle devrait pas et la transmission, elle aime pas ça !
Déclenchement de l’opération de bon matin, à marée descendante, sur une plage de l’île de Mogo Mogo, aux Perlas. L’équipage de Belle Oiselle est là, celui de Kouunji aussi.
Tout le monde bosse dur, Pimousse carène avec le mousse de Contre-Temps, gratte les coquillages sur les embases – les coquillages adorent les embases, vous saviez pas ?! - , les trois capitaines, eux, n’embrassent pas Margot… Ils se concentrent sur la mécanique, et Marie nous assure le déjeuner que nous ne prendrons pas…
En effet, à 15 heures, la transmission est ventre ouvert, une partie des pièces trempent dans l’acide ou stagnent dans le seau, et les autres refusent de céder, nous n’avons pas de mode d’emploi et la marée remonte… Il faut être calme, réfléchir, tenter des trucs sans rien casser, ne pas se laisser aller aux pensées négatives – comme dit si bien Valérie - trouver LA solution !
Le capitaine de Contre-Temps est fatigué des problèmes, il n’arrive plus à réfléchir, il s’énerve, peste, râle… Le mousse est bras ballants, les larmes aux yeux… Valérie prend dans ses bras, fait des bisous, sourit, chante même….Et le capitaine de Kouunji, dont la pugnacité n’a d’égale que le coup de soleil qu’il a pris dans le dos en montant encore une fois dans notre mât pour changer cette p… de manille qui s’est usée comme le fond du pantalon d’un enfant de 3 ans qui fait du toboggan 3 heures d’affilées sans se lasser, et le capitaine de Kouunji, donc, mascagne dur, tente, tape, y va franchement et transforme l’essai : c’est les pieds caïman dans l’eau, que les nouveaux joints sont mis en place, l’hélice remontée, graissée, la transmission comme neuve…
Voilà, ce ne sont pas que leurs compétences mécaniques ou leur détermination que l’on veut saluer ici, mais c’est la présence, la chaleur et le réconfort des Kouunjistes à notre endroit – et à notre envers aussi… oui, elle est facile mais ça fait rire le mousse alors, on peut pas lutter !
Et même si eux doivent nous maudire pour cette journée passée en plein cagnard, fatigante et sans grand intérêt touristique, nous, on voulait leur dire qu’on est drôlement contents d’avoir de vrais bons copains comme eux et qu’on les aime !
___
Comme nos boat-potes sont gentils tout plein, on ne regrette pas de leur avoir laissé les commandes de notre blog l’espace de cet article !
Mais celui-ci ne serait pas complet si on ne te racontait pas la fin de cette mémorable journée...
Après ce dur labeur, tout le monde est content (et pas qu’un peu), on peut aller goûter un repos bien mérité.
Ah ah, sûrement pas ! nous dit Kouunji lorsque nous revenons à bord, à 18 heures.
Ah bon ? Et pourquoi Kouunji ?
Ben... faut vidanger mes moteurs et s’occuper de mes filtres à huile !
Ah bon ? Ah bon !
Puisqu’on est dans un trip “je fais tout ce qu’il y a à faire sur mon bateau pour être peinard”, on embraye donc par une ultime séance de mécanique dont on se serait volontiers dispensés après une journée pareille, qui s’achève à la nuit tombée.
Mais y’a de quoi être satisfait, puisque Contre Temps et Kouunji pètent le feu !